Le Stade Toulousain a échoué trois fois de suite en ½ finale. Avec son cocktail de jeunesse et d’expérience, l’équipe semble en mesure d’enfin soulever une Coupe.
Il y a de quoi être frustrés. Sur les trois dernières saisons, Toulouse a échoué trois fois en demi-finale. Battu par le futur champion, non sans avoir pris le premier match contre les Barracudas en 2023 et mené 2-0 contre les Huskies en 2025. Après cette double victoire, le téléphone du président Yanael Delpech n’a pas arrêté de sonner. On lui parlait déjà de finale. « Mais je connais bien Rouen et je sais qu’il ne faut surtout pas leur ouvrir la porte ». Quelques performances individuelles en peu en dessous de ce qui était la norme ont suffi en effet aux rouennais pour faire la différence. « Au bout du compte, j’ai été triste, mais pas surpris ».
Le mot « frustration » n’apparait donc pas dans la bouche du dirigeant. « Au contraire. On est passés près, et ça donne envie d’y arriver. On voit la progression de l’équipe. Je sais qu’il faut toujours du temps pour ramener un titre ». Cette ambition, cette perspective, il l’a amené avec lui quand il a repris les rênes du club voilà trois saisons. Et il ne déroge pas à son programme. En bon connaisseur de ce qui fait une équipe championne, il a réalisé un gros effort sur l’école de baseball, avec l’idée de mettre en place un noyau de joueurs formés au club, de créer un esprit toulousain qui marche bien dans cette ville si fière de son histoire et de son présent.

Cela commence à payer, on l’a vu l’an passé avec les débuts en D1 de très jeunes joueurs comme Feliu et Perez, et la présence depuis quelques saisons au champ extérieur des très talentueux Cegielski et Baisse-Depontieu. Cette année, un des grands espoirs du baseball français, Kylian Bramberger, viendra compléter l’effectif. « Quand il y a du talent et du travail, nous n’avons pas peur de donner la chance aux jeunes. On sait qu’il faut du temps pour que cela fonctionne parfaitement, notamment à la frappe. En D1, toutes les équipes ont des lanceurs qui dépassent les 90 Mph, l’ajustement n’est pas facile. Mais cet investissement finira par payer ». Une des volontés de Toulouse, et de son coach Randy Perez, est de miser sur la vitesse, l’agressivité, mettre la balle en jeu pour provoquer les erreurs des adversaires. Le recrutement de Bramberger s’inscrit pleinement dans ce sens.
L’autre caractéristique de Toulouse est de s’appuyer sur un noyau de vétéran de haut niveau, on pense en premier lieu à Soriano et Mendoza, ces deux sluggers qui continuent année après année à détruire les pitching staffs adverses, et sur lesquels le poids des ans ne semble pas avoir de prise. Pour garder cette philosophie, Toulouse fait revenir Velazco, très en forme cette saison et dont la mentalité cadre parfaitement avec l’esprit toulousain, retrouvera Perdomo après une année off pour raisons familiales et pourra compter occasionnellement sur Ozanich, quand il pourra se libérer de son équipe canadienne. Cette dichotomie jeunes / anciens est aussu présente au monticule, avec la paire Rojas / Laot qui est capable de grandes choses.

Le premier objectif est clairement identifié : le Challenge de France, co-organisé avec Boe-Bon-Encontre. Une compétition qui n’a pas trop réussi aux Toulousains ces dernières années, mais qu’ils aborderont avec un nouveau regard. « Ce qui ne nous réussit pas, c’est de voyager », corrige Yanael Delpech. « Nous avons des joueurs qui travaillent, pour qui s’est compliqué de poser des jours de vacances, nous ne sommes jamais arrivés avec un effectif au complet ». En effet, si on prend toutes les compétitions en compte (saison, play-offs, challenge), depuis trois ans, Toulouse joue pour .744 à domicile et .271 en déplacement. De quoi être « motivés et confiants pour faire quelque chose ». Ce sera l’occasion de valoriser l’éclairage, enfin posé, et qui est une grande réussite, et de mobiliser les bénévoles qui sont capables de donner beaucoup, comme ils l’ont prouvé à un récent Challenge de soft masculin. Une fête du baseball « dont on sortira avec la Coupe », espère le président.
En tout cas, même si la préparation a été un peu perturbée par les conditions météorologiques (le terrain était inutilisable en début d’année), Toulouse y croit plus que jamais. « Ce qui fera la différence, c’est la force mentale pour affronter le long voyage que représente une saison. C’est dans la tête que ca va se jouer, que nous rencontrerons le succès ». Alors, 20 ans après leur dernière finale de championnat et 19 ans après leur dernière finale de challenge, les Toulousains sont dans les starting-blocks pour enfin arriver au bout. Histoire d’enfin briser le plafond de verre.
F.C.
Crédit Photo : F.Volpato



