Qui pour succéder aux Tiburones de la Guaira (Vénézuéla) ? Ce week-end s’est déroulée la finale des Caribbean Series, qui a vu les Leones del Escogido l’emporter face aux Charros de Jalisco. Evénement peu médiatique en Europe, Baseball TV France a décidé de faire un point sur cette compétition.
Présentation de la compétition
Les Caribbean Series, ou Série des Caraïbes dans la langue de Molière, est une compétition de baseball qui réunit les champions nationaux des ligues d’hiver des Caraïbes et des pays limitrophes.
Créée en 1949, cette compétition a vu le jour grâce à l’initiative de Pablo Morales et Oscar Prieto Ortiz, inspirés par le succès de la Serie Interamericana en 1946 (NDLR : compétition internationale de baseball qui réunissait chaque année les équipes gagnantes des ligues professionnelles du Vénézuela, des États-Unis (Ligue Indépendante ou Negro League), du Mexique, du Panama et du Nicaragua, mais qui n’a pas survécu au passage des années 50). La première édition s’est tenue à La Havane et a été remportée par les Alacranes del Almendares.
Au fil des décennies, de nombreux grands joueurs se sont révélés lors de cette compétition. Parmi eux, on peut citer Roberto Clemente (Santurce Crabbers), Willie Mays (idem), et plus récemment, Albert Pujols, coach des Leones, champions de cette édition. Ces joueurs ont marqué l’histoire du baseball et ont contribué à la renommée des Caribbean Series.

Points Essentiels de la compétition de 2025
L’édition 2025 s’est déroulée à Mexicali, au Mexique, du 31 janvier au 7 février. Cette année, la compétition a accueilli pour la première fois une équipe japonaise, les Japan Breeze , en tant qu’invités. Les équipes participantes étaient les Cardenales de Lara (Vénézuela), les Leones del Escogido (République Dominicaine), les Indios de Mayaguez (Puerto Rico), les Charros de Jalisco (Mexique) et donc les Japan Breeze (Japon).
Le tournoi a un format de round-robin (NDLR : type de tournoi dans lequel les participants se rencontrent tous un nombre égal de fois), suivi de demi-finales et d’une finale. Robinson Canó (Leones del Escogido), ex-star des Yankees et des Mariners essentiellement, a marqué le seul point de la finale, et a effectué un double jeu au sol.
Manny Bañuelos (Charros de Jalisco) a lancé quatre manches en finale, accordant une course sur trois coups sûrs.
Concernant l’ensemble de la compétition, notons la performance d’Esmil Rogers (Leones del Escogido), désigné MVP du tournoi avec 12 2/3 manches lancées, pour une seule course accordée et quatre retraits au bâton.
Notons également que Jesús Vargas des Cardenales a lancé un no-hitter en 8 manches contre les Japon Breeze lors du dernier match de la phase préliminaire.

Une compétition à part
Les Caribbean Series sont également l’occasion d’exploits ou d’anecdotes mémorables. Par exemple, lors de l’édition de 1955, Willie Mays a frappé un home run décisif en 11ème manche, offrant la victoire à son équipe.
Le lanceur cubain José Fernández avait une superstition peu commune. Avant chaque match, il insistait pour porter des chaussettes de couleurs différentes. Il croyait fermement que cela lui portait chance.
En 1967, Tony Pérez, qui est devenu plus tard une légende de la MLB, a frappé un grand slam pour mener l’équipe de Puerto Rico à la victoire contre le Vénézuela. Ce grand slam est encore considéré comme l’un des moments les plus mémorables des Caribbean Series.
En 2011, l’équipe des Leones del Escogido a réalisé un incroyable retour dans le dernier match du tournoi. Ils étaient menés 9-1 en début de neuvième manche et ont réussi à marquer huit points pour égaliser, puis ont gagné en prolongation grâce à un home run de Wilkin Castillo.
En 1987, Damaso García, deuxième base de la République dominicaine, a réalisé l’une des actions les plus audacieuses de l’histoire du tournoi en volant le marbre pour marquer le point gagnant lors d’un match crucial contre Puerto Rico.
En 2005, un match entre les Venados de Mazatlán (Mexique) et les Águilas Cibaeñas (République dominicaine) est entré dans les annales comme l’un des plus longs de l’histoire des Caribbean Series. Le match a duré 18 manches et s’est finalement terminé par une victoire 4-3 pour les Venados après plus de six heures de jeu.
Enfin, sur cette édition de 2025, l’équipe japonaise a apporté une touche unique en introduisant des rituels de chance traditionnels avant chaque match, ce qui a intrigué et amusé les autres équipes.

En conclusion, les Caribbean Series sont bien plus qu’une simple compétition sportive. Elles sont le reflet de la passion, de la culture et de l’histoire du baseball en Amérique latine, dont les pays représentés font toutes partie du TOP12. Certains grands joueurs y ont marqué de leur empreinte la compétition avant d’exploser en MLB. Raison de plus pour garder un œil sur ce tournoi.
Sébastien Dondé.
Crédit photos : compte Instagram officiel de la compétition.
Tiburones : requins
Alacranes : espèce de scorpion
Japan Breeze : brise du Japon
Le charro est un cavalier, propriétaire de terres, de chevaux et de bétail
Venados : cerfs
Águilas : aigles

