Les émotions et les erreurs

C’est une rencontre avec beaucoup d’émotions, d’exploits et de retournement de situation qui a fait l’évènement ce week-end. Pas en haut du tableau, non, mais ça on y reviendra. Mais dans cette lutte sans merci pour la 8ème place. Metz est allé au bout du courage une victoire qui pourrait s’avérer déterminante et Béziers, trahi par sa relève, a laissé passer l’occasion de son donner un peu d’air. Menés 4-6, les Cometz ont réussi une double poussée de trois points pour prendre les devants, mais ils ont souffert jusqu’à la fin, Béziers ayant deux coureurs sur les sentiers avant le dernier retrait.
Il faut s’arrêter un instant sur le début de saison du promu, et surtout de son attaque de feu. Collectivement, ça frappe de partout. ¬6 matches avec au moins dix coups-sûrs, seul Rouen a fait mieux avec 7. D’ailleurs, Béziers est dans la roue des Huskies : 2ème en average, slugging, on base, autant de doubles que le leader du championnat et deux points marqués de plus. Individuellement Pilar et Meza sont les seuls frappeurs à avoir au moins un coup-sûr dans chacun des 10 matches joués depuis le début de saison. Mais il ne faut pas croire que ce sont seulement les imports qui font la différence. Surjus a signé un superbe 4 et 5 contre Metz et Keurinck a fait encore mieux avec son 5 en 6 (3 RBI) contre Savigny. Heureusement pour les adversaires que le pitching JFL est un peu moins dominant (même si ce sont Brown et Lira qui n’ont pas pu tenir le résultat dimanche dernier), sinon Béziers serait presque injouable.

Metz a donc pas mal de mérite à s’être sorti du piège des Pirates, et doit dire un grand merci à sa cellule de recrutement qui a fait arriver la semaine dernière Cameran Brantley et Beyker Pastran. Sans eux, Metz n’aurait peut-être pas renversé la vapeur. À eux deux, c’est 6 en 12, 2 RBI, 6 buts sur balles, 3 bases volées sur le week-end. Mais c’est surtout cette 8è manche du 2è match dont on se souviendra. Pastran livre un duel de 9 lancers face à Lira pour soutirer un but-sur-balles. Puis, 4 frappeurs plus tard, alors que Metz a pris les devants 7-6 sur le ballon sacrifice de Launay, Brantley se présente à la frappe avec Ruiz sur les sentiers. Lui aussi monte à un compte-complet. Lui aussi atteint le 9è lancer. Mais celui-là, il le propulse loin dans la droite pour un circuit de 2 points. Bienvenue en France ! Il serait réducteur bien sûr de ne parler que de ces deux-là, ce serait oublier l’énorme travail des deux Paredes, ou l’excellent début de saison de S.Hansch, souvent au cœur des meilleures manches de son équipe.
Metz et Béziers ont largement les moyens de se maintenir, et c’est très inquiétant pour des Lions qui sont à l’arrêt. 1 seul point marqué contre Montpellier, tout semble compliqué pour Savigny. Les occasions de se réjouir sont rares, même si Coste semble retrouver tout son niveau et que Nunez continue de bien faire. Mais il faudra vraiment élever son niveau de jeu pour espérer s’en sortir cette saison. Et surtout réduire drastiquement le nombre d’erreurs. 36 depuis le début de la saison, c’est beaucoup trop.

En parlant d’erreurs, comment ne pas s’affoler du nombre qui ont été commises dans un match qui opposait deux équipes de haut de tableau, Sénart et La Rochelle. Le terrain des Templiers n’est pourtant pas réputé par sa difficulté, ses chausse-trappes et ses faux rebonds. Mais les deux équipes ont totalisé 17 erreurs en deux matches. C’est indigne de la D1. De ce triste festival, Sénart est sorti doublement vainqueur. Est-ce que La Rochelle, comme la saison dernière, va être frappé du syndrome du lièvre ? Les hommes de Pablo Ossandon étaient 5-1 après 6 matches en 2024 avant de perdre les deux matches suivants et de commencer une glissage qui les avait entraînés hors des play-offs. Ils étaient 5-1 avant cette journée, et ont perdu deux fois. Espérons pour eux que la leçon a été apprise. La Rochelle a vite été mené 1-4 dans le match 1, est revenu à 4-4 avant de s’incliner 4-6 face à des Templiers qui s’appuient à la perfection sur le duo Lopez – Martinez et sont décidément très efficaces pour renverser la situation en fin de matches, après leurs deux victoires en extra-inning contre Rouen et Toulouse. Le deuxième match a été beaucoup simple pour Sénart qui a sauté à battes raccourcies sur Canelon en lui marquant six points, en 1ère manche, dont un home-run d’Horike.

Pendant ce temps, Montpellier confirmait que ses deux défaites de la 1ère journée ont été vite oubliées. Depuis, les Barraducas sont passés à la vitesse supérieure, et l’arrivée de Flores y a largement contribué, notamment en stabilisant la défense et en apportant des solutions supplémentaires à une attaque déjà très solide. Il faudra vraiment compter avec Montpellier cette saison.
Il faudra aussi compter – mais est-ce une surprise – avec les Huskies de Rouen qui se retrouvent seuls en tête du championnat. La saison dernière, l’attelage rouennais était tiré par le duo Defries – Smith. Cette saison, le danger semble venir d’un peu partout. En tout cas le line-up est très équilibré, et si les gros canons sont silencieux (Flood, 0 en 8), c’est Vissac et Harrison (4 hits chacun) ou Bert (3 hits), qui se lèvent.

Toulouse n’a rien à regretter, d’abord en raison de la nouvelle blessure de Rojas qui a changé la donne du match 2. Mais aussi car ses jeunes talents ont tenu la dragée haute face aux champions de France. La jeune équipe stadiste a de beaux jours devant elle.


