Tout en haut, Saint‑Raphaël règne sans partage et vise une saison parfaite. Pour les Comanches, l’enjeu n’est plus de gagner (elles savent déjà le faire) mais de rester invaincues, de préserver l’aura, de défendre ce statut d’invincibles qui fait trembler toute la division.
Face à elles, Évry‑Courcouronnes veut les faire chuter et marquer de nouveau son territoire après la finale perdue lors du Challenge de France. De plus, les Pharaonnes veulent sécuriser leur deuxième place et affirmer qu’elles sont les seules capables de regarder Saint‑Raphaël dans les yeux.
Mais Pessac rôde, une équipe qui fait une très belle saison. Les Panthères savent qu’elles peuvent encore bousculer la hiérarchie, qu’un faux pas d’Évry peut tout relancer. Leur enjeu : rester au contact, rester dangereuses.
Plus bas, Colombes se bat pour exister, l’équipe est capable de fulgurances mais est trop souvent punie par ses erreurs. Grenoble avance dans une saison difficile, faite de combats, et de petites victoires au milieu des tempêtes et reste toujours dans une position inconfortable.
Et enfin, Nice s’est refait une santé lors du Challenge de France et compte bien surfer sur ce regain pour rattraper une partie de leur retard sur Grenoble, qui pourrait perdre très gros ce week-end.

Pharaonnes vs Comanches
Match 1 : Evry 1-10 Saint-Raphaël
Evry avait l’occasion de troubler un peu la belle machine varoise et de faire un pas de plus vers la finale. Hélas pour elles, les Comanches sont toujours aussi irrésistibles !
Évry, pourtant, commence avec de bonnes intentions. Ambre Brouard ouvre le match avec un simple propre, vole une base, et montre la voie. Sirena Salazar produit le seul point des Pharaonnes sur un contact bien placé. Mais très vite, la mécanique se grippe : seulement deux hits, six strikeouts, et une défense qui craque dans les moments-clés. Rosalie Coste et Emma Liminier se battent dans le cercle, mais Saint‑Raphaël frappe intelligemment.
Car en face, les Comanches déroulent une partition offensive d’une précision chirurgicale. Inès Haudiquer ouvre la voie avec un simple puissant. Prapeng De Ridder, patiente et explosive, multiplie les passages sur base. Marjorie Brunel, fidèle à elle‑même, frappe deux hits et marque trois fois.
Puis arrive la masterclass de Mélissa Mayeux. Deux hits, un triple, trois RBI, deux walks, quatre total bases. À chaque swing, elle dicte le tempo.
Derrière elle, Léna Sellam enfonce le clou : deux hits, un double, quatre RB ; Elsa Munier ajoute un RBI sur un sacrifice parfaitement exécuté ; Elise Buvat frappe deux doubles, Youna Pean deux hits…
Treize hits, dix points, huit walks obtenus : une machine offensive qui n’a laissé aucune chance à Evry.
Et pendant que l’attaque déroule, Enora Simon verrouille tout. Six manches, deux petits hits concédés, un seul point non mérité, six strikeouts, zéro walk.
La khaleesi du match: Mélissa Mayeux Elle a été partout. Un match de patronne.

Match 2 : Evry 7-14 Saint-Raphaël
Le début de match est équilibré : Ambre Brouard obtient un walk, Sirena Salazar frappe un simple et produit un point, Rosalie Coste trouve la ligne pour un double, Christel Philippe signe deux hits propres, Inès El Mouttaqui‑Le Guen marque deux fois. Évry avance, pousse, insiste. Mais chaque fois que les Pharaonnes semblent pouvoir installer un rythme, Saint‑Raphaël répond immédiatement, et plus fort encore.
Car en face, les Comanches déroulent une partition offensive impressionnante. Inès Haudiquer ouvre le match avec un double puissant. Chiara Enrione‑Thorrand, repositionnée en 3B/1B, frappe trois hits, produit deux points et marque deux fois. Marjorie Brunel, fidèle à son rôle de métronome, ajoute un hit, un RBI, un walk. Puis arrive Mélissa Mayeux : trois hits, un double, un triple, deux RBI, quatre points marqués, un walk.
Derrière elle, Elsa Munier frappe deux hits, produit deux points, et Agathe Sagory claque un triple qui fait craquer la défense d’Évry. Enora Simon, entrée en relève, ajoute deux hits et un RBI.
Dans le cercle, la gestion est millimétrée : Prapeng De Ridder lance cinq manches solides, seulement deux hits concédés, deux points non mérités, trois walks, deux strikeouts ; Farah Saidi est bien soutenue par son attaque ; Enora Simon, encore elle, revient fermer la porte : deux manches, deux hits, zéro point, quatre strikeouts.
La Khaleesi du match : Chiara Enrione‑Thorrand. Dans l’ombre de Mélissa Mayeux, elle a été la lame silencieuse. Trois hits, deux RBI, deux points marqués, aucune erreur mentale, une présence constante dans les moments charnières. Elle a été le moteur discret mais essentiel de la victoire.

Wildcats vs Panthères
Match 1 : Colombes 3-18 Pessac
Dès le premier tour de bâton, le ton est donné : Isaure Gourgues ouvre la voie avec un double et trois points produits. Derrière elle, Marion Travers et Camille Riera enchaînent, chacune ajoutant leur pierre à l’édifice offensif. Riera, surtout, incarne la précision chirurgicale : trois hits, trois RBI, deux bases volées. Mylène Graves, elle, frappe avec rage (deux hits, un double, trois points produits) et fait exploser la défense adverse à chaque passage.
Les Panthères jouent comme un bloc: Amandine Métreau, Siobhan Hayes, Laurence Cornaille et Joséphine Robishaw se relaient pour faire tourner la machine : dix-huit points, quatorze hits, six walks, une efficacité redoutable.
En face, les Wildcats tentent de résister, mais les Panthères sont déchainées. Jenny Durassier frappe un double et produit deux points, Oriana Alvarado Torres ajoute un RBI, et Garance Viguier, fidèle à son rôle de capitaine offensive, vole une base et marque. Mais la défense craque : cinq erreurs, des balles perdues, des relais manqués, et une pression constante imposée par les Panthères. Laurie Saurat et Estelle Meyer se battent au cercle, mais les frappes pleuvent sans relâche.
Pessac, menée par une Laurence Cornaille impériale au lancer (5 manches, 5 hits, 3 points, 5 strikeouts, zéro walk), ne laisse aucune ouverture.
La khaleesi du match : Camille Riera, auteure d’un match parfait : trois hits, trois points produits, deux bases volées, et une présence constante dans le cœur du jeu.

Match 2 : Colombes 1-11 Pessac
Isaure Gourgues ouvre le bal avec un simple, suivi par Marion Travers, toujours aussi explosive sur les sentiers. Puis arrive la grosse artillerie : Camille Riera et Mylène Graves, les deux lames jumelles de l’attaque pessacaise. Riera frappe deux hits, marque deux fois, produit un point. Graves, elle, réalise une belle performance: trois hits, un triple, trois points produits, trois points marqués.
Mais la frappe qui change tout, celle qui fait basculer le match dans une autre dimension, vient de Joséphine Robishaw. Trois hits, un double, un triple, cinq points produits. Cinq ! Son triple est un coup de massue pour Colombes.
Les Wildcats, pourtant, ne renoncent pas. Nadia Dozova frappe un simple puissant et marque le seul point de son équipe. Shahineze Souici produit ce point avec un contact propre, précis. Marie Ten Eyck et Estelle Meyer obtiennent des walks, tentent de relancer la machine. Mais ce ne sera pas suffisant.
Dans le cercle, Louise Le Chenadec réalise un match maîtrisé : 4 manches, 2 hits, 1 point non mérité, 5 strikeouts, zéro walk. Elle étouffe Colombes et impose un tempo que les Wildcats ne parviendront jamais à briser.
En face, Estelle Meyer et Laurie Saurat se battent, mais Pessac frappe trop fort et trop juste. Douze hits, onze points, aucun walk concédé : une machine parfaitement réglée.
La khaleesi du match : Joséphine Robishaw. Trois hits, un double, un triple, cinq RBI, une présence offensive qui a posé le rythme de la rencontre.

Cavigal vs Grizzlys
Match 1 : Nice 11-9 Grenoble
Nice impose d’entrée un rythme infernal. Christelle Giret ouvre la voie avec deux hits et deux RBI. Sandra Dymowiez, pourtant sans hit, marque deux fois, obtient deux walks et produit un point : une présence de coureuse qui met la défense grenobloise sous tension permanente. Puis arrive Emma Flayol, impériale : deux hits, deux doubles, un RBI, quatre total bases, une précision chirurgicale dans les zones extérieures. Emma Ledin, elle, frappe deux hits, un double, deux RBI, et vole une base dans un moment décisif. Et que dire de Pamela Dessi, qui transforme un triple monumental en trois points produits !
Les Grizzlys répondent avec une férocité admirable. Hermine Boudousq frappe un match monstrueux : deux hits, un home run, trois RBI, cinq total bases. Kristyna Korousova ajoute deux hits, deux RBI, deux bases volées. Diane Simon frappe deux hits et un double, toujours dangereuse dans les moments chauds. Lahna Josselin‑Ogee signe deux hits, un double et un RBI, tandis que Victoria Biteur marque deux fois et vole deux.
Grenoble frappe dix hits, marque neuf points, vole huit bases !, et pousse Nice dans ses retranchements. Mais la différence se fait au pitching.
Amandine Bertrand tient les sept manches. Elle encaisse, elle plie, mais elle ne rompt jamais. Trois points seulement sont mérités, et surtout : elle ferme la porte dans les moments critiques, notamment en fin de match, quand Grenoble menace encore.
La Khaleesi du match : Emma Flayol : elle a été la joueuse la plus constante, la plus précise, la plus décisive. Deux hits, deux doubles, un RBI, quatre total bases, une présence défensive solide malgré une erreur, et surtout un impact offensif qui a rythmé toute la rencontre.

Match 2 : Nice 11-4 Grenoble
Emma Flayol, dans le cercle, lance un match d’une propreté remarquable : 5 manches, seulement 4 hits concédés, 1 seul point mérité, 3 strikeouts.
Offensivement, Nice déroule une partition parfaitement orchestrée. Sandra Dymowiez, patiente et incisive, obtient trois walks, marque deux fois et produit un point. Emma Ledin frappe un hit, marque deux fois, et continue d’être l’une des joueuses les plus régulières du week‑end. Puis arrive Anaisie Bugna : deux hits, deux doubles, deux RBI, deux walks, trois points marqués ; un match abouti.
Juliette Peculier ajoute un hit, un RBI, deux walks, une base volée. Charlotte Gonfrier frappe un hit et produit deux point. Audrey Bertrand, malgré un seul at‑bat, obtient un walk, marque un point et produit un autre sur un contact parfaitement placé.
Nice ne frappe que cinq hits… mais marque 11 points grâce à une discipline exceptionnelle : 13 walks obtenus, une patience rare, une capacité à punir chaque erreur grenobloise.
Offensivement, Grenoble tente d’exister : Diane Simon frappe deux hits et un walk, Hermine Boudousq marque deux fois et vole une base, Ellie Bouis frappe un simple propre, Lauryne Paladini‑Emo produit un point sur un contact bien placé.
La Khaleesi du match : Anaisie Bugne : elle a porté l’attaque avec une régularité et une présence qui ont dicté tout le rythme du match.

Lors de la prochaine journée, le duel entre les Pharaonnes d’Évry-Courcouronnes et les Grizzlys de Grenoble mettra face à face deux équipes dont chaque manche compte désormais double, l’une pour rester au contact du duo de tête, l’autre pour sauver sa tête en D1. À Saint‑Raphaël, les Panthères de Pessac tenteront d’accrocher les Comanches toujours redoutables à domicile, et d’avoir une sérieuse option pour la finale. Enfin, le déplacement des Wildcats de Colombes sur le terrain du Cavigal de Nice pourrait bien peser lourd dans la course au maintien.
Sébastien Dondé.
Crédit photos : site de la FFBS, réseaux sociaux des clubs ; design classement : Lucas Arrighi.





