La saison de D1 masculine est proche de rendre son verdict. Ce week-end a lieu les French Series de softball, qui va voir s’opposer les Cobras de Contes au Cavigal de Nice. Deux équipes qui se sont distinguées tout au long du championnat, deux voisins distants d’à peine 20 kilomètres. Nice aura donc l’honneur de défendre son titre, glané l’an dernier face aux Pharaons d’Évry-Courcouronnes. Mais cette fois-ci, la tâche s’annonce particulièrement ardue ! Car Contes n’est plus du tout l’équipe de l’an dernier, le club sort d’une saison en tout point exemplaire et cela nous promet une série finale très alléchante !
Les deux équipes sont issues de la même poule (la Poule B), et se sont ensuite retrouvées en Poule Haute et ont donc croisé le fer à plusieurs reprises… et Contes l’a emporté à chaque fois. Un avantage psychologique certes important mais les Niçois ne sont pas là en victimes expiatoires et ont des arguments à faire valoir.
Retour sur cette saison et les face-à-face à ne pas manquer.

La phase régulière
Dans la première phase, Contes a dominé sa poule avec une autorité presque insolente. Cinq victoires, une seule défaite, un pourcentage de .833, et surtout une impression de force tranquille. Nice, juste derrière, n’a jamais cessé de respirer dans son cou, avec un solide .667 et quatre victoires qui ont montré que le Cavigal n’était pas là pour jouer les figurants. Les deux équipes ont laissé Toulouse et Grenoble derrière, comme si la hiérarchie était déjà en train de se dessiner.
Puis est venue la Poule Haute, ce moment où les meilleures équipes se retrouvent et où les ambitions se révèlent. Contes a encore pris la tête, mais Nice n’a pas lâché. Les Pharaons d’Évry, forts de leur parfaite phase régulière (6 matchs, 6 victoires) ont tenté de s’accrocher, ont même infligé une défaite à Contes, mais en vain ; Nogent a souffert, mais le duo Contes–Nice a continué de dicter le tempo.
Contes a marqué au fer rouge son adversaire lors de cette saison. Un premier acte, brutal, a été écrit par Contes. Les Cobras ont battu Nice 8–1 puis 14–2. Deux matchs à sens unique, deux démonstrations de puissance. Contes frappait plus fort, lançait plus juste, défendait plus proprement. Nice semblait dépassé, comme pris dans un tourbillon impossible à ralentir.
Mais le deuxième acte a été différent. Dans la Poule Haute, Nice a relevé la tête. Le premier match, perdu 9–7, a été un combat, un bras de fer où le Cavigal a montré qu’il pouvait tenir tête au rouleau compresseur contois, une base sur laquelle Nice va pouvoir s’appuyer pour faire vaciller son voisin. Dernier affrontement, ce match gagné 4–1 par les Cobras, le 17 mai.

Les forces en présence
Contes arrive en finale avec une attaque qui ferait trembler n’importe quel lanceur. Alexis Navarro Alfaro, avec sa moyenne de .581 et son OPS de 1.472, est un cauchemar pour les pitchers. Jose Aridio Emergildo Batista, .625 de moyenne, 1.589 d’OPS, 18 RBI, est un bulldozer. Robinson Quintero Morales, .565 et 1.558 d’OPS, frappe comme un marteau. William Berenguer, .545 et 1.555 d’OPS, complète ce quatuor infernal. Quatre joueurs au-dessus de .545 de moyenne, quatre menaces permanentes. Et derrière cette attaque des Cobras, il y a un véritable anaconda. Emergildo Batista, 8–0, ERA de 0.51, 97 strikeouts en 41 manches. Une saison indécente ! Il concède seulement trois points mérités, limite les adversaires à .127 de moyenne, et impose son tempo. Quand il est dans le cercle, Contes est serein. Autour de lui, Alexis Navarro Alfaro apporte une deuxième option solide avec une ERA de 3.00, mais le reste du staff a connu des turbulences.
Et c’est là que se cache le premier point d’espoir pour Nice : dès que Batista n’est plus au lancer, les chiffres changent brutalement. Vivien Lemasson affiche une ERA de 4.67 et un WHIP de 1.56. Rony Papa, malgré son apport offensif, a concédé 14 walks en 4.2 manches pour une ERA de 12.00, Eric Viano tourne à 7.64 d’ERA. Contes a un ace intouchable… mais derrière lui, la relève peine.
Le deuxième point d’amélioration se trouve dans le batting. Quand les quatre monstres sont contenus, les chiffres chutent. Contes peut marquer dix points en un match et être irrésistible… ou rester bloqué si les leaders sont muselés. La finale pourrait devenir un test de patience et de résilience pour les Niçois, s’ils veulent l’emporter.
Car Nice, de son côté, n’a certes pas la densité de Contes, mais Nice a quelque chose que Contes n’a pas : l’explosion. Sylvain Buvat, .379 et 1.350 d’OPS, frappe fort et loin. Cyril Grimaldi, .481 et 1.489 d’OPS, est un joueur essentiel. Thomas Hemzacek, .433 et 1.304 d’OPS, apporte une puissance régulière. Benjamin Gonfrier, .429 et 1.166 d’OPS, est un moteur constant. Nice n’a pas quatre monstres, mais Nice a quatre dynamiteurs.
Le pitching repose sur un duo redoutable. Buvat, avec une fiche de 4–3, un ERA de 2.02, accepte le trafic mais s’en sort toujours. Hemzacek, ERA de 0.00 en huit manches, est un lanceur à la précision chirurgicale. Mais derrière eux, les chiffres deviennent plus fragiles. Christian Ricardo Fernandez Oliva affiche une ERA de 6.42, une moyenne adverse de .286, et 14 hits concédés en 12 manches. Romain Sanchez tourne à 9.33 d’ERA, et concède neuf hits en six manches. Nice est dépendant de ses deux leaders.
La défense de Nice est solide, parfois brillante, mais au cours de la saison, quelques fautes commises leur ont coûté la victoire. Contes, qui met énormément de balles en jeu, peut punir ces failles. Et dans une finale, chaque erreur peut devenir un tournant. Nice a aussi un autre point d’amélioration : la discipline offensive. Le Cavigal frappe fort, mais frappe aussi dans le vide. Gonfrier a sept strikeouts, Hemzacek six, Sanchez cinq, Grimaldi quatre, Parois quatre. Dans les matchs serrés, ces SO deviennent des points précieux laissés en route. Et contre Contes, chaque point compte.
Les duels à suivre
Emergildo Batista vs Sylvain Buvat
Buvat, avec ses quatre circuits et son OPS de 1.350, est l’un des rares joueurs capables de faire vaciller Batista. Mais Batista, avec ses 97 strikeouts et sa moyenne adverse de .127, est un mur. Leur duel sera une question de patience, de lecture, de timing. Si Buvat atteint les bases, Nice ouvre une porte. Si Batista le neutralise, Contes verrouille le match.

Alexis Navarro Alfaro vs Thomas Hemzacek
Navarro est un frappeur qui s’adapte, capable d’attendre la balle qu’il veut. Hemzacek est un lanceur qui varie, qui brouille les pistes, qui refuse de donner deux fois la même séquence. Navarro, avec ses 37 total bases, est une menace constante. Hemzacek, avec seulement deux hits concédés en huit manches, est un sérieux client. Leur duel sera une question de lecture mutuelle, de capacité à anticiper, à surprendre. Si Navarro trouve le timing, il peut casser le match. Si Hemzacek le fait douter, il peut casser le rythme de Contes.

Robinson Quintero Morales vs Benjamin Gonfrier
Quintero frappe fort, avec une moyenne de .565 et un OPS de 1.558. Gonfrier, lui, est le métronome défensif de Nice, avec .970 de fielding et 99 chances défensives. Si Gonfrier parvient à contenir Quintero, Nice enlève une arme majeure à Contes. Si Quintero trouve les espaces, Contes ouvre les vannes.

Jose Aridio Batista au bâton vs Cyril Grimaldi
Batista frappe à .625, avec 15 hits en 24 at‑bats, deux circuits et 18 RBI. Grimaldi, lui, est un joueur complet, avec .481 de moyenne, 1.489 d’OPS et une défense parfaite à 1.000. Batista est un frappeur qui profite des erreurs, Grimaldi est un joueur qui n’en commet pas. Si Batista met une balle en jeu vers Grimaldi, Nice peut respirer. Si Batista trouve une faille ailleurs, Contes peut frapper très fort.

William Berenguer vs Romain Sanchez
Berenguer frappe à .545, avec un OPS de 1.555, trois doubles, deux circuits, 14 RBI. Sanchez, lui, a vécu une saison défensive contrastée, avec quatre erreurs mais aussi des moments solides. Ce duel sera un test mental. Berenguer est un frappeur agressif, qui attaque tôt dans le compte. Sanchez devra rester calme, propre, précis. Si Sanchez commet une erreur, Berenguer la transformera en point. Si Sanchez tient, Nice peut casser le momentum de Contes.

Contes arrive avec la meilleure attaque du championnat, le meilleur lanceur du championnat, et une défense qui ne tremble pas. Nice arrive avec une équipe capable d’enchainer les frappes, de renverser un match en un clin d’œil, et de créer des moments de folie que personne ne voit venir. Et surtout, Nice veut garder son titre ! Les confrontations directes ont montré deux vérités : Contes peut surclasser Nice, Nice peut faire douter Contes. Quoi qu’il arrive ce week-end, cette série finale donne très envie et a déjà une odeur de derby classique.
Sébastien Dondé.
Crédits photos : site de la FFBS.





