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Division 2 Baseball

Entretien avec le Président de Metz

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Entretien avec le Président de Metz

Après avoir longtemps occupé la tête du championnat au terme d’une saison disputée face à des adversaires ambitieux, bien décidés à retrouver la Division 1 (Nice, Montigny et Meyzieu notamment) les Cometz de Metz ont finalement décroché le titre de champion de France de Division 2 2026.

Une récompense qui vient couronner une saison maîtrisée et confirmer les ambitions du club messin. Pour Baseball TV France, retour sur cette aventure avec un président forcément heureux, David Ten Eyck, qui nous livre ses impressions sur cette saison couronnée de succès.

BTVF : David, il y a un an, les Cometz quittaient la Division 1 après sept saisons parmi l’élite. Aujourd’hui, vous êtes champions de France de D2 et de retour en D1. Quand vous regardez le chemin parcouru en douze mois, qu’est-ce qui a fait la différence ?

David : Je pense que nous avons été très constants depuis 2019. Nous avons toujours été classés entre la cinquième et huitième place de la D1. Mais avec la contraction de la D1 de douze à huit équipes, puis la suppression du barrage, la huitième place ne suffisait plus.

La saison 2025 a été dure. Sportivement, mais aussi en termes de la gestion des contraintes personnelles pour beaucoup de nos joueurs, coachs et bénévoles. Puis des coups de malchance. Des blessures… Mais très rapidement après la descente, nous nous sommes mis d’accord collectivement que nous allions revenir tout de suite, et plus fort. Tout le monde a continué à avoir confiance dans le projet du club et dans notre capacité à le mener à bien, malgré la déception de la descente. Nous pouvons être fiers de ça.

BTVF : Vous aviez annoncé très clairement que l’objectif de la saison était de remporter le championnat et de retrouver immédiatement la Division 1. Cette ambition a-t-elle été facile à assumer tout au long de l’année, avec finalement assez peu de droit à l’erreur ?

David : Très honnêtement, oui, parce que tout le monde y croyait et y travaillait. Je ne me suis jamais trouvé dans le rôle de celui qui devait rappeler aux joueurs ou aux bénévoles ce qu’il faudrait pour réussir en playoffs et être en mesure de réussir le retour en D1. Il y a des gros trous dans le calendrier de Division 2, et ce n’est pas évident de bien partager le temps de jeu en jouant des matchs en sept manches, avec beaucoup de ‘mercy rules’. Mais nous avons rempli les trous dans le calendrier en faisant des travaux au terrain, et nous avons complété le temps de jeu avec des activités internes et des navettes entre la D2 et D3. Tout le monde a montré beaucoup de maturité sur ces points.

BTVF : Si vous deviez choisir le moment où vous vous êtes dit : « Cette équipe a vraiment les moyens d’aller chercher le titre », lequel serait-il ?

Très tôt. L’automne dernier quand Victorien Roze m’a envoyé un message pour me dire qu’il acceptait le poste de manager. C’était au même moment que Yeixon Ruiz et Matheo Launay ont confirmé qu’ils adhéraient au projet et resignaient. Et qu’Antoine Takezawa me disait qu’il revenait après une année de pause. Tout le monde était là, motivé, et dans le bon rôle dès les vacances de la Toussaint.

BTVF : Cette finale semble résumer votre saison : deux victoires à Montigny, dont un 10-0, puis la possibilité de conclure devant votre public. Qu’avez-vous vu dans votre équipe pendant cette série que vous n’aviez peut-être pas encore vu avec autant de force cette année ?

David : J’ai essayé de vivre cette finale comme un simple supporter sans trop y réfléchir. Et je n’ai toujours pas envie d’analyser la finale. C’est tellement rare d’avoir une série de matchs comme ça où tout va dans le bon sens, et converge dans un moment qui restera gravé dans toutes nos mémoires : presque tout le monde présent sur le terrain ou autour du terrain ; le nouveau camera champ centre opérationnel ; les nouvelles uniformes ‘City Connect Metz’ ; le beau temps au rendez-vous ; et j’en passe. J’étais juste en mode ‘sit back and soak it in’ pour la finale – et je veux rester dans cet état d’esprit.

BTVF : Ce titre est aussi le premier titre national senior de l’histoire des Cometz. Pour un président présent au club depuis quinze ans, dont sept à sa tête, est-ce que ce titre a une saveur particulière au-delà même de la remontée en D1 ?

David : Bien sûr ! Nous sommes montées de la N2 à la N1 administrativement. Puis c’était pareil pour le passage de la N1 à la D2, suite à une défaite en finale face à la réserve de Rouen. Et le passage de la D2 à la D1 s’est fait dans le cadre de l’élargissement à douze équipes. Nous pouvons être fiers d’avoir su assumer toutes ces montées. Mais nous n’avons jamais eu la consécration d’arriver tout en haut du niveau inférieur avant de monter. Et puis, nous avons perdu plusieurs finales ces dernières années – la finale de N1 à Rouen, une finale 18U à Nantes, deux finales de Challenge de France… Cette fois, il fallait gagner ! C’est chose faite.

BTVF : En 2027, les Cometz retrouveront la Division 1. Qu’est-ce qui devra être différent par rapport à 2025 pour que Metz ne se contente pas de retrouver l’élite, mais s’y installe durablement et y joue un véritable rôle ?

David : Je me permets de reformuler un peu votre question, parce que je pense que nous avons déjà joué un véritable rôle en D1. Nous avons joué deux finales de Challenge de France, nous avons perdu une place en playoffs uniquement par le biais d’un tie-break défavorable, nous avons installé le baseball ‘haut niveau’ durablement dans le quart Nord-Est de la France, où cela n’avait pas été présent depuis une génération. Ce n’est pas rien !

Maintenant, en ce qui concerne notre capacité à s’installer durablement en Division 1, bien sûr que ce sera un combat rude. Avec les huit équipes qu’on aura en 2027 je pense qu’il faudra gagner 11, voire 12 matchs pour assurer le maintien. Mais il y a déjà beaucoup de différences par rapport à 2025. Le clubhouse est là et opérationnel, le matériel pour assurer une rediffusion très qualitative des matchs est là, les investissements qu’on devait faire pour des projets extra-sportifs sont faits… Notre club est beaucoup plus attractif qu’il ne l’était en 2025, et notre noyau de joueurs locaux est plus mûr, et plus complet sportivement. Nous sommes bien placés pour réussir la saison 2027. A condition que nous continuons à travailler avec rigueur et abnégation.

BTVF : A qui avez-vous pensé en premier au moment du dernier retrait ?

David : Déjà, j’étais content que ce dernier retrait tombe dans le gant de Noa Cailteux. Les dieux du baseball font bien les choses !

J’étais assis à côté de Bruno Fagnoni dans la régie vidéo, donc nous avons pu nous serrer la main très fort après le dernier retrait. Audrey Frulloni est venue dans la régie juste après. J’ai pu voir Pierre Cezard et Carole Maimbourg très rapidement après le match, et aller sur le terrain pour voir Vic. Il est rare d’avoir un groupe de bénévoles comme ça qui travaille main dans la main pendant 10-15 ans. Trop souvent il y a des bénévoles formidables qui se retrouvent seuls, ou presque, dans leurs clubs. J’ai une chance énorme d’être entouré par autant de beau monde.

Sur le plan personnel, j’ai eu la chance de pouvoir partager ce moment avec ma femme et mes deux fils. Et je pense beaucoup à mon papa depuis ce dernier retrait.

Propos recueilli par D.Cannioux

Crédits photographiques : Jérémy Pruzsina

Signé par

BaseballTV Team

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