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Interviews

Ben Couvreur

Ben Couvreur

Parmi les belles nouvelles qui rythment l’actualité de nos Français partis tenter l’aventure outre-Atlantique, celle de Ben Couvreur mérite une attention particulière. Déjà remarqué pour ses performances sur le monticule, le lanceur français s’apprête à franchir une nouvelle étape majeure de sa carrière en rejoignant le championnat universitaire américain, (Big 12 Conférence) véritable terre de référence du baseball.

Avant de s’envoler pour le Kansas, Ben dispute ses derniers matchs de saison régulière sous les couleurs des Barracudas de Montpellier. L’occasion était idéale pour Baseball TV d’aller à sa rencontre afin d’évoquer cette nouvelle aventure, ses ambitions et les défis qui l’attendent de l’autre côté de l’Atlantique.

BTVF : Après ta formation en France, tu as poursuivi ton parcours aux États-Unis, d’abord au Cochise College. Quels ont été les moments les plus marquants de tes premiers mois sur les terres de l’Oncle Sam ? Qu’est-ce qui t’a le plus surpris, sur le terrain comme en dehors ?

Ce qui m’a le plus marqué, c’est le niveau d’exigence au quotidien. Les infrastructures, le suivi des joueurs et l’intensité des entraînements sont vraiment impressionnants. En dehors du terrain, j’ai aussi découvert une nouvelle culture et une autre façon de vivre, ce qui m’a beaucoup plu.

BTVF : Tu continues à évoluer avec les Barracudas lorsque tu reviens en France. Depuis ton expérience américaine, portes-tu un regard différent sur le championnat français et son niveau de jeu ?

C’est vraiment important pour moi de pouvoir rejouer avec les Barracudas quand je reviens en France. Ça me permet de continuer à jouer tout en appliquant ce que j’ai appris aux États-Unis. Je pense que le championnat français continue de progresser et c’est toujours un plaisir de retrouver le club dans lequel j’ai grandi.

BTVF : Tu viens d’être accepté au sein de Kansas Baseball, un programme universitaire de tout premier plan qui forme chaque année de nombreux joueurs draftés en MLB. Comment s’est déroulé ce recrutement et qu’est-ce qui a convaincu le staff de te faire confiance ?

Le recrutement s’est fait assez facilement. Le recruteur a été super avec moi, il met vraiment les joueurs en confiance et prend le temps de tout expliquer. Ce qui m’a convaincu de rejoindre Kansas, ce sont les infrastructures, la qualité des coachs et le fait que le programme est en pleine progression. J’ai aussi beaucoup échangé avec Mathis Nayral, qui ne m’a dit que du bien sur le développement des joueurs et l’environnement de l’équipe.

BTVF : Mathias Lacombe et Mathis Nayral sont deux références du baseball français passés par les États-Unis. Le parcours récent de Mathys, notamment, montre qu’il est possible de franchir les étapes jusqu’à la Draft. Quel regard portes-tu sur leur parcours et sur les échanges que tu peux avoir avec eux ?

Leur parcours est une vraie source d’inspiration pour moi comme pour tous les jeunes joueurs français. J’essaie d’échanger de temps en temps avec eux, car j’ai suivi un parcours assez similaire, en passant par le pôle France puis Cochise college. Ils ont déjà vécu les étapes que je suis en train de traverser et leurs conseils sont très précieux. Les échanges avec Mathis m’ont notamment beaucoup aidé et il m’a conforté dans mon choix de rejoindre Kansas.

BTVF : Avec l’expérience acquise aux États-Unis, tu as désormais une vision plus précise de tes points forts et de tes axes de progression. Quels sont les aspects de ton pitching sur lesquels tu souhaites travailler en priorité ?

Mon principal objectif est de gagner encore en régularité sur l’ensemble de mes lancers. Je veux continuer à développer ma vélocité, ainsi que mes effets et surtout améliorer ma capacité à exécuter chaque lancer dans les moments importants. Le baseball est un sport où il y a toujours quelque chose à perfectionner, donc j’essaie de progresser dans tous les domaines pour devenir le lanceur le plus complet possible.

BTVF : La Draft MLB représente sans doute un objectif à moyen terme. Est-ce une ambition que tu assumes pleinement ? T’es-tu fixé un calendrier ou des étapes précises pour tenter d’y parvenir ?

Bien sûr que la Draft MLB est un objectif que j’ai en tête, comme beaucoup de joueurs qui évoluent à ce niveau. Mais aujourd’hui, je suis surtout concentré sur mon développement. Je vais d’abord voir comment les choses se passent à Kansas et continuer à travailler pour progresser chaque jour. Je ne veux pas précipiter les étapes ni me fixer de calendrier précis. Si je fais les choses correctement, que je continue à progresser et à performer, alors la Draft viendra peut-être naturellement.

BTVF : Tu vas passer de l’Arizona au Kansas, avec un environnement, un climat et une culture différents. Comment appréhendes-tu cette nouvelle étape de ton aventure américaine ?

J’ai vraiment hâte de découvrir cette nouvelle étape. Le Kansas sera forcément différent de l’Arizona, que ce soit au niveau du climat ou de l’environnement, mais je vois ça comme une expérience enrichissante. Je rejoins un programme qui sort d’une excellente saison et qui a de grandes ambitions. Je suis impatient de découvrir un nouveau niveau de compétition, de travailler avec le staff et de continuer à progresser dans un environnement aussi compétitif.

BTVF : Vivre plusieurs années aux États-Unis change forcément une personne. Comment continues-tu à faire vivre ta culture française au quotidien, et qu’est-ce qui te manque le plus lorsque tu es loin de la France ?

J’ai la chance de rester énormément en contact avec ma famille et mes proches, donc ça me permet de garder un lien très fort avec la France malgré la distance. J’essaie aussi de faire découvrir un peu de notre culture à mes coéquipiers. Ce qui me manque le plus, c’est évidemment ma famille et mes amis. Même si je me sens très bien aux États-Unis, il y a forcément des moments où ils me manquent. Et bien sûr, la nourriture française aussi !

BTVF : Quels sont les objectifs que tu t’es fixés pour cette première saison avec Kansas Baseball, aussi bien sur le plan individuel que collectif ?

Mon premier objectif est de m’intégrer rapidement à l’équipe et de gagner la confiance du staff. Je veux continuer à progresser et apporter le plus possible à l’équipe à chaque fois que j’aurai l’occasion de monter sur le monticule. Collectivement, j’espère qu’on pourra réaliser une grande saison et aller le plus loin possible. Personnellement, je veux surtout continuer à apprendre, progresser tout au long de la saison et aider l’équipe à atteindre ses objectifs.

BTVF : Pour conclure, quel message aimerais-tu adresser aux jeunes joueurs français qui rêvent, comme toi, de poursuivre leur carrière universitaire et sportive aux États-Unis ?

Je leur dirais de ne pas avoir peur de sortir de leur zone de confort. Partir aux États-Unis, ce n’est pas toujours facile : il faut s’adapter à une nouvelle langue, une nouvelle culture et un niveau de baseball très élevé. Mais si vous êtes prêts à travailler dur, à être patients et à croire en vous, c’est une expérience incroyable, aussi bien sur le plan sportif que personnel. Il ne faut pas se fixer de limites, parce que tout peut aller très vite avec du travail et de la persévérance.

Propos recueillis par Didier Cannioux

Crédits Photographiques : Glenn Gervot, RS Club, FFBS

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