C’est la mi-saison, et le championnat semble doucement se scinder en trois groupes. Rien n’est encore figé dans le marbre, des remontées comme des baisses de régime peuvent encore se produire, mais il semble bien que Montpellier et Rouen (qui ont toutefois deux matches de plus) soient partis pour se livrer un spectaculaire duel pour la 1ère place, que Sénart, La Rochelle et Toulouse vont lutter pour les 2 autres places en demi-finale et que Béziers, Metz et Savigny vont se livrer à un combat farouche pour éviter la relégation.

Les trois derniers et les autres
Commençons par ce groupe. Savigny, sur son nuage, pensait avoir fait la très bonne opération. Cela a duré jusqu’à la 7ème manche du 2ème match contre Sénart. Mais la faiblesse de la relève des Lions, un problème récurrent depuis le début de saison, a coulé les espoirs de Savigny. Même Orozco n’a pas pu redresser la barre. Intouchable depuis le Challenge, le releveur n°1 des Lions est entré dans une situation, il faut le reconnaître, extrêmement compliquée : les bases remplies, et un seul point d’avance. Une balle passée donnait l’égalité, et Yorfrank Lopez frappait son 1er circuit en carrière pour donner la victoire aux Templiers. On ne peut pas vraiment blâmer Orozco, qui avait lancé 3 manches pour le save la veille, et qui entrait en jeu après qu’Hassed et Chevet aient concédé 5 buts sur balles, qu’une interférence du catcher soit venue compliquer la situation et que Kittrell, décidément peu inspiré, commette une erreur coûteuse. Savigny est passé tout près d’une double victoire qui aurait fait du bien, mais peut au moins se dire que l’arrivée de Pena (6 IP, 0 ER, 8 K) va totalement changer sa fin de saison. Du côté de Sénart, l’arrivée de Mathis Nayral va faire du bien. L’excellent lanceur (7K en 3 IP) a permis à son équipe de rester dans le match et donc de finir par s’imposer et de garder la tête du peloton des poursuivants.

Metz aurait pu aussi penser l’emporter deux fois. Les lorrains avaient fait le travail dans le 1er match, face à une équipe de Toulouse très handicapée par de nombreuses absences (A.Soriano, Delogu, Cegielski, Rojas, Garcia-Martinez, Navarro qui ne jouent pas, c’est du très lourd). En voyant A.Saumande envoyé au monticule dans le match 2, on a craint le pire pour les hommes de Randy Perez. Le jeune homme n’avait pas vraiment un CV ébouriffant comme lanceur (4 IP en D1 pour 11,25 de ERA, une sortie difficile contre Rouen en Challenge de France). Mais après une première manche délicate, il n’a plus rien donné aux lorrains, et son attaque, encore une fois emmenée par l’éternel Mendoza, a fait la différence.

Finalement, ceux qui ont fait la mauvaise opération, ce sont les Pirates, battus deux fois par Rouen, non sans avoir effectué une belle poussée en fin de match 1. Béziers a fait les frais du réveil des Huskies, mais conserve une petite longueur d’avance sur ses deux poursuivants. L’attaque des biterrois reste solide, mais le pitching, qui a donné 16 buts sur balles le week-end dernier, demeure très problématique. Ce qui semble certain, c’est qu’entre ces trois équipes, personne ne veut lâcher et que le maintien pourrait se jouer à un rien.

Les deux premiers et les autres
Puisqu’on parlait des Huskies, ils se sont un peu rassurés après un passage difficile. Gonzalez a été dominé, comme jamais cette saison, par les battes rouennaises, et on a retrouvé à la manœuvre Bastien Dagneau. Après une saison sans jouer et un début d’exercice miné par les blessures, le slugger a retrouvé ses sensations, en sortant deux fois la balle, ses 32e et 33e circuits en D1. Deux circuits, qui plus est, frappés dans deux passages à la batte consécutifs. Dans le match 1, un autre Huskies s’est mis en avant, Gabriel Harrison, qui a produit la bagatelle de 7 points, une performance très rare. Alors qu’il se murmure que les Huskies n’ont pas complètement terminé leur recrutement, et que de nouvelles têtes pourraient arriver pour finir la saison, Rouen a en tout cas réagi comme il le fallait dans un déplacement délicat.

Mais les Huskies n’ont pas pu rattraper Montpellier, qui continue d’impressionner. Les Barracudas ont dominé deux fois La Rochelle, non sans souffrir dans le premier match face au trio de jeunes lanceurs Krzykawiak – Hernoux – Perrois. La 9è manche aurait pu faire basculer le match, mais après avoir rempli les sentiers avec 2BB et un simple, Quinonez s’est réveillé et a fermé la porte avec 3K consécutifs. Dans le match 2, ce fut plus simple pour le leader, qui a pris la mesure d’un De La Rosa loin de son niveau de la saison passée. Bonne nouvelle pour Montpellier, le canadien Walters, qui restait sur un 0 en 12 (2 en 22 si on compte le Challenge) s’est mis en marche avec un double en 2e manche et un home-run en 3e. Les Barracudas ont cogné 25 hits dans les deux matches, leur pitching tient la route, il va falloir aller les chercher ! C’est plus inquiétant pour les Boucaniers qui décrochent petit à petit (2 victoires à leurs 8 derniers matches).
Mais absolument rien n’est joué, chaque week-end peut voir les certitudes de la semaine précédente être renversées.
F.C.
Crédits photographiques : Frédéric Volpato





