Couronne, trône et sceptre pour Évry-Courcouronnes
Dès le premier match de ce dernier week-end, les Pharaonnes ont parachevé leur œuvre. Déjà victorieuses des deux premières rencontres à Évry-Courcouronnes, les Franciliennes se déplaçaient à Saint-Raphaël avec l’occasion de conclure la série. Face à elles, des Comanches dos au mur, doubles championnes de France en titre, battues pour la première fois de la saison une semaine plus tôt et déterminées à prolonger leur règne. Au terme d’une rencontre tendue et disputée jusqu’au dernier retrait, les Pharaonnes se sont imposées 5 à 3 pour décrocher le titre national. Les premières manches ont donné le ton d’un match dominé par les lanceuses. Malgré plusieurs opportunités de part et d’autre, les attaques se sont heurtées à des défenses solides et à deux lanceuses décidées à ne rien céder. Les Pharaonnes ont laissé trois coureuses sur les sentiers dès la première manche tandis que les Comanches ont également manqué l’occasion d’ouvrir rapidement la marque. Le score est finalement débloqué dans la troisième manche lorsque Pauline Prade lance l’offensive varoise avec un simple avant de venir marquer sur une erreur défensive. Saint-Raphaël prend alors l’avantage 1 à 0 et entretient l’espoir d’un retour dans cette finale.

Pendant plusieurs manches, Marjorie Brunel tient parfaitement le choc dans le cercle. La lanceuse des Comanches ne concède qu’un seul coup sûr sur ses cinq manches de travail et semble avoir repris le contrôle de la série. Mais la cinquième manche va bouleverser le destin du match. Profitant de plusieurs buts sur balles, les Pharaonnes construisent une attaque patiente et méthodique. Léonie Pauthe lance la révolte avant qu’Ambre Brouard ne produise le premier point de la manche grâce à un simple au centre. Les Franciliennes profitent ensuite de leur agressivité sur les bases et des difficultés adverses à contenir les coureuses pour inscrire quatre points dans cette seule manche. Emma Liminier produit un point sur but sur balles, Océane Lecourt Milliet en ajoute un autre et un wild pitch permet également à Rosalie Coste de franchir le marbre. En quelques minutes, Évry transforme un déficit d’un point en avance de trois longueurs. Les Comanches refusent pourtant d’abdiquer. En cinquième manche, Alice Chanal, Pauline Prade et Inès Haudiquer construisent une réponse immédiate. Un sacrifice fly de Chiara Enrione-Thorrand puis un ground out productif de Marjorie Brunel ramènent Saint-Raphaël à 4-3 et relancent totalement le suspense.

La fin de rencontre joue avec nos nerfs. Les Comanches mettent régulièrement des coureuses sur base mais se heurtent à une Eidy Carolina Tortolero Monagas impériale dans les moments décisifs. Après avoir laissé deux coureuses en position de marquer en sixième manche, les Varoises voient finalement les Pharaonnes reprendre une longueur supplémentaire dans la manche suivante grâce à un wild pitch permettant à Océane Lecourt Milliet d’inscrire le cinquième point. Avec une avance de deux points, Tortolero Monagas ferme définitivement la porte lors de la dernière manche. Haudiquer, Enrione-Thorrand puis Brunel sont successivement retirées, offrant aux Pharaonnes le dernier retrait synonyme de sacre. Offensivement, le match n’a produit que cinq coups sûrs au total, preuve du niveau de tension et de l’emprise des lanceuses. Ambre Brouard signe le seul coup sûr productif d’Évry tandis que Pauline Prade et Inès Haudiquer ont été les principales animatrices de l’attaque varoise. Mais la différence s’est construite dans la gestion des moments clés. Les Pharaonnes ont obtenu onze buts sur balles contre cinq seulement pour leurs adversaires, exploitant chaque opportunité pour faire avancer les coureuses et faire monter la pression. Dans le cercle, Eidy Carolina Tortolero Monagas a livré une ultime démonstration. La lanceuse des Pharaonnes a lancé le match complet, limitant l’une des meilleures attaques du championnat à quatre coups sûrs et trois points, tout en retirant neuf frappeuses sur prises. Semaine après semaine, elle aura été le roc sur lequel Évry a bâti ce titre. MVP : Eidy Carolina Tortolero Monagas. Déjà décisive lors du deuxième match de la série, la lanceuse francilienne a de nouveau porté les Pharaonnes vers la victoire dans la rencontre et du titre. Ses sept manches complètes, ses neuf retraits sur prises en font la joueuse déterminante de cette finale.

Face à une équipe de Saint-Raphaël qui avait traversé la saison régulière invaincue avec vingt-deux victoires en vingt-deux rencontres, les Pharaonnes ont réussi l’exploit ultime : infliger trois défaites consécutives aux doubles championnes de France en titre et récupérer la couronne nationale. Une conclusion à la hauteur d’une finale qui opposait les deux meilleures équipes du softball français.

Le coach d’Évry-Courcouronnes, Sophat Chum, est heureux et fier du parcours de son groupe. Il a accepté de répondre à nos questions, merci à lui.
BTVF : Saint-Raphaël arrivait invaincue avec 22 victoires en 22 matchs de saison régulière et une victoire en Challenge de France. Comment avez-vous abordé psychologiquement ces French Series? Il est vrai que Saint Raphaël avait fait une saison régulière parfaite mais nous étions certains que nous avions ce qu’il fallait pour inverser la tendance en phases finales. L’importance n’était pas principalement de se focaliser sur les faiblesses de l’adversaire mais plutôt de transformer les nôtres en force, et cela durant toute la saison, à chaque match, victoire comme défaite, il y a toujours des points d’amélioration pour devenir encore meilleur la prochaine fois et ça je n’ai cessé de le répéter aux joueuses.
BTVF : Le pitching a été un facteur majeur tout au long de la série. Comment avez-vous préparé l’alternance entre Emma Liminier et Eidy Tortolero Monagas pour neutraliser une attaque qui avait dominé tout le championnat ? Nos lanceuses ont été très performantes en phases finales, leur qualité de pitching ne m’inquiétait pas, je savais qu’elles avaient ce qu’il fallait pour contenir les frappeuses adverses. Le plus dur, c’est avoir le mental de tenir tout un match surtout lorsque c’est serré. Il faut pouvoir être présent avec elles entre les manches, demander des times quand il le faut pour donner un second souffle en cas de doute. Et bien sûr, il faut que la défense derrière soutienne la lanceuse en exécutant les jeux quand il le faut. Il y a certains matchs qu’on a loupé en saison à cause de ce facteur malgré la domination de nos lanceuses.

BTVF : Les Pharaonnes ont souvent fait la différence dans les moments clés, notamment grâce à leur discipline au marbre et leur agressivité sur les bases. Est-ce un aspect que vous aviez identifié comme une faiblesse exploitable chez les Comanches avant le début de la finale ou est-ce la patte que vous souhaitez donner aux Pharaonnes? Comme je l’ai dit avant, on s’est plus fixé à comment travailler et progresser sur nos points faibles plutôt que de regarder en face. On a beaucoup poussé les joueuses à avoir une bonne discipline au bâton, parfois même de les mettre en danger intentionnellement pour voir comment elles sont capables de réagir en étant dos au mur et je pense que cela a pu renforcer les mentalités de chacune et l’intelligence dans leurs at bat.
BTVF : Ce sacre face aux Varoises a-t-il une saveur particulière pour le groupe et constitue-t-il une forme de revanche sportive ? Ce titre a fait du bien à l’équipe, en plus de la coupe d’Europe, cela a pu donner plus de confiance en soi, sachant qu’on a eu un groupe qui s’est encore rajeuni, on ne nous voyait pas forcément remporter des titres mais c’est là où j’aime relever ce genre de challenge et faire en sorte de montrer qu’on est capable d’être présent, là où on ne nous attend pas. C’est vraiment un coup de boost d’avoir remporté ces titres pour les prochaines années.
BTVF : Justement, vous terminez votre saison avec un Titre de Championnes d’Europe et de France. Quelle est la prochaine étape que vous souhaitez franchir avec cette équipe ? L’idée est de continuer à solidifier et unir ce collectif, nous avons franchi des étapes mais on ne doit pas s’arrêter là, il nous reste encore de grandes marches à gravir notamment à l’échelle européenne, où l’on souhaite avec beaucoup de travail sur du long terme, pouvoir être du même niveau que les équipes finissant dans le top 4.
Sébastien Dondé Crédits photos : RS des clubs ; design résultats : Lucas Arrighi.
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