Les deux derniers weekend de compétition en Division 2 ont été lourdement impactées par l’épisode caniculaire sévère, contraignant la ligue à annuler ou reporter la grande majorité des rencontres. Sur les quelques terrains où le jeu a pu être maintenu, la chaleur accablante semble avoir épuisé les lanceurs bien plus vite que les frappeurs. Les box scores des trois séries disputées révèlent des affrontements particulièrement déséquilibrés, marqués par des faillites défensives et des festins offensifs d’une rare intensité.

MONTIGNY COUGARS vs MONTPELLIER 2 BARRACUDAS :
La confrontation entre Montigny et la réserve de Montpellier a mis en lumière la différence de profondeur et de rigueur entre un prétendant au titre et une équipe du bas de tableau. Les Cougars n’ont laissé aucune chance à leurs adversaires, capitalisant impitoyablement sur le déchet défensif héraultais.
Match 1 (MON 11 – 4 MTP) :
Le succès de Montigny s’est construit autour d’une nouvelle performance XXL de Ricky Jon Deeble. Sur le monticule, l’as francilien a de nouveau prouvé sa capacité à absorber les manches en signant un complete game (7.0 IP). Il sécurise la Victoire en ne concédant que 3 ER sur 5 H, tout en dominant la zone avec 9 SO. La dynamique a été radicalement différente pour le partant héraultais Noé Niepceron-Agrelo, qui hérite de la Défaite après avoir cédé 5 runs (dont 3 mérités) en seulement 3.0 IP.
L’attaque des Cougars n’a pas eu besoin de forcer son talent, se contentant d’exploiter les 3 erreurs de la défense de Montpellier pour creuser l’écart. L’effort offensif a été parfaitement réparti : Victor Polo (1B) et Kiyoshi Grisot Garbacz (LF) ont chacun produit 2 RBIs. Fait marquant de cette rencontre, Ricky Jon Deeble a également excellé dans la boîte des frappeurs en compilant 2 H et 2 RBIs, incarnant à lui seul la supériorité de son équipe.
Match 2 (MTP 4 – 14 MON) :
L’après-midi, Montigny n’a fait qu’accentuer la pression pour valider un sweep bouclé en 5 manches par la “mercy rule”. Le lineup a pilonné les lanceurs de Montpellier avec 10 H, tout en profitant de l’effondrement total du fielding adverse qui a commis 4 erreurs supplémentaires. Le bas et le milieu de l’alignement ont été les moteurs de cette victoire : Hector Velasquez (SS), Valentin De Carrois (3B/RF) avec un 3B, et Ricky Jon Deeble (DH) ont tous frappé 2 H et récolté 2 RBIs chacun.
Sur la butte, la gestion du pitching staff de Montigny a été optimale. Wyatt Nouhaud (P) a assuré le départ avec 3.0 IP pour 3 ER. C’est ensuite le releveur Victor Polo (P) qui s’adjuge la W avec 2.0 IP de relève parfaite sans concéder le moindre point. Côté Montpellier, Corentin Deleau (P) prend la L après une sortie douloureuse de 2.2 IP où il a encaissé 9 R, dont seulement 4 étaient mérités, symbole du manque cruel de soutien de sa défense.
MEYZIEU-DÉCINES CARDS vs BRÉAL-SOUS-MONTFORT BLACK PANTHERS :
Dans une série amputée de son deuxième match à cause de la chaleur, la seule rencontre disputée a confirmé la solidité des fondamentaux de Meyzieu-Décines face à une équipe bretonne fragilisée par son jeu défensif.
Match 1 (MDC 7 – 3 BRE) :
Les Cards savent comment gagner ce type de match serré : en s’appuyant sur leur ace. Martin Lavergne a offert une véritable clinique de stabilité en lançant un complete game (7.0 IP). Économe et précis, il s’octroie la W en limitant les dégâts à 2 ER sur 5 H, assortis de 4 SO. Cette constance sur le monticule a permis à l’attaque de Meyzieu de construire sa victoire sereinement, portée notamment par Carlos Eduardo De Oliveira Gomez (CF) qui a produit 2 RBIs sur 2 H.
Le contraste fut saisissant pour les Black Panthers. Le partant Louka Renaudin hérite de la Défaite avec 5 runs concédés en 4.0 IP, peinant à trouver son rythme. Si l’offensive bretonne a tenté d’exister par fulgurances, à l’image des 2 hits de Melvine Guesdon (1B) et du RBI de Jules Fontaine (CF), les 4 erreurs commises par le fielding de Bréal ont plombé toute tentative de remontée, offrant trop d’ouvertures à des Cards qui n’en demandaient pas tant.
(Le Match 2 de cette série a été reporté).

ROUEN 2 HUSKIES vs MONTPELLIER 2 BARRACUDAS :
Lorsque deux équipes en difficulté sur le monticule se rencontrent dans des conditions extrêmes, les tableaux d’affichage ont tendance à exploser. La série entre la réserve des Huskies et celle des Barracudas a offert un spectacle déroutant où les défenses et les bullpens ont totalement volé en éclats.
Match 1 (ROU 18 – 14 MTP) :
Avec 32 runs marqués au total, ce match a été un véritable festin offensif. Dès les premières manches, il est apparu clair que le pitching ne serait qu’une formalité. Le starter rouennais David Casey a sombré d’entrée, chassé après seulement 1.0 IP avec 3 ER. Dans ce chaos, le reléveur Matteo Manaranche (P) est devenu le héros inattendu des Huskies, parvenant à sécuriser la W en stoppant l’hémorragie : il lance 2.1 IP sans concéder le moindre run (0 R) sur 1 seul H.
L’attaque normande a capitalisé sur l’effondrement du bullpen héraultais, avec un Jeremy O’Brien (RF) destructeur auteur de 2 H, d’un 2B et de 4 RBIs. Côté Montpellier, malgré la puissance d’Elvis Briceño (SS) qui a claqué un HR et accumulé 3 RBIs, les lanceurs de relève ont coulé. Ali Mehdi prend la L en accordant 4 ER en 2.0 IP de travail, illustrant la difficulté de Montpellier à conserver une avance.
Match 2 (MTP 22 – 9 ROU) :
L’après-midi, Montpellier a canalisé sa frustration pour infliger une véritable correction à Rouen et arracher un split bien mérité. Le pitching normand a rendu les armes immédiatement : le starter Lucas Laval Quesney a vécu une sortie catastrophique, retiré après 0.1 IP avec 5 ER déjà au compteur. Les Barracudas n’ont pas desserré l’étreinte, accumulant un total de 21 H sur l’ensemble de la rencontre. Loïc Cyprien (2B) s’est illustré avec 3 H et 2 RBIs, pendant que Timofei Drean (3B) produisait 3 RBIs cruciaux.
La décision la plus surprenante, mais payante, fut la gestion de Corentin Deleau sur le monticule de Montpellier. Malgré 9 R encaissés, le staff l’a laissé terminer le complete game (6.0 IP). Ce choix stratégique d’économiser le bullpen s’est avéré payant grâce au gigantesque run support de son équipe, offrant la W au lanceur héraultais. Pour Rouen, la belle performance individuelle d’Adriano Terlizzi (3B), auteur de 3 H, dont un triple, et 2 RBIs, est restée anecdotique face à l’ampleur du naufrage collectif.

Crédit photographique : Hiep images
Matteo Van Parys






