Saint-Raphaël momifiée par Évry
Nous y sommes ! La D1 est proche de rendre son verdict, tant au niveau du titre qu’au niveau des équipes qui la composeront l’année prochaine. Au programme, le premier week-end entre Saint-Raphaël et Évry-Courcouronnes au Pharaon’s Park et Grenoble et Nice qui jouent leur survie au premier échelon national, opposées aux meilleures équipes de Division 2, Toulouse et Strasbourg.
L’affiche était sans doute celle que beaucoup espéraient depuis plusieurs mois. D’un côté, les Pharaonnes d’Évry, déterminées à reconquérir un titre national qui leur échappe depuis deux ans. De l’autre, les Comanches de Saint-Raphaël, doubles championnes de France en titre et auteures d’une saison régulière tout simplement parfaite.
Jamais cette saison les Varoises n’ont quitté le terrain, battues. Mais pour devenir championnes, encore fallait-il venir s’imposer sur le terrain des Pharaonnes. Les Franciliennes savaient ce qu’exige une finale et entendaient rappeler qu’un titre ne se conquiert pas uniquement au classement de la saison régulière.
Pendant que la finale captive l’attention, une autre bataille tout aussi intense se joue en parallèle. À Grenoble, les Grizzlys aborderont leur duel face aux Outlaws de Strasbourg avec le poids de leur expérience en Division 1. En face, Strasbourg arrive avec l’une des attaques les plus prolifiques observées cette saison en Division 2 et l’ambition d’une outsideuse qui n’a rien à perdre.
À Nice, la mission s’annonce plus délicate. Dernières de Division 1, les Niçoises vont devoir résister au Stade Toulousain, leadeuse de Division 2 et candidate crédible à la montée. Les Toulousaines impressionnent par la densité de leur alignement, la qualité de leur pitching et leur équilibre collectif. Face à elles, les Azuréennes devront s’appuyer sur leurs dernières prestations, plutôt convaincantes.
Évry-Courcouronnes renversante !

Match 1 : Pharaonnes 9-2 Comanches
Malgré une entame équilibrée, les Franciliennes ont rapidement pris les commandes grâce à une attaque opportuniste et à une maîtrise collective qui a laissé peu d’espoir aux joueuses de Saint-Raphaël.
Les premières manches ont pourtant laissé entrevoir une rencontre serrée. Après avoir contenu l’attaque évryenne lors des deux premiers passages au batting, les Varoises ont frappé les premières à la troisième manche grâce à un triple de Pauline Prade puis un simple productif d’Agathe Sagory. Mais cette avance n’aura tenu que quelques minutes.
La réponse des Pharaonnes a été immédiate et dévastatrice. Dans la moitié basse de la troisième manche, la défense de Saint-Raphaël a connu plusieurs difficultés qui ont permis à Évry de faire exploser le tableau d’affichage. Les erreurs défensives se sont accumulées au pire moment et les Franciliennes ont su les convertir en points. Lisa Papoin, Emma Liminier, Océane Lecourt Milliet, Christel Philippe, dont c’étaient les derniers pas à domicile, et Léonie Pauthe ont toutes contribué à cette manche de cinq points qui a complètement renversé la dynamique de la rencontre.
L’attaque évryenne n’a ensuite jamais relâché la pression. Lisa Papoin a ajouté un spectaculaire home run à l’intérieur du terrain dans la quatrième manche avant que Rosalie Coste ne mette définitivement fin au suspense lors de la cinquième.
Au bâton, plusieurs joueuses se sont illustrées. Léonie Pauthe a signé deux coups sûrs, marqué deux points ; Christel Philippe a également produit un point important tandis que Lisa Papoin a inscrit trois points et frappé le seul extra-base hit offensif de son équipe avec son circuit à l’intérieur du terrain. Mais c’est Rosalie Coste qui a livré l’action offensive la plus décisive avec ses trois points produits lors de la manche finale.
Dans le cercle, Emma Liminier a réalisé un match particulièrement solide. La lanceuse des Pharaonnes a couvert les cinq manches de la rencontre, accordant sept coups sûrs mais seulement deux points, avec un seul but sur balles et six retraits sur prises. Elle a particulièrement su élever son niveau lorsque les coureuses adverses menaçaient, limitant les dégâts à plusieurs reprises. Face à elle, les Comanches ont joué de malchance, Farah Saïdi s’est blessée dès la première manche, remplacée par Marjorie Brunel qui a fait ce qu’elle a pu, en vain.
MVP : Rosalie Coste. Si Emma Liminier a dominé dans le cercle, Coste a porté l’estocade avec un match offensif majeur conclu par le simple de trois points qui a scellé le premier acte de cette finale.

Match 2 : Pharaonnes 6-2 Comanches
Dès les premières manches, les lanceuses ont imposé leur rythme, les attaques peinant à installer des coureuses. Les Pharaonnes ont fini par débloquer la situation dans la troisième manche lorsque Christel Philippe et Léonie Pauthe ont préparé le terrain pour le simple productif de Lisa Papoin.
Saint-Raphaël a réagi dans la manche suivante en profitant de quelques approximations défensives adverses pour inscrire deux points. Pauline Prade et Marjorie Brunel ont créé le danger et les Varoises sont alors revenues au score, laissant penser que le match pouvait basculer.
La réponse des Essonniennes a été immédiate. Dans la quatrième manche, Emma Liminier a lancé l’offensive avec un simple avant qu’Océane Lecourt Milliet et Sirena Salazar ne prolongent la pression. Christel Philippe a produit un point et surtout Elsa Lépinay a frappé le coup du match avec un double qui a rapporté deux points supplémentaires. Ce coup de massue a redonné trois longueurs d’avance aux Pharaonnes.
La cinquième manche a définitivement fait pencher la balance. Emma Liminier a encore été au cœur de l’action tandis que les passages au bâton disciplinés des Franciliennes ont provoqué plusieurs buts sur balles et un frappeur atteint. Deux nouveaux points sont venus gonfler l’écart pour porter la marque à 6-2.
Offensivement, Évry n’a pas eu besoin d’une avalanche de coups sûrs pour faire la différence. Emma Liminier a terminé avec deux hits et un point marqué. Christel Philippe a produit deux points, dont un sur balle-sacrifice, tandis qu’Elsa Lépinay a signé le tournant offensif de la partie avec son double de deux points. Lisa Papoin a poursuivi sa belle finale avec un coup sûr et un point produit.
Mais le nom qui ressort de cette deuxième rencontre est avant tout celui d’Eidy Carolina Tortolero Monagas. Impériale du premier au dernier retrait, la lanceuse des Pharaonnes a livré une masterclass. En sept manches complètes, elle n’a concédé que deux coups sûrs, deux points, deux buts sur balles et a retiré dix frappeuses sur prises. Sa domination a été particulièrement visible dans les moments importants puisqu’elle a régulièrement empêché les Varoises de construire la moindre série offensive.
MVP : Eidy Carolina Tortolero Monagas. Avec seulement deux coups sûrs accordés et dix retraits sur prises, l’ace francilienne a pris le contrôle total de la rencontre et offert aux Pharaonnes une avance de 2-0 dans ces French Series.

Après ce premier week-end, les Pharaonnes rentrent donc avec deux victoires et un avantage psychologique évident. Portées par une attaque capable de punir la moindre erreur adverse et par un tandem Emma Liminier – Eidy Tortolero Monagas particulièrement performant dans le cercle, elles ne sont désormais plus qu’à une victoire d’un nouveau titre national. Saint-Raphaël a toutefois montré par séquences qu’elle possédait les armes pour rivaliser. Les Varoises devront désormais réussir un quasi sans-faute lors du second week-end pour inverser la tendance et relancer cette finale. Déjà privé de De Ridder, le club devra sans doute également faire sans Saïdi. Cela rend la mission délicate mais les Comanches en sont capables ; piquées au vif, leur réponse pourrait être terrible !

Le temps des verdicts
L’heure de vérité pour Grenoble et Nice
Pendant que les regards du softball français se tournent vers la finale de Division 1 féminine, d’autres rendez-vous déterminants se préparent dans le quart Sud-Est de l’Hexagone.

Grenoble veut faire parler son vécu
Les Grizzlys ont vécu une saison difficile mais ont continué à affronter chaque semaine les meilleures formations du championnat. Cet élément pourrait peser lourd face à une équipe de Strasbourg qui n’a pas encore été confrontée à l’intensité du plus haut niveau national.
L’attaque grenobloise possède plusieurs armes capables de faire basculer une rencontre. Diane Simon s’impose comme la référence offensive de l’effectif avec une remarquable moyenne de .473 et un OPS de 1.132. Kristyna Korousova a également porté une grande partie de la production offensive avec 19 coups sûrs, 16 points produits et un OPS de .916. Shirley Patin complète ce trio avec une moyenne de .310, un OPS de .948 et surtout une excellente discipline au marbre illustrée par ses 11 buts sur balles.
Autour de ce noyau dur, Grenoble peut compter sur Hermine Boudousq, Ellie Bouis ou encore Justine Liardet pour alimenter les attaques. Les Grizzlys ne manquent donc pas de talent offensif, mais leur principal problème cette saison a souvent été de transformer les occasions en séries de points suffisamment longues pour compenser les difficultés défensives.
Côté pitching, Victoria Biteur a assumé une grande partie de la charge de travail avec près de 39 manches lancées mais une ERA de 5.97. Manureva Salze a elle aussi beaucoup été sollicitée avec une ERA de 8.37. Les Grizzlys accordent beaucoup de coups sûrs et beaucoup de points, ce qui place régulièrement leur attaque sous pression.
Défensivement, Grenoble affiche un visage contrasté. Certaines joueuses présentent des statistiques solides mais l’équipe a aussi accumulé un nombre important d’erreurs au cours de la saison, expliquant en partie sa place au classement.
Strasbourg peut miser sur son attaque
Deuxièmes de Division 2, les Outlaws abordent ce barrage avec confiance. Les statistiques offensives produites cette saison sont tout simplement impressionnantes.
Abigail Voss a survolé le championnat avec une moyenne de .833 et un OPS de 1.986. Emma Prignot a ajouté neuf points produits et deux home runs tout en frappant à .429. Elodie Otthoffer a compilé une moyenne de .550 tandis que Jeanne Cordazzo, Lucy Megret et Nikkie Zavattero ont constamment alimenté le tableau d’affichage.
La principale interrogation concerne toutefois le pitching. Les aces alsaciennes présentent une ERA supérieure à 8 ; dans un championnat de Division 2, cette faiblesse a parfois été masquée par la puissance offensive mais face à Grenoble, les lanceuses strasbourgeoises seront beaucoup plus exposées.
La défense semble globalement fiable autour d’Emma Prignot, irréprochable cette saison, et d’Abigail Voss, particulièrement active dans le contrôle du jeu de course. Néanmoins, certaines joueuses ont également connu davantage de difficultés, ce qui pourrait devenir un facteur important dans un duel annoncé comme serré.
Cette confrontation ressemble finalement à l’opposition entre deux équipes dont le point crucial se situe dans le cercle. Les Grizzlys semblent disposer d’un avantage lié à leur expérience face aux équipes de Division 1, tandis que Strasbourg possède peut-être l’attaque la plus explosive de cette série de barrages.

Nice sous pression face au leader de D2
Dernière du championnat, le Cavigal a traversé une saison compliquée dans pratiquement tous les secteurs du jeu. Pourtant, les Niçoises possèdent encore plusieurs individualités capables de faire tourner une rencontre.
Emma Ledin a été la joueuse offensive la plus régulière avec une moyenne de .394 et un OPS supérieur à 1.000. Emma Flayol a produit des statistiques remarquables lorsqu’elle a été alignée avec une moyenne de .533. Christelle Giret et Anaisie Bugna ont également apporté une contribution importante dans un collectif souvent en difficulté.
Le problème vient surtout du manque de profondeur offensive. Plusieurs titulaires ont terminé la saison sous les .200 de moyenne et l’équipe a éprouvé des difficultés à construire des manches explosives. Nice marque généralement ses points au prix d’efforts importants alors que ses adversaires parviennent plus facilement à enchaîner les coups sûrs.
Dans le cercle, Amandine Bertrand a assumé un immense volume de travail avec près de soixante manches lancées. Son ERA de 7.98 reste élevé mais témoigne aussi de sa responsabilité au sein de l’effectif. Emma Flayol présente des statistiques plutôt encourageantes et pourrait jouer un rôle majeur dans cette confrontation.
Pour maximiser les chances de rester en D1, les Niçoises devront apporter une attention particulière à ne pas cumuler trop d’erreurs en défense.

Toulouse a tout d’une candidate crédible à la montée
Leadeuses de Division 2, les Tigresses du Stade Toulousain arrivent avec le profil le plus complet des quatre participants à ces barrages.
L’attaque toulousaine impressionne immédiatement à la lecture des statistiques. Elodie Legoy a signé une saison exceptionnelle avec une moyenne de .571, deux home runs et 27 courses au total. Victoria Navega a produit 12 points avec une moyenne de .500. Aislinn Provost, Camille Lambert-Cervetti, Alix Bidondo, Sarah Authier ou encore Josephine Prohl composent un alignement particulièrement dense.
Contrairement à certaines équipes qui reposent sur deux ou trois joueuses majeures, Toulouse semble capable de produire des points à pratiquement tous les postes de son line-up. C’est une richesse qui pourrait devenir décisive sur une série de plusieurs rencontres.
Le pitching constitue également un point fort. Virginie Hemmi a remporté trois victoires cette saison. Léa Decoux présente une ERA de 2.00 tandis que Pascale Roquelaine n’a accordé aucun point mérité lors de ses apparitions. La défense offre elle aussi de belles garanties. Plusieurs titulaires affichent un pourcentage défensif parfait. Aislinn Provost n’a commis aucune erreur tout au long de la saison tandis qu’Anais Monge, Victoria Navega ou Astrid Paulino présentent également un bilan irréprochable.

Mais les statistiques s’arrêtent toujours au moment où l’arbitre annonce le premier lancer. À partir de là, seule la capacité à gérer la pression décidera quelles équipes évolueront en Division 1 la saison prochaine. Cela est d’autant plus vrai que le championnat de D2 a souffert du manque d’équipes et donc de compétitivité pour que les chiffres aient un réel poids, mais la méfiance doit tout de même rester de mise pour les actuelles pensionnaires de D1. À l’inverse, Grenoble et Nice se sont frottées aux meilleures équipes nationales et ont su puiser des ressources dans la difficulté. À elles de s’en servir.
Sébastien Dondé.
Crédits photos : RS des clubs et de la FFBS
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