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Division 1 Féminin

Finale is coming

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Finale is coming

La logique a été respectée. Comme souvent lorsque vient l’heure des grands rendez-vous, le championnat a fini par désigner les deux équipes qui ont le plus régulièrement imposé leur loi tout au long de la saison. Les Comanches et les Pharaonnes se retrouvent désormais face à face pour la conquête du titre de championnes de France de D1. Une affiche qui ressemble à une évidence tant ces deux formations ont dominé les débats pendant des mois, mais aussi une confrontation qui promet bien davantage qu’un simple duel entre les deux meilleures équipes du classement.

Les Comanches arrivent avec le statut d’équipe la plus explosive offensivement. Les Pharaonnes avancent avec un collectif remarquable, un cercle des lanceuses profond et une défense d’une grande solidité. Entre les deux, il y a la promesse d’une série où chaque détail pourrait peser lourd.

Insoumises, invaincues, intactes

D’un côté se présente une équipe des Comanches qui a traumatisé bon nombre de lanceuses de notre championnat. Les chiffres sont parfois si impressionnants qu’ils paraissent irréels. Il suffit de regarder la saison de Pauline Prade pour comprendre pourquoi tant d’adversaires ont souffert. Avec une moyenne de .684, 39 coups sûrs en seulement 57 passages officiels, 50 points marqués et un OPS de 1.785, elle a transformé chaque passage au marbre en cauchemar pour les défenses adverses. Mais ce qui rend les Comanches particulièrement dangereuses, ce n’est pas seulement la présence d’une superstar. C’est la profondeur de l’ensemble du line-up.

Marjorie Brunel a frappé à .544 avec un OPS de 1.302. Inès Haudiquer affiche .534 avec 31 coups sûrs, 32 points marqués et un OPS de 1.448. Lisa Vieira a compilé une moyenne de .531 avec 26 coups sûrs et 22 points produits. Chiara Enrione-Thorrand a terminé à .423 avec un OPS supérieur à 1.000, tandis qu’Elsa Munier a produit 18 points avec une moyenne de .370. Même Youna Péan, pourtant moins exposée que certaines de ses coéquipières, a frappé à .481. Peu d’équipes en France peuvent aligner autant de joueuses capables de changer le cours d’un match à elles seules.

Ce qui frappe surtout lorsqu’on observe cette attaque, c’est sa capacité à varier efficacement les coups. Les Comanches ne reposent pas uniquement sur la puissance. Elles savent mettre la balle en jeu, courir, accentuer la pression et provoquer les erreurs. Pauline Prade a d’ailleurs volé 28 bases tandis qu’Inès Haudiquer en a ajouté 11.

22 matchs, 22 victoires, les Marcheuses blanche et noire sont en route vers la saison parfaite.

Le Nord se souvient

Après deux échecs consécutifs, les Évryennes comptent bien prendre leur revanche !

Et elles n’ont aucune raison de nourrir le moindre complexe. Si les statistiques offensives des Comanches attirent immédiatement le regard, celles des Pharaonnes racontent une histoire tout aussi séduisante. Moins spectaculaire au premier abord, peut-être, mais tout aussi efficace.

Ambre Brouard a réalisé une saison exceptionnelle avec une moyenne de .547, 35 coups sûrs et 24 points produits. Jade Aubard Cojan affiche .563 lorsqu’elle est présente dans l’alignement. Emma Liminier a accumulé 25 coups sûrs et 22 points produits. Rosalie Coste a frappé trois circuits et huit doubles tandis que Lila d’Hauteville a combiné moyenne élevée, puissance et production avec 18 points produits et un OPS de 1.286. Océane Lecourt Milliet, avec ses trois triples et sa moyenne de .438, apporte une autre dimension à l’attaque francilienne.

Là encore, le danger vient de partout. Plusieurs joueuses affichent des OPS supérieurs à 1.100 et l’équipe semble capable d’alterner les longues manches offensives et les actions plus opportunistes. Si les Comanches paraissent légèrement plus dominantes au sommet de leur alignement, les Pharaonnes compensent par une remarquable homogénéité.

A song of ace and fire

Cette finale pourrait pourtant se jouer dans un secteur bien précis : le pitching.

Et c’est ici que l’équilibre de la confrontation connaît peut-être son principal bouleversement.

Si les Comanches avaient abordé cette série avec l’ensemble de leur effectif disponible, elles auraient probablement disposé de l’arme la plus redoutable du championnat. Mais l’absence de Prapeng De Ridder change profondément les données du problème. Ses statistiques donnent encore le vertige. Sept victoires, aucune défaite, une ERA de 0.18, seulement un point mérité concédé en près de quarante manches et une moyenne adverse limitée à .131. À cela s’ajoutent 50 retraits sur prises et un WHIP de 0.71. Peu de lanceuses ont autant dominé leur discipline au cours de la saison.

Son absence prive les Comanches d’un avantage considérable.

Il faudra donc redistribuer les responsabilités. Marjorie Brunel possède les moyens de répondre présente avec une ERA de 1.80 et une moyenne adverse de .156. Farah Saidi a remporté cinq rencontres avec une ERA de 3.15. Elise Buvat a accumulé quatre victoires et 32 retraits sur prises. L’ensemble reste de qualité et beaucoup d’équipes rêveraient de disposer d’une telle profondeur. Mais la réalité est que remplacer une lanceuse qui affole les statistiques est excessivement compliqué.

Les Pharaonnes pourraient justement profiter de cette situation. Elles disposent sans doute du secteur le plus complet parmi les deux finalistes. Rosalie Coste a porté l’essentiel de la charge de travail avec sept victoires, six matchs complets et cinquante manches lancées. Son ERA de 3.08 témoigne de sa régularité. Mais que dire du retour d’Eidy Carolina Tortolero Monagas ! Avec une ERA de 0.74 et seulement 12 coups sûrs encaissés en 19 manches, elle représente une arme particulièrement redoutable pour les rencontres à fort enjeu.

Une finale se gagne souvent avec les joueuses capables d’élever leur niveau lorsque la pression devient maximale. Or les Pharaonnes semblent disposer de plusieurs solutions crédibles dans le cercle des lanceuses. Cette profondeur pourrait leur permettre d’adapter leur stratégie en fonction de l’adversaire et des circonstances.

Nos lames sont acérées

Reste alors la défense, ce secteur parfois négligé dans les analyses mais qui devient souvent déterminant lorsque les attaques se neutralisent.

Les Comanches ont parfois montré quelques fragilités au cours de la saison, et Colombes a d’ailleurs bien failli en profiter lors du premier match des demi-finales. On a déjà observé des joueuses-clés commettant des erreurs ; rien d’alarmant sur une saison complète, mais suffisamment pour rappeler que cette équipe gagne d’abord par sa capacité à marquer plus que son adversaire.

À l’inverse, les Pharaonnes donnent l’impression de posséder une base défensive particulièrement solide. Léonie Pauthe affiche un remarquable pourcentage de .974 en traitant 114 occasions défensives. Elsa Lepinay atteint .989 avec une seule erreur en 88 occasions. Sirena Salazar, Emma Liminier ou Rosalie Coste offrent également des garanties importantes. Cette solidité collective pourrait devenir un facteur essentiel si la finale se transforme en duel serré où chaque coureuse supplémentaire accordée gratuitement fait basculer un match.

Il est finalement fascinant de constater que les deux équipes semblent se répondre presque parfaitement.

Si les Comanches possèdent probablement le meilleur potentiel offensif, les Pharaonnes semblent plus complètes dans l’association pitching-défense. Les Comanches disposent de plusieurs joueuses capables d’embraser une rencontre en quelques passages au bâton. Les Pharaonnes paraissent construites pour empêcher justement ce type d’explosion offensive.

Mhysa Morghulis. Toutes les reines doivent tomber. Sauf une.

Le décor est planté. Deux royaumes, un seul trône. Les Comanches ont bâti leur campagne à coups de frappes dévastatrices, imposant leur rythme et leur puissance à une grande partie du championnat. Les Pharaonnes ont avancé différemment, avec patience, discipline et sang-froid, en s’appuyant sur un collectif capable de répondre à toutes les situations. Pendant toute une saison, chacune a exercé son emprise sur la D1, repoussant les prétendantes et accumulant les arguments en faveur d’une présence en finale. Le moment est désormais venu de régler la question une bonne fois pour toutes.

La beauté d’une telle affiche réside justement dans ce qu’elle représente. Au-delà du titre, cette série oppose deux des références du softball français actuel, deux équipes qui ont porté haut leurs ambitions tout au long de l’année et qui ont refusé de céder au moindre relâchement. Elles ont traversé les succès, les moments de doute, les blessures, la fatigue et la pression pour atteindre ce point précis de la saison. Un point où tout redevient simple. Il n’est plus question de classement, de saison régulière, de statistiques cumulées ou de performances passées. Il s’agit seulement de gagner trois matchs avant l’autre.

Pendant quelques heures, les mois de travail, les entraînements, les déplacements et les sacrifices seront condensés dans une poignée de manches. Quelques lancers bien exécutés, une frappe trouvant un trou dans la défense, un relais parfaitement ajusté ou une décision audacieuse prise au bon moment pourront suffire à faire basculer toute une saison. C’est la cruauté des finales. C’est aussi ce qui les rend si fascinantes.

Samedi 3 Octobre : Match 1 : 16h

Dimanche 4 Octobre : Match 2 : 11h

Samedi 10 Octobre : Match 3 : 16h

Dimanche 11 Octobre : Match 4 si nécessaire : 11h

Dimanche 11 Octobre : Match 5 si nécessaire : 13h30

Sébastien Dondé.

Crédit  photos : RS des clubs

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