Beaucoup de mouvements et de travail à l’inter-saison du côté de Béziers, qui espère concrétiser une première saison en D1 tout à fait réussie.
Les Pirates ont tenu leur rang pour leur première aventure en D1. Un bon challenge de France, où ils s’offrirent deux fois le scalp de Rouen, et un excellent début de saison, qui leur permit de flirter jusqu’au sprint final avec une place en play-offs. Hélas, cinq défaites dans les cinq derniers matches (et 1 seule victoire dans les 8 derniers) ont un peu gâché la fête. Béziers a nettement manqué d’essence, à l’image de sa moyenne offensive passée de .319 dans la première moitié de saison à .231 dans la deuxième. Des blessures, des départs, un moindre engagement de certains, et il n’en faut pas plus pour dégringoler au classement. « Il nous a manqué du sérieux, de la discipline. On a travaillé sur ces éléments pour cette saison », précise le coach Lionel Teixidor.

Travailler, voilà qui ne fait pas peur aux Biterrois. « On a pu se rendre compte que la D1 est un monde très exigeant, qui représente une marche très haute à franchir quand on vient de D2. Tous les aspects sont concernés, le sportif, la structuration, les finances, les bénévoles… Tout ce que nous avons vécu en 2025 nous avons appris qu’il fallait encore être plus forts pour rester au niveau. Nous avions mis les bouchées doubles par rapport au passé, et nous avons atteint l’objectif du maintien. On les remettra encore cette saison, en sachant qu’après l’euphorie de la première année, la suite peut s’avérer pus difficile. Nous avons donc travaillé très fort cet hiver ».

D’autant plus que la trêve n’a pas été un long fleuve tranquille pour Béziers, qui a subi une véritable hémorragie au sein de ses JFL. Bernardelli parti à Nice pour ses études, même motif pour le rookie de l’année 2025, Keurinck, qui rejoint l’Île-de-France et les Lions de Savigny et Sohy, qui a déménagé à Rouen, mais conserve sa licence dans son club d’origine. Lesfargues, lui, a pris la direction du voisin montpelliérain et Volpato a exprimé le besoin de souffler un peu, après deux saisons très lourdes en termes de pression et de charge mentale. « Ça a été difficile et compliqué de vivre tout cela. C’est un peu une déception de constater tous ces départs, mais je n’ai aucune rancœur. Pour la plupart, on parle de trajectoire de vie par rapport aux études », témoigne le coach. « Les joueurs sont libres d’aller où ils veulent, ils ne nous appartiennent pas ». Et il est vrai aussi que ce n’est pas toujours simple pour Béziers de lutter avec l’attractivité estudiantine de Montpellier ou Toulouse.

Il a fallu également se pencher sur le recrutement étranger, en ayant bien identifié quelques faiblesses récurrentes. Par exemple, derrière le marbre, avec 68 buts volés concédés en 74 tentatives, il fallait faire mieux. C’est ainsi qu’Angelo Mora, un receveur issu de l’organisation des Reds, a posé ses valises à Béziers. On voulait aussi plus de range au champ centre, ce sera le rôle de Raul Zerpa. Deux lanceurs, le mexicain De Los Santos et le Vénézuélien au riche parcours Luis Torres rejoindront le très efficace Luis Gonzalez, le seul lanceur à avoir dépassé les 100K la saison dernière, avec une remarquable ERA de 2,81. Pour les JFL, dont le recrutement était « une priorité absolue », Béziers est allé chercher du côté du pôle France de la D2, avec l’expérience des 21 saisons (dont 8 en D1) de Brice Lorienne, qui sera certainement un des leaders du club avec Daniel Pilar, ou la jeunesse de Tanigawa, très prometteur avec La Vallée du Gapeau. Les Pirates ont également mis la main sur le lanceur d’Anglet Robin Froment.

Et pour faire lier toute cette sauce, la première décision des Pirates a été de recruter un manager, et pas n’importe lequel, Eduardo Patino, qui a connu le plus haut niveau MLB avec Philadelphie. « Nous avions inscrit dans notre plan de développement ce besoin de faire venir un regard extérieur qui puisse nous apporter de l’expérience, pour la D1, mais aussi et surtout pour l’implantation de l’Académie. Ce projet est essentiel pour nous, et c’est une grande satisfaction de voir nos 19 petits académiciens s’entraîner cinq fois par semaine et bénéficier des conseils d’Eduardo », souligne Lionel Teixidor.
Le binôme à la tête des Pirates tient le même discours : parler de l’exemplarité par rapport à la communauté. « Nous avons des bénévoles, des gens qui viennent nous encourager, nous devons donner le meilleur de nous-même, quels que soient notre statut et notre rôle dans le club. Il faut respecter le maillot qui nous est remis. C’est une valeur essentielle à mes yeux », déclare le coach, qui espère que la recette concoctée cet hiver soit la bonne : « nous disposons d’éléments intéressants pour aller chercher un meilleur résultat, avec un accent mis sur l’engagement individuel ».

D’autres lauriers sont déjà venus ceindre le front des Pirates, élu meilleur club de l’année par la Fédération. C’est avec une émotion sincère et forte que Lionel Teixidor parle de cette reconnaissance : « Notre club grandit au fil des années, et encore plus vite depuis 2020. Nous avons une vraie fourmilière de gens qui travaillent et s’impliquent avec passion. C’est énorme pour nous d’être ainsi considérés. C’est plus important qu’une victoire sur le terrain. Et même qu’un titre de D1 ». C’est ça aussi, la mentalité exemplaire des Pirates. Comme l’est le petit message qu’a tenu à faire passer Lionel : « c’est une très bonne nouvelle de voir le retour du site baseball TV France ». Merci coach.
F.C.


