Menu

Bochy revient sur le Qualifier

La phase de qualification pour la coupe du monde de baseball a été un cauchemar pour l’équipe de France. Deux défaites sèches et la perpective d’un véritable chantier pour trouver la victoire sportive. Revenons, avec son coach, Bruce Bochy sur ce qui n’a pas fontionné et les axes d’amélioration.

BTVF : Quelle est la première leçon que vous tirez de ce tournoi ?

Eh bien, qu’il y a encore du travail à faire. Le niveau était extrêmement élevé avec beaucoup d’anciens joueurs des ligues majeures et d’actuels joueurs des ligues mineures, beaucoup de joueurs expérimentés. Nous n’en sommes pas encore là d’autant que quatre ou cinq de nos meilleurs éléments n’étaient pas disponibles (les deux frères Alexander, lanceurs en MLB, l’ancien lanceur de Major League Cory Gearin ou le prospect des Brewers Ernesto Martinez par exemple).

image

BTVF : Pensiez-vous qu’il pouvait y avoir autant de différence de niveau entre les équipes ?

Avec les règles d’éligibilité de cette compétition, il est difficile de savoir à quoi ressembleront les équipes avant que les listes ne soient dévoilées. Nous savions dès le départ que le niveau allait être très élevé et on s’attendait à ce que des équipes comme la Grande-Bretagne et l’Espagne puissent tirer le meilleur parti des règles pour avoir des équipes compétitives.

BTVF : Quels sont les freins qui sont venus à l’encontre des stratégies que vous aviez imaginées ?

Je pense que nous avons exécuté le plan avec les forces et les faiblesses que nous avions. Les deux matchs ont été serrés pendant cinq ou six manches, puis nos lanceurs n’ont pas pu empêcher plus de dégâts alors que notre attaque n’a pas frappé quand nous avons eu des opportunités de produire des runs.Il faut également prendre en compte le format de la compétition et les limites du lancer. Les stratégies ont dû changer en fonction de l’évolution du jeu.

image

BTVF : Après avoir vu la qualification des Tchèques, pensez-vous que l’unité des joueurs de nationalité française aurait pu changer les choses ?

Je ne le pense pas. L’unité des joueurs français, c’est ce que l’on a aux Championnats d’Europe et nos résultats là-bas ne sont pas plus satisfaisants donc on peut imaginer que les résultats que nous aurions eus sans joueurs éligibles lors des qualifications pour la World Baseball Classic aurait été encore plus sévères.

L’équipe tchèque est bonne car ce pays est l’un des plus dynamiques d’Europe depuis 20 ans. Ils ont des infrastructures de pointe, des clubs dynamiques qui accueillent régulièrement des événements internationaux, de bons entraîneurs, un championnat compétitif – ExtraLiga dans lequel les joueurs sont maintenant professionnels depuis l’année dernière – un championnat national U21 et un U18 avec des équipes de réserve d’ExtraLiga ainsi que suffisamment de fonds pour des programmes ambitieux pour l’équipe nationale. Les résultats de l’équipe nationale tendent à refléter un état global du sport dans le pays, cela montre simplement qu’ils ont fait du bon travail et méritent leur succès.

image

BTVF : La prochaine échéance sera le championnat d’Europe, comment pensez-vous pouvoir améliorer les compétences des joueurs français pour être plus performants ?

Continuer à travailler avec les joueurs qui étaient là (15 des 28 sur la liste sont de nationalité française), ceux qui n’ont pas pu être là et avec les clubs pour que les joueurs s’entraînent plus et soient dans de meilleures conditions pour être performants. J’ai vu l’Académie de Toulouse et le travail effectué par de grands professionnels pour les programmes des équipes nationales, notamment ceux avec qui j’ai eu la chance de travailler sur ce projet. Il n’y a jamais eu autant de Français jouant à l’université qu’aujourd’hui, comme en témoigne le fait que Léo Jiminian est récemment devenu le premier Français né et formé à signer dans la division 1 de la NCAA de baseball. Mais c’est un effort global. Toutes les parties prenantes en France doivent poursuivre leurs efforts pour se développer dans tous les aspects du jeu afin qu’un jour la France puisse être compétitive au niveau international.

image

BTVF : L’enthousiasme des Français à votre arrivée, à Montigny, à Toulouse (même pour le rugby) a dû vous faire chaud au cœur, comment avez-vous pris conscience de l’attente des Français à votre égard ?

J’en avais seulement entendu parler, pour être honnête, mais j’ai été très surpris et enthousiasmé par l’amour du jeu ici en France. J’ai rencontré beaucoup de personnes passionnées et talentueuses qui méritent une meilleure reconnaissance pour leur travail et pour le sport en général. Je suis heureux de contribuer et j’espère que cela aidera au développement du baseball en France.

Propos recueillis par Didier CANNIOUX

Crédit photos : Glenn Gervot

- Publicité -