L’équipe de Saint-Raphaël est devenue championne de France de softball, et ce pour la quatorzième fois de son histoire ! Avec un parcours maitrisé de bout en bout, les Comanches ont marqué de leur empreinte le championnat, et elles se sont offert le scalp des Pharaonnes en finale.
Une saison exceptionnelle
Avec 18 victoires pour seulement deux défaites, autant dire que les Varoises n’ont laissé que des miettes à leurs adversaires dans ce championnat.
Les Comanches ont fait preuve de solidité défensive : plusieurs matchs se sont terminés avec peu ou pas d’erreurs à l’instar des matchs contre les Panthères (9-0) et les Pharaonnes (7-0).
L’attaque n’a pas été en reste : l’équipe a souvent marqué un grand nombre de runs, avec des scores élevés comme 19-4 contre les Grizzlys et 17-2 contre les Panthères. Cette capacité à marquer beaucoup de points a été un facteur clé de leur succès.

Au niveau des lanceuses, notons la saison parfaite et impressionnante de Prapeng De Ridder : elle a été partante à 11 reprises pour un bilan de 11 victoires et aucune défaite. Ses performances constantes ont été cruciales pour l’équipe, avec des matchs comme le 7-0 contre les Pharaonnes et le 17-2 contre les Panthères. Farah Saidi a également réussi une belle saison avec 4 victoires et 1 seule défaite. Elle a été une lanceuse-clé, avec des victoires importantes comme le 19-4 contre les Grizzlys et le 16-1 contre le Cavigal. Sa seule défaite est survenue lors d’un match serré contre les Panthères (5-6).
Autres joueuses qui ont largement contribué à la mainmise des Comanches cette année : Inès Haudiquer et Pauline Prade. Ines a été très efficace avec une moyenne au bâton impressionnante de .616 et un pourcentage de puissance de .849. Pauline Prade, quant à elle, se distingue par son nombre élevé de points marqués (47).
Lena Sellam a également eu une saison remarquable avec une moyenne au bâton de .527 et un pourcentage de puissance de .855 et un pourcentage de présence sur les buts de .618.
L’équipe a également montré une excellente capacité à voler des bases, avec un taux de réussite de 92.6% (50-54). Inès Haudiquer a réussi tous ses vols de bases (9 sur 9), Laura Prade en a réussi 24 sur 26 tentatives.
Défensivement, l’équipe a un pourcentage de fielding de .934, supérieur à celui de leurs adversaires (.879).
Une série finale disputée
Comme en 2022, la série finale a vu s’opposer les Pharaonnes d’Evry-Courcouronnes aux Comanches de Saint-Raphaël.
Lors du premier match, les Comanches marquent leurs adversaires au fer rouge avec une cinglante victoire 8-2, avec une énorme deuxième manche et un solide match de Ines Haudiquer et Chiara Luna Enrione-Thorrand. Mais les Pharaonnes répondent en remportant le deuxième match 5-4 en manche de prolongation. Elles prennent même les devants en remportant le troisième match 4-2.
Mais la dernière journée voit les Comanches remporter les deux matchs. Le premier gagné 6-5 en manche de prolongation. Ines Haudiquer a été la joueuse la plus performante avec une moyenne parfaite de 1.000 pour ce match. Pauline Prade a également eu une excellente performance avec 2 coups sûrs et 2 points produits, en plus de 2 buts sur balles, Farah Saidi a montré une grande patience au bâton avec 3 buts sur balles.

Le second match a été remporté 3-0.
Ines Haudiquer a été élue MVP de la finale, grâce à ses performances exceptionnelles tout au long de la série.
Il était donc tout naturel de rendre hommage à la superbe saison d’Inès Haudiquer, qui nous a gentiment accordé une interview.

BTVF : Quelles ont été les qualités essentielles qui ont permis à l’équipe de faire la différence cette saison ?
Je dirais le collectif principalement. On s’est beaucoup réuni pendant toute la saison avec des week-ends d’entraînement. Au départ, c’était surtout pour souder et faire le ciment de l’équipe. Des soirées à faire des jeux, toutes ensemble, pour développer notre complicité. Et après le travail lors des entraînements. Une fois qu’on avait constitué le groupe c’était facile de s’entraîner et de performer.
BTVF : Quel a été le moment le plus mémorable de cette saison pour toi, ou qui résume cette saison ?
Je dirais peut-être le Challenge de France, en plein milieu de la saison. On aurait aimé faire plus à ce challenge mais bon, on sait que les compétitions sur une courte durée, c’est assez difficile d’y performer. Mais malgré ça, ça ne nous a pas découragé pour la saison et on a réussi à avoir de beaux matchs, en phase de groupe et en finale.
BTVF : Si l’on veut faire la fine bouche, quels points sont à améliorer pour la saison prochaine ?
Techniquement, je parlerais du bâton. Parce que c’est vrai qu’on a eu vers la fin de la saison des petits « trous » au bâton, on a eu du mal à faire les bonnes frappes au bon moment. Le bâton s’est un peu essoufflé alors que c’était censé être notre point fort.
BTVF : Tu as été élue joueuse MVP de la finale, comment t’es-tu préparée mentalement et physiquement pour la finale, est-ce que ça a été différent par rapport au reste de la saison ?
Il y a toujours un petit peu de stress et d’enjeu, on essaye de se dire qu’ on a performé toute la saison ou du moins, on a essayé de faire du mieux possible. Personnellement, je comptais laisser couler parce que je me suis dit que ce n’était pas le moment de corriger des choses. Pendant la finale, je comptais sur l’acquis de cette saison, laisser rouler la machine on va dire.

BTVF : As-tu un rituel d’avant match ?
De rituel, pas vraiment, mais j’ai mes habitudes. Je m’habille toujours dans un ordre précis : ma coudière, mes gants et mon casque. Sinon, avant chaque match, on met de la musique, un peu de tout ce qui bouge, tout ce qui peut nous mettre de bonne humeur et nous permettre de nous faire bouger et de nous mettre en train pour entrer dans le match.
BTVF : Quels sont les objectifs pour la prochaine saison ?
Comme on a gagné le championnat, je dirais avoir de bons résultats en Coupe d’Europe et de continuer sur la lancée ; et garder le titre pour nous permettre de rejouer la Coupe d’Europe l’année d’après et ainsi de suite !
BTVF : Tu étais de l’équipe championne de France en 2019, comment aborde-t-on une saison où l’on a un titre à défendre ? L’aborder dans la peau d’un favori, est-ce différent d’une saison lambda ?
Oui c’est différent. On a perdu la finale en 2022, on finit troisième en 2023, donc il y a eu un break avec la dernière année où on a été championnes. Quand on est championne en titre, on sait ce que ça fait, la sensation, on veut y gouter de nouveau. Être le favori, ça reste toujours beaucoup, beaucoup de travail pour pouvoir arriver là où on est et y rester.
BTVF : Retour à froid de l’Euro disputée le mois dernier à Utrecht, quel bilan global tires-tu de tes performances et de celles de l’équipe ?
A titre personnel, j’ai été très contente de mes performances au bâton. Au niveau de l’équipe, j’ai senti qu’on était un groupe soudé et dans l’équipe de France c’est un moteur énorme. Après, moi, je marche beaucoup à tout ce qui est collectif, cohésion un groupe, je pense que ça peut nous faire aller très loin. On aurait aimé battre l’Espagne pour nous permettre d’atteindre le top 6, ça a été une grosse déception !
BTVF : La France termine effectivement à la 7ème place, quel est, selon toi, le palier à franchir pour grimper dans l’ordre européen et mondial ?
Il faut grimper les échelons les uns après les autres. Le Top 6, ce serait bien d’y rentrer ! Une fois qu’on est dans le top 6, c’est déjà une réussite ! Il faut ensuite continuer à pousser pour aller plus haut. Si on se prépare plus chaque année et qu’on pousse nos limites, on aura plus de chances d’atteindre nos objectifs ! Le softball est un sport d’expérience, on le sait, donc il faut travailler individuellement et collectivement. Enchainer les matchs de haut niveau, ça nous prépare beaucoup mieux à être prêtes au bon moment.
Sébastien Dondé




