Cela commence à devenir franchement inquiétant pour les Boucaniers. 7e défaite de suite par la troupe de Pablo Ossandon, qui n’a pas pesé lourd contre une équipe beaucoup plus en forme,Savigny. La Rochelle est désormais à deux matches de la 4e place et 2 matches de la 8e place. Rien n’est perdu, mais rien n’est gagné. La Rochelle est entre deux eaux, mais pas loin de sombrer, si la courbe ne s’inverse pas. Parce que rien ne semble vraiment marcher : pendant cette série, le pitchinga une ERA de 6,36, c’est beaucoup, et les frappeurs ne frappent que pour .157, c’est très, très peu. Pas étonnant quand on voit ceux qui devraient être les leaders offensifs se chercher, comme Johnston(.167) ou Tovar (.137) pendant cette période. On voit bien que le coaching staff tente des choses, avec des changements dans les line-ups, dans la rotation, dans les positions défensives, avec de trèsn ombreux remplacements (La Rochelle est l’équipe qui a utilisé le plus de joueurs, 23), mais sans succès. C’est même un peu impression de fébrilité qui se dégage, de la part d’une équipe qui n’a pas de solutions. C’est notamment à l’extérieur que La Rochelle ne parvient pas à s’en sortir : 1 victoire en 8 matches, une tendance déjà observée la saison dernière (4-10). Contre les Lions, La Rochelle n’a pas vraiment existé. Dans le premier match, les Lions ont enfoncé doucement le clou en marquant 1 point dans les manches 2,3 et 4 avant de cogner fort par une poussée de 4 points en 6e. La messe était dite. Ce fut encore plus bref dans le match 2, tout était réglé dès la 3e manche avec une poussée de 6 points. Pour La Rochelle, une réaction est indispensable ce week-end contre Rouen, au risque de se retrouver avec une fin de saison extrêmement périlleuse.

L’exemple à suivre est celui de l’adversaire des Rochelais. Savigny n’allait nulle part en début de saison : 5 défaites de suite pour commencer le championnat, seulement 2 victoires dans les 11 premiers matches. Une défense aux abois, une relève totalement défaillante, des joueurs-cadres en dessous de leurs standards, à l’image d’Acuna, on se demandait si Savigny allait pouvoir s’en sortir. Puis il y eut un premier déclic avec une victoire contre Rouen, prélude à un parcours exceptionnel au Challenge de France, couronné d’un titre. Depuis, tout s’est enchaîné : 4 victoires en 6 matches, une rotation musclée par l’arrivée de Pena (3-0, 0,50 ERA), des jeux qui sont faits (3,5 erreurs par matchavant, 1,8 depuis), et Acuna qui s’est remis en marche (.409). Après avoir longtemps regardé vers lebas, Savigny peut commencer à relever la tête et à rêver d’une place en play-offs.
Car personne n’est vraiment décroché. Pour l’instant Toulouse et Sénart sont au coude à coude (9-9). Mais quel va être l’avenir des Templiers ? Ils sont privés de Do Carmo jusqu’à la fin de la saison et de Lopez pour les 4 prochains matches. La commission de discipline a tranché, après les incidents ayant entouré le match Montpellier – Sénart au Challenge de France. La très forte sanction qui a frappé le brésilien vient après des messages insultants adressés via messagerie personnelle à l’arbitre du match. On laissera aux juristes la responsabilité de considérer si la suspension est adaptée, insuffisante ou trop lourde. Protéger l’intégrité des arbitres n’est jamais une mauvaise idée, c’est absolument certain. Va-t-on vers un durcissement généralisé de la répréhension des actes délictueux contre les officiels ? Ce sera à voir dans l’avenir. Ce qui a été un peu plus surprenant, c’est le fait que le nom du joueur fautif n’a jamais été cité, que ce soit dans un long post du président de la fédération qui a lancé l’affaire sur les réseaux sociaux (peut-on s’interroger sur la méthode de communication ?) ou dans le communiqué signé du président de la commission de discipline. C’est très bien de sanctionner, mais pourquoi laisser planer le doute de l’anonymat ? En tout cas, Sénart, qui allait moyennement (2 victoires à ses 8 derniers matches), n’aura pas toutes ses armes pour le sprint final. Heureusement pour les Templiers, l’arrivée d’un Nayral qui lance le feu, chronométré à 94 mph et d’un Tanguy Meurant hot à la battre contre Rouen dimanche dernier, leur laisse quelques atouts pour se défendre. L’affrontement à venir contre Toulouse pourrait prendre un caractère décisif.

Le Stade a partagé contre Béziers dans un match avancé la semaine précédente, et continue une saison en dent de scie, sans parvenir à enchaîner les séries de victoires, mais en évitant les séries de défaites. Les 10 derniers matches, par exemple, ont été du même tonneau : une défaite, puis une victoire, puis une défaite, puis une victoire, etc. La saison de la jeune équipe toulousaine a été marquée par de nombreuses blessures, touchant des joueurs importants, et si tout parvient à se mettre en marche, Toulouse aura largement les moyens de se qualifier en demi-finale pour la troisième saison d’affilée. Cette place en demi-finale, Béziers la lorgne avec gourmandise. Le promu n’a peur de rien. Après un ajustement naturel à la D1 (2 victoires en 8 matches), Béziers s’est mis en marche, porté par un top-6 offensif de tout premier ordre, où le jeune Lucas Keurinck épate dimanche après dimanche. Le pitching de Gonzalez et, plus récemment, la relève de Lira (qui s’est offert une série de 11 strike-outs consécutifs) n’a rien à envier à aucun bullpen et les jeunes bras français comment à se mettre dans le rythme. Lesfargues, qui affichait une moyenne imposante de 12,33 à ses 5 premiers matches, l’a réduit à 5,79 pour ses quatre derniers. Ce n’est pas parfait, mais cela peut permettre à Béziers d’arracher des victoires importantes en fin d’exercice.

Quand on écrit que personne n’est écarté, même Metz, qui a subi comme les autres la loi du rouleau compresseur montpelliérain samedi (et il est probable que la pluie de dimanche a évité une autre défaite aux lorrains). Les Cometz sont certes derniers, mais 3 matches sur la 4e place, ce n’est pas complètement irrattrapable. Mais c’est difficile pour Metz qui marque peu de points (71, quatorze de moins que l’avant-dernier à ce chapitre) et en encaisse beaucoup (126, le 2e plus haut total, un de moins que Savigny mais avec un match de moins). L’arrivée de Pastran et Bailey a fait du bien, mais avec un pitching qui, collectivement, a une ERA de 6,19, ce sera très compliqué pour les hommes de coach Ruiz. Metz paye son début de saison complètement raté (1 victoire / 8 défaites), et, pour l’instant, parait le candidat le mieux placé pour finir à la dernière place. Montpellier est très loin d’avoir les mêmes soucis. Les Barraducas marchent sur le championnat et ne laissent personne respirer. On a du mal à croire que c’est la même équipe qui a été battue deux fois lors de la première journée par La Rochelle. Tout va bien pour Montpellier. Par exemple, samedi,contre Metz, on a été surpris de voir Paolo Brossier, dominant au premier rang de l’alignement, se retrouver au 5e. Il a sorti la balle, donc le choix a été excellent. Idem pour le Canadien Walters, en difficulté depuis son arrivée, caché au 8e rang, et qui se met à produire. On a été tout autant surpris qu’avec la richesse du bullpen des Barracudas, coach Smith face appel à Guiraud en 7e manche. Il a lancé trois manches en ne donnant aucun point et un seul hit. Avec un Flores qui s’impose comme un des meilleurs joueurs du championnat, les Doat, Kovacs, Polit, qui font le travail, et un Vera qui domine à chaque sortie, on ne peut qu’accoler la pancarte de grand favori sur les épaules des montpelliérains.

Rouen reste toutefois en embuscade, juste dans la roue de l’équipe qui l’a battu en demi-finale de la Coupe d’Europe. Les Huskies se sont imposés sans trop de problèmes face à Sénart, avec une attaque vraiment performante, qui domine dans la plupart des catégories. Les Huskies se sont renforcés avec un lanceur australien (Livian) et un arrêt-court américain (Martinez), ce qui montre qu’ils ne veulent rien lâcher jusqu’à la fin de saison. Voilà qui va rendre l’été passionnant.
F.C.
credit photo : F Volpato et RS Club





