Les patrons sont déjà aux commandes !
Les deux finalistes de la saison 2025, Montpellier et Rouen, sont seuls en tête du classement. Les Barracudas ont étrillé les Pirates, Rouen a fait le travail sérieusement contre le PUC. Est-ce à dire que le championnat est déjà joué. D’abord, ce serait bien dommage, ensuite, d’autres équipes ont montré des choses intéressantes, et la chasse aux favoris ne fait que commencer. Mais il faudra être forts pour venir troubler le mano-à-mano entre les deux gros bras.
Montpellier a fait parler la poudre, signant au passage sa 20è victoire consécutive à Veyrassi (saison régulière). 33 hits en 2 matches, les hommes de coach Signore n’en ont pas frappé autant depuis plus de 12 saisons. Avec 16 buts sur balles en plus, on voit que la circulation a été dense sur les sentiers. On a retrouvé Brossier là où on l’avait laissé la saison dernière (4 en 8, victoire au monticule), Bouniol confirme tout le bien qu’on pense de lui (5 en 9), les deux étrangers, Farina a réussi ses débuts en France (5 en 8, 1 hr, 5 RBI. Il faudra bien sûr voir les Barracudas dans une confrontation plus compliquée, mais au moins ils ont réussi leur 1ère journée, ce qui n’avait pas été le cas ces deux dernières saisons.

Le champion rouennais a été appliqué contre le PUC. Il a fallu du temps à l’attaque rouennaise pour prendre la mesure d’Osiris German – qui en fera souffrir plus d’un cette saison – mais le 3è passage face au lanceur parisien a fait mal avec trois home-runs dans la même manche, le 1er du japonais Nishikawa, le 6è de Brainville et le 1er de Lebouc, pour 3 points s’il vous plait. Comme toujours la défense rouennaise a été solide à domicile (1 seule erreur en fin de 2è match), les lanceurs partants ont fait le travail et l’attaque a été relativement productive, même si on attend forcément mieux du duo nippon Megumi – Nishikawa (2 en 15). Rouen, de toute façon, n’est jamais à 100 % en début de saison, les Huskies ayant programmé leur pic de forme pour un peu plus tard.
Un mot sur les deux victimes des leaders. Béziers inquiète après ce difficile derby. La défense a pris l’eau dans le premier match avec 7 erreurs, alors que les Pirates n’en avaient jamais commis plus de 4 dans un match la saison dernière. Comme on pouvait le craindre avec les départs de Bernardelli et Lesfargues, le pitching JFL n’a pas tenu le choc, mais ce qui est plus préoccupant c’est que les lanceurs non-JFL ont aussi explosé. Il faudra sans doute attendre que Luis Gonzales soit de nouveau réinstallé à son poste de starter pour équilibrer tout cela. L’attaque n’a pas non plus rassuré, hormis peut-être Felix Gonzales (4 en 8) ou Meza, toujours aussi efficace (3 en 8). Mais avec une moyenne de .246, ont est loin des standards du début de saison dernière. Il faut voir maintenant si ces deux gros échecs vont peser sur le moral des biterrois, qui ont intérêt à vite réagir.

Quant au PUC, il a montré des choses intéressantes contre Rouen. German, on l’a déjà mentionné, a été dominant pendant 6 manches. Les deux jeunes lanceurs Le Guillou et Rolland-Diamond se sont bien battus face au gros line-up rouennais et vont progresser au fur et à mesure de la saison. À la frappe, derrière l’inoxydable Jérôme Dussart (3 en 7), Bowers, Gonzales, Ouanyou auront leur mot à dire. Le PUC manque certainement de profondeur tant en attaque que sur la butte, mais les parisiens ne seront absolument pas une victime expiatoire cette saison. Cela dit, ils affrontent Montpellier le week-end prochain, avec le risque d’un 0-4 qui est toujours difficile à surmonter.
L’affrontement de la journée s’est disputé aux Argoulets, où Toulouse et Sénart ont fait le spectacle. Une grosse bagarre qui s’est jouée deux fois à un seul point d’écart, et des gros retournements de situation dans les deux fins de rencontre. Dans le 1er match, si Yorfrank Lopez a été un peu bousculé au monticule (3 points en 3 manches), il s’est sorti lui-même de la difficulté avec un home-run de 2 points en 7è manche qui donnait 3 points d’avance aux Templiers, puis en frappant le double décisif en 9ème manche alors que Toulouse était revenu à égalité. Grosse bagarre aussi dans le 2ème match, où Toulouse a pris les devants 3-0 avant de se faire remonter 3-3 puis s’est détaché de deux points en huitième avec le point égalisateur en 2ème base et les dangereux Szadlinski et Mendez au bâton. Mais Keivin Rojas a su faire le travail. Toulouse, qui était privé de Mendoza, reste un des solides outsiders du championnat, et Sénart compte sur un très bon line-up, mais manque un peu de ressources, puisque les Templiers ont fait frapper en relève Vera, qui, s’il est encore dominant sur la butte (6 IP, 1 ER, 5 K), est moins à l’aise batte en main. Mais l’alignement offensif est très complet et la défense semble tenir le choc.

Enfin les Lions et les Boucaniers ont partagé. Pas de surprise à Savigny où les vétérans ont montré la voie (2 doubles pour Acuna, 4 RBI pour Axel Amoros, 3 en 8 pour Nunez). On a été un peu surpris de voir Coste en relève dans le 1er match alors que le score semblait acquis avec un solide Pena (7 IP, 0 ER, 8K), comme dans le 2ème match, cette fois pour éteindre l’incendie. Il sera intéressant de voir si c’est désormais la mission de l’international d’occuper ce poste tout au long de la saison. Les Lions restent les Lions, solides en attaque, difficile à jouer dans toutes les circonstances. Ils ont une bonne tête de demi-finalistes potentiels.
Les Boucaniers ont largement subi le 1er match mais ont su retrouvé leur force de frappe avec une solide poussée de 7 points dans le 2è, et surtout ils ont su résister au retour des Lions en fin de match, avec comme c’est souvent le cas, Wilce Nieves dans le rôle de pompier de service. Ce n’est jamais facile d’être joueur-entraineur, Crawford et M.Esteban, qui se sont disposés au 1er et 9ème rang du line-up en ont sans doute fait l’expérience avec un 3 en 13 un peu décevant. Mais le travail a été accompli par C.Esteban ou encore Hashimoto. Avec un solide monticule et une attaque équilibrée, La Rochelle sera à prendre en compte cette saison.

Cette journée a été caractérisée par deux faits : tout d’abord, des débuts réussis en D1 pour toute une cohorte de jeunes espoirs du baseball français. Aymeric Girondeau-Peris (Montpellier) a frappé 3 en 5 avec 1 triple et 3 RBI dans le premier match contre Béziers ; Luca Bernardi-Chiva (Savigny) a été 4 en 8 avec 3 RBI contre La Rochelle ; Ivan Bamberger (Toulouse) a terminé 3 en 8 contre Sénart, avec un triple qui a remis les deux équipes à égalité dans la 8ème manche du match 1 et un double qui a donné la victoire dans la 8ème manche du match 2. Bravo aux jeunes pousses.
Le deuxième marqueur de cette journée est la pluie de home-runs. On sait que les frappeurs sont souvent plus prêts que les lanceurs en début de saison, mais là, ça a fait mal : Hashimoto, Farina, Nishikawa, Brainville, Lebouc, A.Soriano, Gras, Lopez et Mayeux ont fait parler la poudre. On n’en demande pas moins pour les prochaines journées. Vive le spectacle et les longues balles !
F.C.
Crédits Photographiques : RS Club





