La fête du baseball français se déroule cette année à Toulouse et Boe Bon Encontre. On vous dit tout ce qu’il faut savoir pour profiter de la compétition.

La preuve par 7 ?
La donne a vraiment changé depuis que le Challenge est passé en 7 manches. Metz, aujourd’hui en D2, est allé deux fois en finale, Montigny a remporté le premier titre de son histoire et Savigny est allé décrocher un triomphe qu’il attendait depuis 13 ans. Pas de doute, le Challenge est devenu difficilement prévisible, s’apparentant à une boîte à surprises. Félicitations à ceux qui ont su en profiter, mais on peut regretter qu’une compétition qui offre un ticket pour une coupe d’Europe ne se joue pas en 9 manches. Au festival de Cannes, la Palme d’Or n’est jamais remise à un court métrage. On passe peut-être pour un rétrograde en disant que le baseball, c’est 9 manches, mais, jusqu’à preuve du contraire, c’est comme ça qu’il se joue. Il est certain que la majorité des rencontres ne change pas de direction après les 6 ou 7ème manche, mais jouer 2 innings de plus a son importance. Mais bon, c’est comme ça, on joue 7 manches, et c’est ainsi. Ironiquement, le Challenge avait été conçu pour préparer les clubs français à la gestion des épreuves européennes. Or, celles-ci se disputent toujours en 9 manches. On n’est plus à un paradoxe près dans notre bon vieux baseball français.

L’état de forme
Est-ce que les Lions et les Templiers, qui restent sur 4 victoires consécutives, sont les favoris pour cette édition 2026 ? Autrement dit, une équipe qui arrive en pleine forme au Challenge poursuit-elle sur sa lancée ? Ce n’est pas vraiment le cas si on regarde les 5 dernières éditions. En 2025, Savigny venait certes d’infliger un solide 8-1 à Rouen, mais restait sur un début de saison assez moyen (4-8). En 2024, Montpellier s’était incliné deux fois contre Toulouse, confirmant là aussi un début d’exercice peu convaincant (4-6). En 2023, Montigny venait de battre 2-0 le PUC, ce qui lui permettait de seulement atteindre le cap de .500. En 2022, Rouen avait partagé contre les Cougars. Et en 2021, alors que le Challenge avait eu lieu en septembre, Montpellier avait subi, contre Sénart, ses deux premières défaites de la saison (16-2).
La malédiction
On le répète chaque année : il ne faut pas organiser le challenge si on veut le gagner. Une seule fois en 20 éditions, le club local s’est imposé : Rouen en 2011. Il n’y eut que deux finalistes, Sénart en 2016 et Metz en 2025. Et dix éliminations au premier tour, soit une fois sur deux. On souhaite bonne chance aux toulousains.

Le passé
En parlant de Toulouse, le Challenge n’est guère leur tasse de thé : une finale perdue en 2007, cinq demi-finales pour une seule gagnée, pas de place dans le top-4 depuis 2016. Depuis leur retour en D1 en 2019, les toulousains n’ont jamais franchi le 1er tour, er restent sur une fiche de 1 victoire et 12 défaites. Avec 6 présences consécutives en demi-finale, Montpellier possède la meilleure série en cours. Les Barracudas ont 15 demi-finales à leur actif, autant que Rouen, le record appartenant à Sénart avec 16. Montpellier reste sur deux finales victoires, en 2021 et 2024, ce qui lui donne 3 succès sur 5 possibilités. Le record de succès est à mettre au crédit de Rouen : 15 finales /10 titres (9/3 pour Savigny, 8/4 pour Sénart). Mais les Huskies restent sur deux éliminations consécutives au 1er tour, ce qui ne leur était jamais arrivé auparavant. Sénart, qui restait sur 9 demi-finales consécutives, a aussi échoué au 1er tour l’an passé. Après avoir été 6 fois en finale lors des 7 premières éditions, Savigny a connu un creux de 7 ans, avant de jouer deux finales en 2022 (perdue) et 2025 (gagnée). Béziers s’est qualifié pour les ½ finales dès sa première participation. Enfin le PUC n’a pas disputé le Challenge depuis 2021 et n’a pas gagné de match dans cette compétition depuis 2015 (0-8 sur les quatre derniers Challenges joués).Les pucistes ont joué trois demi-finales, toutes perdues.

Et s’ils faisaient la différence ?
On attend que les stars, les internationaux, les recrues étrangères tirent leur équipe vers le titre. Mais des joueurs moins attendus auront un rôle à jouer dans la compétition.
Béziers : Eliott Limouzin. 3 doubles, 8 RBI (le 2è meilleur de son équipe), le champ extérieur est parfaitement positionné pour faire marquer les gros canons des Pirates. Il a été au cœur des deux succès contre Rouen, et son solide .357 avec des coureurs en position de marquer prouve qu’il sait frapper sous pression.
La Rochelle : Romain Kryzkawiak. L’indiscutable révélation au monticule de ce début de saison : 3 victoires, aucune défaite, une moyenne de points mérités de 2,91, il parvient constamment à maintenir les frappeurs hors d’équilibre, puisque malgré seulement 6 strike-outs, on ne frappe que pour .234 contre lui.
Montpellier : Jason Nayral. Ce n’est pas un début de saison idéal à la frappe (.184 seulement), ni en défense (déjà 5 erreurs). Mais débuter au poste très exposé d’arrêt-court au sein d’une équipe candidate au titre n’est pas simple. Il pourrait apporter beaucoup en fin de line-up et stabiliser le champ intérieur des Barracudas pendant le Challenge.
Paris UC : Julian Dussart. Il catche, joue 3è base, à l’arrêt court, occupe le premier ou le deuxième rang des frappeurs (.281, 3 triples), bref bon sang ne saurait mentir. Il est la bougie d’allumage d’une équipe en mal de résultats, et si il réussit à augmenter encore son niveau de performance, il pourrait amener ses partenaires à créer la surprise.
Rouen : Oscar Lebouc. Son excellent début de saison (1HR, 12 RBI, leader du championnat à ce chapitre), a été récompensé par son coach qui l’a installé contre La Rochelle au 4è rang. Le jeune homme a répondu avec une performance de 4 en 6, 2 RBI, 3 BB. Dans une équipe de Rouen qui se cherche, il est en train de prendre une vraie dimension.
Savigny : Luca Bernardi-Chiba. On l’avait vu briller au monticule en équipe de France 15U la saison dernière, il confirme qu’il sait ce que lancer veut dire avec 9K en 5,2 IP et aucun point mérité. Mais il brille tout autant en attaque avec .300 et 10 RBI en seulement 30 at-bats. IL rend le line-up des Lions encore plus dangereux.
Sénart : Lucas Landry. Un excellent début de saison, avec une moyenne de .308 et son premier home-run en carrière. Il a déjà frappé presqu’autant de hits (8) cette année qu’en 74 at-bats l’an passé (9). Il est capable de faire payer les BBI donnés aux gros frappeurs qui le précèdent dans le line-up, et aussi de rendre des services au monticule
Toulouse : Ivan Bamberger. Une des pépites du baseball français dont les débuts en D1 sont plus qu’intéressants, avec déjà 7 extra-bases hits et 8 RBI. Comme beaucoup de jeunes frappeurs, les strike-outs sont son point faible, mais il reste très dangereux en toute circonstance et très solide défensivement.
F.Colombier
Crédits photographiques : RX Club
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