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Division 1 Baseball

Bilan D1 : Un corsaire rit, l’autre pleure.

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Bilan D1 : Un corsaire rit, l’autre pleure.

La Rochelle prend date

Les Boucaniers ont vraiment le vent dans les voiles. Ils viennent de signer leur 14e victoire de la saison, égalent le record de l’an passé, et confirmant qu’ils ne cessent de progresser au fil des années : 12 victoires en 2022, 13 en 2023, 14 en 2024 et 2025, et évidemment plus cette année. On aurait pu craindre pour La Rochelle que la douloureuse défaite en finale du Challenge de France leur fasse marquer un temps d’arrêt. Mais il n’en est rien. Depuis cette compétition, les Rochelais ont remporté 9 matches sur 12, pour la 2e meilleure moyenne de la D1 derrière Montpellier (8-2, .800). L’équipe a gommé quelques points faibles des saisons passées. D’abord, les matches à l’extérieur. .389 de pourcentage de victoires depuis la montée en D1 hors du Boucaniers Field, 7 victoires en 10 matches cette saison. Et aussi, les séries de défaites, qui ont toujours marqué une saison, à l’image des 6 de suite l’an dernier ou des 4 consécutives en 2024. Cette année, La Rochelle est la seule équipe à ne pas avoir perdu deux matches de suite. Pas de doute, les Boucaniers sont sûrs de leur force, avec une vraie solidité au pitching, tant au niveau des partants qu’à celui, souvent décisif en play-offs, de celui des releveurs. Le duo Paredes – Nieves n’a pas d’équivalent, et ce n’est pas un hasard si les Boucaniers sont 10-0 quand ils mènent après 6 manches. Ce qui est intéressant, c’est que La Rochelle ne domine pas spécialement dans une catégorie offensive (à l’exception des amortis, on reviendra sur cet incroyable et excessif sens du sacrifice), défensive ou au pitching, mais n’est non plus jamais dans les derniers rangs. C’est le signe d’un collectif solide, complet et complémentaire. Les Boucaniers ont maintenant le temps de se préparer pour les play-offs, et ça aussi cela peut changer la donne. En tout cas, La Rochelle figure parmi les plus sérieux candidats au titre, et la double victoire face à Béziers l’a clairement démontré.

Béziers prend l’eau

Les fins de matches sont en train de couler les Pirates. Sur les 6 derniers matches, Béziers menait au score 5 fois. Mais n’a gagné qu’une fois. Et si on remonte sur toute la saison, toujours après 5 manches, l’équipe de coach Teixidor menait 11 fois au score, était 3 fois à égalité et tirait de l’arrière à 8 reprises. Le tout pour une fiche de 6-16. Il n’est pas très compliqué d’identifier le mal biterrois, si ce n’est en rajoutant que les Pirates sont l’équipe qui a marqué le moins de points dans les 3 dernières manches d’un match (21, Rouen qui les devance est à 26) et que Béziers et la seule équipe (avec le PUC) a avoir une fiche négative (4-7) quand elle marque le premier point d’un match. Et même quand on donne la balle à l’Ace Gonzalez pour tenter de finir les matches, cela ne marche pas, comme l’ont témoigné les deux défaites en 9e puis en extra-inning contre Rouen puis La Rochelle. Béziers aurait pu se mêler de la lutte pour les play-offs, et si cet objectif n’est pas totalement inaccessible, c’est surtout le regard dans le rétroviseur que les Pirates vont finir la saison, avec l’espoir que le PUC ne se mette pas à gagner. Certes, Béziers n’était pas au complet ce week-end et les absents, retenus en équipe de France 18U aurait peut-être pu changer la donne, mais il n’en demeure pas moins que cette deuxième saison en D1 n’est pas des plus simples.

Tout n’est pas totalement noir chez les Pirates, et on peut notamment évoquer le cas du lanceur gaucher Robin Froment, qui vient de réaliser trois superbes sorties contre Montpellier, Rouen et La Rochelle, qui sont trois attaques pas vraiment simples à affronter. Il en a profité pour faire baisser son ERA de 9,60 à 6,50, en ne donnant qu’un seul point en 15,2 manches de travail. Il n’a hélas pas pu signer sa première victoire, les errements de la relève évoqués plus haut ayant produit leurs effets négatifs, mais après un début de saison très compliqué, il a su relever la tête et produire du jeu de grande qualité, et c’était à signaler. À noter qu’il est le lanceur qui a fait frapper dans le plus de double-jeux (10), ce qui prouve qu’il sait se sortir de situations délicates. En parlant de lanceur, on regardait avec intérêt la performance de Romain Krzykawiak, après sa sortie difficile contre le PUC, il a bien rebondi, avec un départ de qualité (6 manches, 3 points donnés), mais un peu trop de buts sur balles et une 4e manche qui aurait pu faire basculer le match. Dans l’ensemble, sa performance reste positive et encourageante pour la suite.

Le calendrier prend un coup de chaud

La canicule fait très mal au championnat de D1. Et on commence à se poser sérieusement des questions sur la fin de saison. Faudra-t-il repousser les play-offs ? Devra-t-on jouer les deux dernières semaines d’août, ce qui ne devrait pas arranger la plupart des clubs ? La journée de réserve du 19 juillet est déjà remplie, et il n’y a plus vraiment de dates disponibles, hormis donc les 15-16 et 22-23 août. Mais à l’heure où nous écrivons ces lignes, elles n’ont pas encore été mobilisées.

La FFBS et la CFS ne sont pour rien dans la canicule. Comme l’ensemble de la France, elles ont été prises de court par cet évènement, et ont bien réagi (un peu tardivement, mais rien n’est simple) en publiant un communiqué assez explicite. Ce qu’il faut maintenant, pour les prochaines saisons, c’est anticiper. Pour l’instant, on a vu passer une idée : faire jouer les clubs du sud entre eux pendant l’été. Idée qui ne marche pas, d’abord parce qu’il n’y a pas assez de clubs au sud pour qu’elle soit réalisable, ensuite parce que ce sont trois matches du nord qui ont été reportés. La chaleur frappe indiscernement des habitudes géographiques. Faudra-t-il savoir faire preuve de souplesse ? Le Sénart-Rouen reporté aurait pu se jouer à Rouen, la Seine-Maritime étant en vigilance orange. Imposer, quand c’est possible, ce genre de décision peut devenir la norme dans le futur. On peut penser aussi au début de saison : faudra-t-il supprimer les traditionnelles journées de report de mars et avril pour les garder pour l’été ? Le chantier est énorme, mais il est essentiel. Le baseball, sport d’été, va devoir composer avec le changement climatique et trouver des solutions. En espérant que la saison 2026 ne soit pas sabordée et que tout le monde puisse jouer tous ces matches. Bon courage à nos décideurs.

F.Colombier

Crédit Photographique : Piat

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