C’est dur pour le PUC.
Aucune victoire en 10 matches et des colonnes statistiques qui ressemblent à un gouffre sans fin. Plus mauvaise moyenne, a marqué le moins de points, le plus faible OPS, le plus petit average avec des coureurs en position de marquer, le pire différentiel et on pourrait continuer ainsi longtemps la douloureuse litanie des mauvaises stats pucistes. C’est du même acabit au niveau des performances individuelles, on ne trouve que très rarement un puciste dans le top-20 des meilleurs joueurs. Hormis Gonzalez, qui fait correctement son travail, Julian Dussart, qui confirme tous les espoirs mis en lui, à un degré moindre les jeunes lanceurs Rolland-Diamond et Le Guillou, il y a peu de joueurs qui semblent avoir le niveau de D1. On met de côté le vétéran Jérôme Dussart qui se bat comme un lion, mais Bowers, par exemple, avant ses 5 RBI de ce week-end, n’avait pas vraiment convaincu et se trouvait balloté d’un poste à l’autre. Avec déjà 3 victoires de retard sur Béziers, difficile de croire à un sauvetage de fin de saison. Même si, après tout, 3 matches ce n’est pas irrémédiable quand il en reste 18 à jouer, donc 4, justement, contre les Pirates.

Mais on a quand même envie de faire l’éloge des perdants, car ce qui est vraiment dommage pour les Parisiens, c’est qu’ils pourraient connaître un bien meilleur sort :
- 1re journée, 0-0 après 6 manches contre Rouen, défaite 0-6
- 2e journée, remontada de 0-5 à 8-8 en 9e manche, puis de 9-13 à 13-13 en 12e manche contre Montpellier avant de s’incliner en 13e manche.
- 3e journée, mène 2-1 après 6 manches contre Toulouse avant de s’incliner en extra-inning.
- 4e journée, 0-0 après 6 manches contre Savigny, défaite 1-7
- Match en retard, 0-0 après 6 manches contre La Rochelle, 5-5 après 8 manches, 8-8 après 10 manches, défaite en 11e
À peu de choses près, le PUC pourrait très bien compter 3, voire 5 victoires. C’est justement ce peu de choses près qui fait mal. Ce sont d’abord de mauvaises exécutions, des courses ratées, de coureurs retirés sur bases, des gros coup-sûrs qui ne viennent pas et se transforment en retrait. C’est une relève qui ne parvient pas à fermer la porte. C’est une défense trop généreuse. Tout cela accumulé, finalement, ce n’est pas « peu de choses », c’est beaucoup à corriger. Mais, si on veut voir un instant la bouteille à moitié pleine, on peut espérer pour le PUC que les dés se mettent à rouler un peu en leur faveur, et que cette succession de défaites crève-cœur se transforme subitement en victoires qui permettent d’espérer.
Un peu de confiance, un peu de réalisme, un peu de chance aussi, c’est tout ce qu’il faudrait à coach Briggi et à ses hommes pour lutter pour la 7e place. Mais il faudra réagir vite.
Passons maintenant en haut du tableau. Justement le bourreau du PUC, La Rochelle, a mis de côté sa déception toulousaine de dimanche dernier. Le premier affrontement, après un nouveau très solide départ de Romain Krzykawiak, a démontré que les Rochelais avaient des ressources mentales et une attaque de feu (tous les partants ont frappé au moins un coup-sûr), à l’image d’un Vignollet qui ne dérougit pas depuis ses exceptionnelles performances au Challenge. Le match 2 a été maîtrisé, et ce qui est intéressant c’est que De La Rosa semble, après un début de saison compliqué, retrouver petit à petit toutes ses qualités. La Rochelle fait un beau leader, sans trop de faiblesses rédhibitoires, à l’exception peut-être d’une certaine timidité couplée à un manque d’efficacité sur les sentiers, seulement 10 vols de buts réussis en 17 tentatives.
2026 semble pour La Rochelle être l’année de la confirmation, ou plutôt de la progression. Les Boucaniers viennent de jouer leur première finale de Challenge, et ils ont la meilleure fiche de leur histoire après 10 matches avec 7 victoires (6 en 2025, 2024, 2019 ; 5 en 2022, 2021 ; 4 en 2023 ; 1 en 2018). Il reste un petit bémol, la capacité à gérer la deuxième partie de saison, qui fut très délicate ces deux dernières années. 8-13 et 7-11 après la 10e journée. Est-ce que La Rochelle va survivre à l’été, c’est un des points qu’il sera intéressant de suivre.

Les Rochelais sont premiers, mais ils ne devancent que de quelques pourcentages Savigny. Les Lions peuvent compter sur une attaque prolifique : ils sont la seule équipe avec 4 frappeurs de 10 RBI, ils possèdent le 2e OPS derrière les intouchables Barracudas. C’est parfois un peu plus délicat au pitching, mais Pena est sans doute le meilleur lanceur de ce début de saison (4-0, 1,29 ERA, 52 K en 35 manches). Le gros point noir reste la défense, avec déjà 31 erreurs commises (8 de plus de Béziers et La Rochelle) et seulement 2 doubles-jeux effectués. Ce qui fait toujours craindre un effondrement dans un match serré. Mais Savigny, comme toujours, est un adversaire compliqué à affronter, et semble en mesure de se frayer un chemin sans trop de difficultés vers les play-offs.
Cela dit, rien n’est joué avec 6 équipes qui se tiennent en 2 matches. Et d’ailleurs, quand on regarde ce classement, on constate que le tenant du titre est en dehors des séries. Les optimistes diront que Rouen n’est qu’à un match de la 1re place. Les réalistes constateront que les Huskies ont joué 2 matches de plus que Montpellier, Sénart et Toulouse et qu’ils ne peuvent plus se permettre de trainer en route, au risque d’une très grosse désillusion. Le problème principal des Huskies est simple à identifier. Depuis le départ de Mercadier, le pitching JFL est 0-3, avec une ERA douloureuse de 9,00 et un rapport K/BB catastrophique de 0,9. Rouen doit absolument trouver des solutions pour soigner cette fêlure. Il y a aussi un autre point problématique, le rendement offensif des étrangers. Prenons Brainville / Lebouc contre Nishikawa / Megumi. C’est .337, 4 HR, 28 RBI pour les 2 Français, .247, 3 HR, 15 RBI pour les 2 Japonais. Un déséquilibre qui affecte tout le line-up rouennais.
Une seule certitude, journée après journée, c’est que cette saison n’a aucun scénario écrit d’avance, que la plupart des matches sont le théâtre de joyeux rebondissements et qu’on ne s’ennuie pas sur les terrains de la D1. C’est au moins une bonne nouvelle.






