Nice et Grenoble filent en finale
Les deux pensionnaires de première division avaient beaucoup à perdre face à celles de D2 qui rêvaient de prendre leurs places. Pour Strasbourg et Toulouse, ces barrages représentaient l’ultime étape vers l’élite. Pour Grenoble et Nice, ils étaient le dernier rempart avant l’inconnu d’une relégation.
Sur le papier, les prétendants de Division 2 avaient des arguments. Les Outlaws sortaient d’une saison offensive remarquable, tandis que le Stade Toulousain avait survolé son championnat. Mais les barrages ne récompensent pas toujours les meilleures statistiques. Ils récompensent souvent les équipes capables de survivre à la pression. Et dans ce domaine, les pensionnaires de Division 1 ont eu quelques leçons à donner.

Les Grizzlys remettent les Outlaws dans le droit chemin
Match 1 : Grenoble frappe fort et reprend la main
Les Grizzlys ont rapidement rappelé pourquoi elles évoluaient parmi l’élite. Menées 1 à 0 dès la première manche après un double productif d’Emma Prignot, les Iséroises ont immédiatement réagi pour prendre les commandes du match et ne plus jamais les lâcher.
L’offensive grenobloise a frappé dès son premier passage au bâton. Profitant d’une erreur défensive, de leur agressivité sur les bases et d’une série de présences sur base, les Grizzlys ont inscrit quatre points pour retourner complètement la rencontre. Lahna Josselin Ogee a produit deux points avec un simple tandis que Shirley Patin ajoutait un point supplémentaire pour porter la marque à 4-1.
La deuxième manche a définitivement fait basculer la rencontre. Justine Liardet puis Diane Simon ont mis la pression sur la défense alsacienne avant qu’Ellie Bouis ne frappe le coup du match avec un double productif de deux points. Grenoble prenait alors le large à 7-1 et ne regardait plus derrière. Les Outlaws ont bien tenté de revenir en quatrième manche grâce aux points produits par Inès Alarcon Fernandez et Aigline Stoeckel-Danguillaume, mais l’écart était déjà trop important.
Une nouvelle poussée offensive dans les troisième et quatrième manches a permis aux Grizzlys d’atteindre la barre des dix points et de provoquer le mercy rule. Au bâton, Grenoble a montré toute la profondeur qui lui avait parfois manqué en saison régulière. Ellie Bouis a terminé avec un double, un triple et trois points produits. Lahna Josselin Ogee a également livré une prestation majeure avec deux coups sûrs et trois RBI. Justine Liardet a ajouté deux hits et un point produit tandis que Diane Simon et Kristyna Korousova ont constamment mis la pression sur les lanceuses adverses.
Dans le cercle, Victoria Biteur a parfaitement rempli sa mission. La lanceuse grenobloise a accordé seulement quatre coups sûrs et trois points en cinq manches, sans distribuer le moindre but sur balles. Sa maîtrise a empêché l’attaque strasbourgeoise d’enchaîner les grosses manches qui avaient fait sa force en Division 2.
Défensivement, les Grizzlys ont également limité les dégâts malgré quelques situations délicates. À l’inverse, les erreurs concédées par Strasbourg ont régulièrement offert des opportunités supplémentaires à une attaque grenobloise qui en a profité pour faire parler sa puissance.
MVP : Ellie Bouis. Avec un double, un triple et trois points produits, la joueuse des Grizzlys a été la principale arme offensive d’une équipe qui a pris un avantage déterminant dès le premier match de la série.

Match 2 : Grenoble clôt le débat avec autorité
Dos au mur après la défaite inaugurale, Strasbourg espérait relancer la série. Grenoble en a décidé autrement. Au terme d’un deuxième match spectaculaire remporté 14 à 3 en cinq manches, les Grizzlys ont validé leur maintien en Division 1 et mis fin aux ambitions de montée des Outlaws.
Dès la première manche, les Iséroises ont annoncé leurs intentions. Ellie Bouis a produit le premier point du match avant qu’une nouvelle fois l’attaque grenobloise ne multiplie les présences sur base. Mais c’est surtout dans la deuxième manche que tout s’est joué.
Mettant la pression sur les Alsaciennes, Grenoble a construit un rallye dévastateur de sept points. Les buts sur balles se sont accumulés, les coureuses ont profité de chaque occasion et Shirley Patin a porté l’estocade avec un double de trois points qui a fait exploser le tableau d’affichage. À 8-0, les Grizzlys avaient déjà un pied et demi en finale.
Strasbourg a pourtant montré son caractère. Emma Prignot, Lucy Megret et Elodie Otthoffer ont contribué à une manche de trois points qui a brièvement permis aux Outlaws de revenir à 8-3. Mais cette réaction n’aura été qu’un feu de paille.
Grenoble a repris immédiatement sa marche en avant. Diane Simon, Kristyna Korousova et Lahna Josselin Ogee ont relancé la machine offensive dans la troisième manche avant qu’une nouvelle attaque de quatre points dans la cinquième ne vienne achever définitivement le suspense. Les Grizzlys terminaient le match avec quatorze coups sûrs et quatorze points inscrits, une véritable démonstration offensive.
Au bâton, Shirley Patin a encore été déterminante avec son double de trois points et quatre RBI. Kristyna Korousova a signé trois coups sûrs et plusieurs points produits. Diane Simon, Lahna Josselin Ogee, Justine Liardet et Capucine Meiss ont toutes multiplié les présences sur base pour étouffer progressivement la défense adverse.
Le maintien de Grenoble s’est finalement construit sur sa capacité à imposer immédiatement son rythme. Avec vingt-quatre points inscrits en deux rencontres, les Grizzlys ont démontré qu’il existait encore un écart important entre les exigences de la Division 1 et celles de la Division 2.
MVP : Shirley Patin. Son double de trois points dans la manche décisive et ses quatre RBI ont définitivement fait basculer la rencontre en faveur des Iséroises.

Concernant les coups sûrs, Grenoble a largement dominé les débats en cumulant vingt-trois hits, contre seulement six pour Strasbourg. Sur le plan défensif, les Outlaws ont commis six erreurs contre deux pour les Grizzlys, cédant à des moments clés sous la pression constante de l’attaque iséroise. De plus, la timidité strasbourgeoise s’est ressentie dans l’agressivité sur base, avec une seule et unique tentative de vol enregistrée sur toute la série, ce qui a grandement limité leurs opportunités de créer le danger.
Malgré ces chiffres et le résultat final, plusieurs joueuses strasbourgeoises ont montré un niveau clairement digne de la première division. Élodie Otthoffer a notamment livré une prestation de haut vol au champ centre, couvrant énormément de terrain grâce à de très belles courses défensives. En arrêt-court, Jeanne Cordazzo a tout autant impressionné par l’étendue de sa couverture de terrain. Derrière le marbre, Abigail Voss, ancienne receveuse de Grenoble deux ans plus tôt, a affiché une belle autorité tout en restant particulièrement dangereuse au bâton. En première base, Emma Prignot s’est montrée d’une grande assurance tout en faisant parler sa puissance à la frappe. Enfin, Nikkie Mady Zavattero a elle aussi apporté une vraie menace de puissance en plus d’une solide présence au champ gauche.

Le Cavigal évite les griffes acérées des Tigresses
Match 1 : Nice résiste au retour toulousain
Les statistiques de la saison plaçaient le Stade Toulousain parmi les favoris de ces barrages. Leader de la Division 2, doté de l’une des meilleures attaques du championnat, le club haut-garonnais arrivait sur la Côte d’Azur avec l’ambition de s’offrir une place parmi l’élite. Mais Nice a rappelé dès le premier match que l’expérience de la Division 1 possède une valeur particulière lorsque la pression augmente.
Longtemps dominé par les lanceuses, le match s’est transformé progressivement en duel. Nice a frappé la première dès la deuxième manche grâce à un simple productif de Léa Petit avant qu’Emma Ledin n’ajoute un point supplémentaire dans la manche suivante.
Pendant ce temps, Emma Flayol réalisait un travail remarquable dans le cercle. La lanceuse niçoise contenait les assauts face à une attaque toulousaine pourtant réputée pour sa capacité à marquer rapidement.
Le véritable tournant intervient dans la cinquième manche. Alors que Nice mène seulement 2 à 0, les Azuréennes construisent une attaque de cinq points. Sandra Dymowiez, Emma Ledin, Anaisie Bugna et Juliette Peculier mettent la pression sur la défense toulousaine avant que Sandra Rousselot ne frappe un double décisif produisant deux points. En quelques instants, le Cavigal prend une avance de 6 à 2.
Toulouse ne renonce pourtant pas. Les Haut-Garonnaises inscrivent trois points dans la sixième manche grâce notamment à Aislinn Provost et Sarah Authier. L’écart est réduit à une seule longueur et le suspense devient total. Nice tient finalement jusqu’au dernier retrait et s’impose 6 à 5.
Le play-by-play disponible sur le site de la FFBS (mais incomplet) nous permet de souligner qu’au bâton, Emma Ledin se distingue avec deux coups sûrs et deux RBI. Sandra Rousselot apporte le coup le plus important du match tandis qu’Emma Flayol contribue également à la construction offensive.
MVP : Emma Flayol. Huit retraits sur prises en moins de quatre manches, une prestation solide au bâton et une influence constante sur le match. La lanceuse niçoise a porté son équipe lors de cette première victoire capitale.

Match 2 : Dix-sept points pour assurer le maintien
Si le premier affrontement avait été serré, le deuxième a offert un feu d’artifice offensif ! Au terme d’un match complètement fou, Nice s’est imposé 17 à 14 et a définitivement validé son maintien parmi l’élite et une place en finale.
La rencontre démarre sur un rythme effréné. Nice marque cinq fois dès son premier passage au bâton grâce notamment aux productions d’Emma Ledin, Juliette Peculier et Charlotte Gonfrier. Toulouse répond immédiatement avec trois points dans la moitié basse de la manche. Le ton est donné : aucune lanceuse ne passera une soirée tranquille.
Les Azuréennes poursuivent leur travail de sape dans la deuxième manche avec trois nouveaux points. Emma Flayol, Anaisie Bugna et Amandine Bertrand permettent au Cavigal de prendre ses distances. Mais le Stade Toulousain reste au contact grâce à son impressionnante puissance offensive emmenée par Elodie Legoy, Aislinn Provost, Alix Bidondo et Camille Lambert-Cervetti.
À plusieurs reprises, Toulouse semble en mesure de revenir complètement dans le match. Les Haut-Garonnaises inscrivent trois points en troisième manche, deux autres en quatrième puis encore trois en cinquième. Mais chaque fois que l’écart se réduit, Nice trouve une réponse.
La sixième manche finit par assommer définitivement les espoirs toulousains. Charlotte Gonfrier, Christelle Giret et Emma Flayol construisent une attaque de quatre points qui porte le total niçois à dix-sept unités. Malgré les quatorze points marqués par Toulouse, les Azuréennes gardent le contrôle jusqu’au bout.
Les chiffres illustrent parfaitement la folie de cette rencontre : quatorze coups sûrs pour Nice, onze pour Toulouse, trente-et-un points combinés et des offensives qui n’ont jamais cessé de se répondre.
Emma Flayol termine avec plusieurs coups sûrs et trois points produits. Emma Ledin ajoute deux RBI. Christelle Giret, Charlotte Gonfrier, Anaisie Bugna, Juliette Peculier et Amandine Bertrand participent toutes à l’effort collectif. En relève, Léa Aït Benali apporte également une contribution importante en contenants les dernières tentatives de retour toulousaines.
MVP : Emma Flayol. Encore une fois décisive au bâton, constamment présente sur les bases et impliquée dans plusieurs manches clés, elle a symbolisé la réussite niçoise tout au long du week-end.

Au terme de ces barrages, le verdict est sans appel. Grenoble et Nice conserveront leur place en Division 1 la saison prochaine. Strasbourg et Toulouse auront porté haut les couleurs de la Division 2, mais les deux pensionnaires de l’élite ont rappelé que l’expérience des grands rendez-vous reste souvent la meilleure arme lorsque toute une saison se joue sur quelques matchs.
Sébastien Dondé et le Correspondant Local
Crédit photos : RS des clubs
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