D1 : Bilan 13ème journée
Cette journée aura confirmé les forces et faiblesses des différentes équipes. Chacun est maintenant lancé à plein régime, les effectifs sont au complet -ou presque- et il devient assez simple de dessiner le portrait de chacune des huit formations. On parle bien sûr de la saison régulière, les play-offs redéfinissant complètement la donne.
Prenez un des leaders, Montpellier. On a retrouvé dans le match 1 quelques défauts déjà constatés : des erreurs défensives dans des moments clé, un pitching trop généreux, et pour la 6e fois, les Barraducas ont encaissé plus de 10 points (seul le PUC a fait pire), et concédé leur 3e défaite en mercy-rule. C’est beaucoup pour un candidat déclaré au titre. Puis dans le match 2, l’attaque s’est remise en marche en frappant 12 hits. C’est la 12e fois que les Barracudas cognent plus de 10 coups-sûrs dans un match, personne n’a fait mieux. À la baguette, bien-sûr, un Paolo Brossier dont le nom serait déjà gravé sur le trophée de MVP de la saison s’il en existait un, mais aussi un Jorge Mendez essentiel au cœur du dispositif offensif montpelliérain et un remarquable Jason Nayral, leader pour les triples, dans le top-10 pour les RBI, qui est en passe de devenir l’un des grands arrêts-courts du baseball français, une fois ses petites erreurs de jeunesse gommées.

L’autre co-leader, Savigny, pêche toujours par une défense trop hésitante (les 4 erreurs contre Béziers n’ont pas eu de conséquences, mais c’est beaucoup trop) et par les difficultés actuelles de Gédéon Coste qui affiche une lourde moyenne de points mérités de 7,36 sur ses 4 deniers matches. Mais Savigny, c’est aussi Pena qui est sans doute le meilleur lanceur de la saison, et une attaque qui fait feu de tout bois, au sein de laquelle Lilian Amoros fait preuve d’une redoutable efficacité, et où le danger peut venir de partout, à l’image du home-run de Saxemard.
Du côté de La Rochelle, ce sont surtout les points forts qui impressionnent. On pense à R. Krzykawiak, qui a délivré l’une de ses 3 meilleures sorties de l’année face à la meilleure attaque du championnat, et qui sait qu’il a derrière lui un bullpen d’une très grande efficacité. L’attaque fait aussi peur, avec le meilleur producteur de points, Pena, un Briones qui s’affirme comme l’un des meilleurs frappeurs du championnat, un Rosell qui connait sa meilleure saison, et un Camara vraiment au top depuis son retour qui s’est distingué avec 6 RBI et 2 HR. Difficile de trouver des faiblesses chez les Boucaniers qui ont franchi un palier cette saison.

Pour Rouen, les forces sont bien identifiées. Un pitching de tout premier ordre, qui affiche par exemple une ERA collective de 1,75 depuis le naufrage de Veyrassi (2-12), et qui est encore plus fort avec le retour de Thibault Mercadier, même si celui-ci a du concéder la défaite dans le match 1. La défense, elle aussi, est la meilleure du championnat avec 1,23 erreur par 9 manches. Le suivant, Toulouse, est à 1,79. Comme rien n’est jamais parfait dans les statistiques, c’est un mauvais jeu défensif qui a amené à la perte du 1er match, mais malgré tout, Rouen est d’une grande efficacité dans ce domaine. En revanche, les Huskies ne parviennent pas à faire preuve d’efficacité offensive, et leur duo japonais Megumi – Nishikawa est le moins productif parmi l’ensemble des non-JFL du championnat. Mais le vieux proverbe dit que c’est l’attaque qui gagne les saisons et le pitching et la défense qui font les champions. Alors on ne va pas enterrer encore complètement les Huskies.
Toulouse a confirmé sa résilience avec sa 4e victoire en walk-off cette saison. Ce n’est pas rien, et cela maintient le Stade dans la course. L’autre point fort de Toulouse est le duo Laot – Rojas en relève, qui n’a rien donné aux Huskies en 5 manches de travail dans le match 1. En revanche l’attaque est vraiment trop peu productive, avec la pire moyenne de la D1 avec des coureurs en position de marquer (.215). Certes, A.Soriano continue à porter le danger, mais il est parfois trop seul.

Sénart est une équipe de séries : 3 défaites / 6 victoires / 4 défaites et maintenant 4 victoires consécutives, avec dans cette période une attaque dévastatrice (.426, 47 points marqués) et un pitching qui ne l’est pas moins (0,60 de ERA, 12,6 K / 9 manches). Le retour de Mendez a fait du bien, mais il faut saluer aussi l’excellente saison de Landry, récompensé par une superbe performance de 5 RBI contre le PUC. Intouchables à la maison (9-1), plus fragiles à l’extérieur (3-7), les Templiers sont vraiment sur courant alternatif. Difficile donc de prédire quel sera leur état dans les 6 prochains matches…
Béziers, une nouvelle fois, a perdu un match alors qu’il était dans la lutte après 5 manches. Les fins de partie sont vraiment la plaie des Pirates. Ils ont pourtant tout essayé, en faisant cette fois-ci appel à la nostalgie avec le retour de Dazell, qui fut un des héros de la montée en D1. Mais la nostalgie n’est plus ce qu’elle était, et le lanceur n’a affronté que 4 frappeurs, juste le tant de donner 3 BB et de voir le match filer. Mais les Pirates aussi sont capables de rebondir, et il n’est jamais facile de passer à travers leur haut de line-up, surtout quand B.Lorienne est de la partie. La puissance offensive demeure l’atout maître de Béziers, alors qu’on n(oubliera pas de saluer la sortie courageuse et efficace de Montagne, qui a su tenir tête au redoutable line-up des Lions.

On n’a pas encore parlé du PUC, mais il devient difficile de trouver des points forts dans un effectif où l’absence de Gonzalez enlève une grande partie de l’efficacité. Certes, les joueurs se battent, Mauclaire a produit son 1er point, Soulier a frappé son premier triple, Morris a été excellent comme partant, mais il manque beaucoup de choses aux pucistes, German n’arrive pas à tenir la barque et Bowers, pourtant capable d’éclats (on se rappelle ses 7 RBI contre La Rochelle) semble parfois éteint.
Que ressort-il de cet examen ? La lutte reste intense pour les play-offs. Montpellier et Savigny ont probablement validé leur ticket, La Rochelle pourrait le faire la semaine prochaine à Rouen. Les Huskies, justement, sont encore en ballotage favorable mais leur calendrier de fin de saison est redoutable. Sénart est en embuscade, et regrettera peut-être de ne pas avoir voulu se déplacer à Montpellier quand viendra l’heure des comptes. Comme Toulouse regrettera son voyage chez les Templiers avec un effectif trop réduit.

On ne peut pas parler de cette journée sans évoquer deux petits évènements qui se sont produits en fin de match La Rochelle – Montpellier. D’abord Paredes a donné un point. Cela ne lui été pas arrivé depuis le 26 avril, soient 20,2 manches vierges. Quelle série ! Et puis, alors qu’il était tranquillement en train de poursuivre son entreprise de démolition massive des line-ups adverses, B.Couvreur (avec une moyenne de 19 K / 9 manches…) a commis une petite erreur que Crawford, qui pourrait presque être son père, a catapultée au-dessus des clôtures du Boucaniers Field. Son 2e home-run en carrière, son premier ne datant que de la saison dernière. Cela prouve que Couvreur est humain. Et que les anciens peuvent encore faire la loi. Ce qui fait du bien, dans un championnat dominé par la jeunesse…
F.Colombier
Crédits photographiques : Chaine Yotubube club et @Piat_visuals
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