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Bilan 14ème journée

On y est : la saison régulière a rendu son verdict. Enfin, pas tout à fait. Il reste un Savigny – Toulouse en retard à caser d’ici le début des demi-finales. Un match dont le résultat n’aura pas d’influence sur l’affiche des demi-finales, mais sur la 5è / 6è place, ce qui reste relativement anecdotique, même si la composition des poules du Challenge de France en dépend. Le match est programmé dimanche 3 aout, il faut que Toulouse se déplace, car en cas de forfait, le stade perdrait sa 3è place au profit de La Rochelle.

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En attendant, première certitude, Metz est relégué après cinq saisons en D1. Les Cometz sont tombés les armes à la main, avec une dernière victoire qui restera dans les mémoires, un match totalement fou contre La Rochelle, 31 points marqués dans les trois premières manches, un extra-inning, et un dernier coup sûr de Pastran qui donne la victoire. Il ne faut pas oublier le match de sa vie disputé par Axel Hansch, 4 coups-sûrs dont 3 doubles, 5 RBI (2è meilleure stat de la sa saison), un game score de 72,25 qui lui donne la 7è meilleure performance offensive de D1 cette année. Cette victoire incroyable n’enlèvera certes pas le goût amer de la descente, après 6 saisons de D1, 50 victoires contre 86 défaites en saison régulière, 19 victoires 13 défaites en play-downs, une place en demi-finale qui n’aura tenu qu’à une défaite sur tapis vert la saison dernière et deux finales consécutives du Challenge de France, ce que seuls Rouen, Savigny et Sénart sont parvenus à réaliser. Qu’aura-t-il manqué à Metz ? Un pitching JFL un peu trop défaillant, avec Mathéo Launay en-dessous de ses performances 2024, un bas d’alignement pas assez performant et trop souvent retiré sur trois prises, un A.Paredes qui finit avec 1-8 et 4,62, lui aussi sur la pente déclinante. Peut-être que si Pastran et Brantley avaient été présents dès le début de saison (celui-ci fut catastrophique, 1 victoire dans les 9 premiers matches), Metz aurait pu aller chercher une ou deux victoires supplémentaires, mais le monticule lorrain a été un trop gros point faible. Metz a les moyens de rebondir, et on peut penser que la D1 a besoin d’une organisation comme celle des Cometz.

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Béziers termine 7è. Au départ, c’est plutôt une bonne performance, puisqu’on peut penser que le maintien figurait au 1er rang des priorités. Les Pirates terminent avec une fiche de .367, ce qui est mieux que la moyenne des promus depuis 2022, qui est de .314. Mais il était temps que la saison se termine pour Béziers, qui n’a remporté que 2 de ses 11 derniers matches, après nous avoir enthousiasmés tout au long de la saison. On les voyait même pendant plusieurs semaines partis pour la gloire, qualifiés pour les demi-finales et donnant les plus grandes difficultés du monde à leurs adversaires. Mais Béziers a clairement manqué d’essence, l’absence de Debonville n’aidant pas pendant les 4 dernières journées. Mais Béziers a apporté une véritable fraîcheur tout au long de la saison, et aura sans doute beaucoup appris pour repartir encore plus fort en 2026. Il faudra bien sûr que l’attaque et le pitching JFL progresse pour tenir la barque, car à trop dépendre de recrues étrangères on prend parfois trop de risques. Mais on n’oubliera pas la révélation de l’année, un Lucio Keurinck qui a fait écarquiller les yeux de tous ceux qui l’ont vu jouer, et qui sera certainement le leader de Béziers pendant plusieurs saisons.

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En remontant le classement, on tombe sur des Templiers qui s’en sont sortis de peine et de misère, après un début de saison satisfaisant. La suspension de Lopez et de do Carmo a totalement plombé le club, et la relève se fait attendre, même si Camara a montré de belles choses. Les meilleurs Templiers ont certainement été les vétérans Brown et Mayeux, ce qui n’est pas surprenant, mais n’est pas forcément bon signe pour la suite.

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Savigny a réussi sa saison en gagnant le Challenge et en se qualifiant pour la Coupe d’Europe. Mais les Lions ont été trop courts pour aller chercher une place en séries, malgré les efforts d’un Acuna toujours aussi impressionnant, de Coste qui a connu sa meilleure saison, les flashes montrés par Désir et les performances surprenantes et enthousiasmantes de Nunez. Les 5 premiers matches perdus pour commencer l’exercice 2025 ont pesé trop lourd pour espérer mieux.

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La Rochelle se qualifie pour les ½ finales pour la deuxième fois de son existence et la première depuis 2022 (défaite 0-3 contre Savigny). Les Boucaniers ont parfaitement géré la fin de saison qui les a vus affronter des équipes de bas de classement : 5-1 dans les six derniers matches, c’est la preuve du mental des hommes de Pablo Ossandon. La saison a été très contrastée : euphorique au début, avec 5 victoires en 6 matches, inquiétante par la suite, 2 victoires en 10 matches, en accélération pour finir, 7 victoires en 10 matches, avec comme déclic un balayage de deux walk-offs contre Rouen. On gage d’ailleurs que les Boucaniers auraient beaucoup aimé retrouver les Huskies en demi-finales. La Rochelle s’est appuyée sur une attaque solide où Johnston et Pena ont brillé, et où un Briones se retrouve en fin de saison (.346 à ses 11 derniers matches, .210 avant). On saluera le retour de Crawford qui a rajeuni après une saison difficile et on remarquera que Laufenbuchler est le porte-bonheur des Boucaniers : quand il frappe au moins un coup sûr, La Rochelle a 12 victoires et 3 défaites. Au monticule, si l’expérience Canelon a tourné au fiasco, De La Rosa, après quelques sorties difficiles et des problèmes de contrôle, retrouve ton son allant en fin de saison (1,02 de ERA à ses 8 derniers matches), et Perrois montre quelques promesses intéressantes. La Rochelle a battu deux fois Montpellier, c’était certes il y a longtemps, lors de la 1ère journée, mais cette double victoire est certainement ancrée dans la mémoire des Boucaniers qui ne feront aucun complexe face au leader.

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À la troisième place, Toulouse a bien géré sa saison, sans tempêtes (jamais plus de 3 défaites de suite) ni euphories (jamais plus de 3 victoires de suite). Le Stade confirme qu’il appartient à l’Élite de la D1, avec une troisième qualification consécutive en demi-finale, et semble armé pour franchir une étape supplémentaire. Toulouse a été très handicapé tout au long de la saison par les blessures et les absences, mais n’a rien à craindre de personne une fois au complet. Mais on ne sait pas si ce sera le cas pendant les séries, Blancot, Navarro, Saumande étant appelés à traverser l’Atlantique. Toulouse se repose en tout cas l’efficacité éternelle de Mendoza, un des meilleurs frappeurs du championnat et sur le danger que représente Soriano, sur les progrès très nets de Baisse-Depontieu et de Cegielski, sur pas mal de solutions au monticule. Rouen devra se méfier.

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Les Huskies ont bien terminé la saison : 11 victoires à leurs 14 derniers matches, ils sont même revenus à hauteur des Barracudas, ce qui n’était pas évident après leur double défaite à Veyrassi. Les Huskies auraient pu courber la tête après le départ surprise de leur ace, Bellina. Ils l’ont au contraire relevé, et se montrer fort dans l’adversité est généralement bon signe avant les matches décisifs. Tout semble se mettre petit à petit bien en place dans le moteur rouennais, chacun se met à contribuer, et la culture de la victoire semble continuer à couler dans les veines des Huskies. Le line-up des Huskies n’est pas reposant pour les lanceurs adverses, la défense est très solide, le pitching a de la profondeur. On le dit depuis plusieurs années, et cela reste vrai : pour être champion, il faut battre Rouen. Et ce n’est pas fait d’avance.

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Mais pour être champion, il faudra aussi (et surtout) battre Montpellier. Cela demande de résoudre plusieurs équations. La première, indispensable, c’est de gagner à Veyrassi. Personne n’y est parvenu cette année : Montpellier est 14-0 à domicile, y frappe pour .345 et y lance pour 2,25. C’est une forteresse à prendre, et rien n’indique que quelqu’un y parviendra. La seconde, c’est de faire taire Brossier et Flores. On pourrait citer d’autres noms, car l’attaque de Montpellier est très complète, mais ces deux-là sont totalement inarrêtables. Ils finissent tous les deux avec un OPS supérieur à 1.000, et on ne retrouve à ses hauteurs qu’Acuna (Brantley n’a pas assez d’at-bats). 50 hits, 47 RBI, 19 bases volées, 24 extra-bases hits à eux deux, c’est généralement autour de performances individuelles de cet ordre qu’on bâtit un titre. La troisième, c’est réussir à dominer la relève des Barracudas : Ozanich et Quinonez ferment la porte avec beaucoup d’autorité, et Montpellier a souvent réussi à renverser la vapeur en fin de match ces dernières semaines.

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La première place de la saison régulière ne garantit toutefois rien. Sur les 22 dernières saisons, il n’est arrivé que 12 fois que le 1er soit également champion. Et puis si on regarde les confrontations entre les 4 qualifiés, on voit que c’est très disputé : 7-5 pour Montpellier, 6-6 pour Rouen et La Rochelle, 5-7 pour Toulouse. Alors, on peut rêver de belles demi-finales, des retournements de situation, des extra-innings, du baseball passionnant au cœur du mois d’août. On n’attend que ça.

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F Colombier

Credit Photo : RS Clubs

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