La D1 féminine est arrivée ce week‑end avec son lot d’enjeux. Tout en haut, Saint‑Raphaël avance comme une armée disciplinée, huit victoires en huit matchs, un pourcentage parfait qui ferait pâlir n’importe quel staff technique. Juste derrière, Évry‑Courcouronnes et Pessac campent à égalité, six victoires chacune, prêtes à bondir à la moindre faille des Comanches.
Plus bas, Colombes et Grenoble partagent le même bilan, deux victoires pour six défaites, deux équipes qui jouent mieux que leur classement ne le laisse croire, mais qui doivent maintenant transformer les intentions en résultats. Et puis il y a Nice, toujours en quête d’un premier succès, une équipe qui n’a plus rien à perdre et qui peut devenir le grain de sable dans les rouages de n’importe quelle adversaire.
Des confrontations pour des enjeux différents : qui pour la lutte pour le trône, qui pour la bataille pour rester dans le trio de tête, qui pour la survie sportive.
Certaines équipes peuvent confirmer leur statut. D’autres peuvent tout relancer. Et une seule certitude plane au-dessus de cette journée : rien n’est figé, rien n’est acquis, et les dynamiques peuvent exploser en plein vol.
Les matchs ne diront pas encore qui sera championne. Mais ils diront clairement qui en a le droit.

Wildcats vs Grizzlys
MATCH 1 — Colombes 7-6 Grenoble
Colombes n’a pourtant frappé que cinq hits, mais chaque apparition au bâton a constitué une menace et les Wildcats se sont nourries des erreurs grenobloises.
Garance Viguier ouvre les hostilités en marquant deux fois, avec 1 hit, 1 walk et surtout deux bases volées qui mettent immédiatement la pression. Nadia Dozova traverse le match comme une ombre insaisissable : un hit, trois passages gratuits, aucune élimination au bâton, une présence constante sur les sentiers.
Mais la pièce maîtresse, c’est Micha Labatut. Elle signe un match d’une propreté clinique : 1 hit, 1 RBI, 1 double, 1 walk, 1 balle reçue, 1 base volée, 1 sacrifice offensif. Elle ne force rien, mais elle fait tout. Estelle Meyer ajoute un RBI, tandis que Christina Poley produit deux points sans frapper un seul hit, uniquement grâce à son sens du timing et à un sacrifice parfaitement exécuté. Shahineze Souici complète l’œuvre avec un RBI et un hit opportun.
En face, Grenoble frappe plus fort. Victoria Biteur cogne deux doubles, produit un point, vole une base et totalise quatre bases offensives. Hermine Boudousq marque trois fois, frappe deux hits et obtient un walk. Shirley Patin, patiente et dangereuse, ajoute un hit, un RBI, deux walks et un double. Kristyna Korousova frappe deux hits et produit un point, Justine Liardet en ajoute deux autres avec un simple parfaitement placé. Mais tout cela reste insuffisant : trop d’erreurs défensives, trop de points donnés.
Khaleesi du Match 1 : Micha Labatut. Parce qu’elle a incarné la maîtrise totale : produire, avancer, provoquer, organiser.

MATCH 2 — Colombes 13-2 Grenoble
Garance Viguier continue sa moisson : trois hits en trois passages, un triple envoyé en pleine puissance, deux points marqués, un RBI, une base volée. Cinq bases offensives à elle seule.
Nadia Dozova l’imite avec un parfait trois sur trois. Micha Labatut poursuit son week‑end impérial avec deux nouveaux hits. Isabelle Leboeuf marque deux fois, produit deux points, vole une base et ajoute un hit solide. Christina Poley frappe deux fois, produit deux points et claque un triple qui transperce la défense. Oriana Alvarado, Marie Ten Eyck et Shahineze Souici ajoutent chacune leur contribution, entre doubles, RBI et présence constante sur les sentiers.
Au monticule, Estelle Meyer verrouille tout : trois manches sans le moindre hit concédé, un seul point non mérité, deux retraits au bâton. Laurie Saurat termine proprement derrière elle. Grenoble n’existe que par un éclair : le double de Kristyna Korousova, qui produit un point. Trop isolé pour changer quoi que ce soit. Colombes déroule et impose son rythme.
Khaleesi du Match 2 : Garance Viguier. 3 hits, 1 triple, 1 RBI, 1 vol de base… elle a mis le feu à chaque passage.
Cavigal vs Comanches
MATCH 1 — Nice 4-18 Saint-Raphaël
Le premier match n’a pas vraiment laissé place au doute. Saint‑Raphaël frappe quatorze fois, produit douze points, claque des doubles, des triples, un home run. Nice, de son côté, essaie d’exister dans ce match : 4 hits mais concède dix-huit points, dont quatorze mérités, en quatre manches.
Le match commence avec Pauline Prade qui met immédiatement le ton : deux hits, quatre points marqués, deux points produits, un double, une balle reçue, et même une balle touchée.
Derrière elle, Lisa Carmen Vieira signe l’un des matchs les plus impressionnants de la saison : quatre hits en quatre passages, cinq points produits, un double, un triple, un home run, dix bases offensives. Une performance XXL.
Inès Haudiquer ajoute trois hits, trois RBI, deux triples et deux bases volées et Marjorie Brunel produit un point, Elsa Munier frappe deux hits, marque deux fois et ajoute un double, tandis que Sofia Hammacott et Agathe Sagory complètent le tableau avec des hits et des courses agressives.
En face, Nice tente de rétorquer. Christelle Giret frappe un hit, marque un point et produit le seul RBI niçois du match. Emma Ledin ajoute un hit et vole une base. Sandra Rousselot frappe un simple propre. Amandine Bertrand signe un hit solide et marque un point. Mais la défense craque de toutes parts : trop d’erreurs, trop de lancers approximatifs, trop de relances tardives. Amandine Bertrand encaisse quatorze points mérités en quatre manches, malgré trois retraits au bâton.
Khalessi du Match 1 : Lisa Carmen Vieira. 4 hits, 5 RBI, 1 double, 1 triple et 1 home run, une prestation énorme !

MATCH 2 — Nice 0-13 Saint-Raphaël
Le deuxième match n’a pas offert plus de résistance. Saint‑Raphaël frappe quatorze fois, produit dix points, et ne concède pas un seul point en sept manches. Nice, elle, ne frappe que quatre fois et ne parvient jamais à enchainer les bonnes phases.
Pauline Prade recommence son numéro : quatre hits, trois points marqués, deux RBI, un double et un home run. Huit bases offensives. Une performance miroir du premier match, comme si elle avait décidé de rejouer la même partition. Lisa Carmen Vieira poursuit son festival avec trois nouveaux hits et deux RBI. Inès Haudiquer ajoute un hit, deux walks et deux points marqués. Marjorie Brunel frappe un simple, Chiara Enrione-Thorrand obtient un walk, Elsa Munier claque un hit et produit deux points, Agathe Sagory frappe deux hits et produit un point, et Raphaella Morius ajoute un hit et trois RBI. Une attaque qui ne laisse aucun répit.
En face, Nice vit un match long, très long. Christelle Giret frappe un simple, Sandra Rousselot signe deux hits et un walk, Amandine Bertrand claque un double en fin de rencontre. Mais c’est tout. Douze retraits au bâton subis, aucune course, aucune séquence dangereuse. Léa Aït Benali encaisse neuf points mérités en six manches, malgré six retraits au bâton. La défense multiplie les erreurs, les relances approximatives et les hésitations.
Et pendant ce temps, Elise Buvat réalise un match parfait au monticule : sept manches, quatre hits concédés, aucune course, trois marches, douze retraits au bâton. Une domination froide, propre, implacable.
Khaleesi du Match 2 : Pauline Prade. Parce qu’elle a frappé partout avec une précision clinique : 4 hits, 3 runs, 2 RBI, 1 double et 1 home run

Pharaonnes vs Panthères
On annonçait cette double confrontation comme l’affiche de la journée, et elle a tenu toutes ses promesses !
MATCH 1 — Évry-Courcouronnes 8-1 Pessac
Lors du premier match, Évry frappe douze fois, produit huit points, vole trois bases, et ne laisse jamais Pessac installer le moindre rythme
Ambre Brouard ouvre le bal avec un match monumental : cinq hits en cinq passages, un double, un RBI, un vol de base, six bases offensives.
Sirena Salazar ajoute un hit, Rosalie Coste frappe un simple, marque deux fois et obtient un walk, tandis que Lila d’Hauteville signe un match de patronne : deux hits, un double, cinq points produits, un but sur balles, trois bases offensives.
Emma Liminier ajoute un hit et un RBI, Océane Lecourt Milliet frappe un simple et obtient un walk, et Lisa Anaïs Papoin complète la partition avec un hit, un double, un RBI, un walk et deux bases volées.
Au monticule, Rosalie Coste verrouille tout : six manches, six hits concédés, un seul point mérité, quatre retraits au bâton. Une prestation solide et parfaitement contrôlée.
En face, Pessac répond par intermittence. Isaure Gourgue frappe un hit, marque le seul point des Panthères et obtient deux walks, tout en volant deux bases. Camille Riera signe deux hits dont un double, Mailys Ruau et Marion Travers ajoutent chacune un simple. Mais la défense a des largesses : erreurs, relances tardives, hésitations. Laurence Cornaille encaisse huit points mérités en cinq manches malgré un match courageux.
Khaleesi du Match 1 : Ambre Brouard. 5 hits, 1 double, 1 RBI, 1 vol de base, une omniprésence absolue.

MATCH 2 — Évry-Courcouronnes 0-1 Pessac
Le deuxième match raconte une toute autre histoire. Après avoir subi la loi des Pharaonnes, Pessac revient avec une autre détermination. Le match se transforme en duel de lanceuses, un bras de fer où chaque base devient un enjeu et chaque erreur un risque mortel.
Évry, cette fois, ne trouve pas la clé. Deux petits hits seulement : un simple de Lila d’Hauteville, un autre d’Emma Liminier. Lisa Anaïs Papoin obtient un walk, d’Hauteville et Papoin volent chacune une base, mais rien ne passe. Les Pharaonnes laissent neuf retraits au bâton derrière elles, incapables de briser la carapace défensive de Pessac.
Et cette carapace, c’est Louise Le Chenadec qui la forge. Sept manches complètes, seulement deux hits concédés, aucune course, neuf retraits au bâton, un calme glacial. Elle étouffe Évry, frappe après frappe, manche après manche.
Pessac, de son côté, joue le match parfait : trois hits seulement, mais un point qui change tout. Laurence Cornaille frappe un double, Alexandra Just ajoute un simple, Isaure Gourgue signe un hit et un sacrifice, et Gabrielle Pedarzacq produit le seul RBI du match. Un point arraché dans un match où chaque centimètre a compté.
La défense des Panthères tient bon malgré deux erreurs, et surtout, elle ne rompt jamais. Une performance collective qui tranche avec le premier match.
Khaleesi du Match 2 : Louise Le Chenadec. 7 manches, 2 hits concédés, 9 retraits au bâton. Une partition de lanceuse qui n’a laissé aucune place au doute.

La première moitié du championnat est désormais passée. Désormais, chaque équipe entre dans la partie du calendrier où les illusions meurent et où les ambitions se révèlent.
Lors de la prochaine journée, le 10 mai, les Pharaonnes d’Évry‑Courcouronnes se rendront à Colombes, un voyage qui a tout d’une expédition dans un territoire imprévisible. Les Wildcats, fières et indomptables, n’ont jamais accepté de plier le genou, et Évry sait qu’un faux pas pourrait coûter plus qu’un simple match.
Au même moment, les Comanches de Saint‑Raphaël, invaincues et redoutées comme une armée dothrakie, chevaucheront vers Grenoble. Les Grizzlys, elles, vendront chèrement leur peau et parfois, c’est dans ces terres-là que les géants tombent.
Enfin, Nice voyagera jusqu’à Pessac, où les Panthères attendent, tapies dans l’ombre, prêtes à bondir. Le Cavigal n’a plus rien à perdre, et les équipes sans chaînes sont souvent les plus dangereuses. Les Panthères le savent, et elles ne laisseront rien au hasard.

Sébastien Dondé.
Crédit photos : réseaux sociaux des clubs ; design résultats et classement : Matteo Van Parys.





