Dans la perspective d’une saison qui s’annonce riche en intensité et en moments décisifs, nous avons choisi, en ce début d’année, de prendre le pouls de l’un des espoirs français les plus prometteurs du baseball aux États-Unis : Mathias Lacombe.
Installé outre-Atlantique et en pleine ascension, le jeune lanceur s’impose déjà comme une figure crédible pour évoluer au plus haut niveau. Entre regard lucide sur le chemin parcouru et ambition affirmée pour les défis à venir, il partage avec nous une analyse empreinte de maturité, d’exigence et de détermination. Une conversation qui confirme tout le potentiel d’un talent en pleine construction — et laisse entrevoir une progression encore plus remarquable dans les mois à venir.

BTVF : Si tu regardes dans le rétro sur ces trois dernières années, quels sont les moments forts, les victoires clés, les caps franchis qui ont vraiment marqué ton parcours ?
Ces dernières années j’ai beaucoup travaillé en salle de musculation pour être plus fort et éviter de retomber dans le cycle des blessures. Sur le plan baseball j’ai ajouté une « cutter » et une « fastball » à mon arsenal pour pouvoir éliminer les frappeurs gaucher plus facilement ce qui me posait problème. Tout ça m’a permis de montrer au White Sox que j’étais un bon lanceur et que j’étais en bonne santé et j’ai pu avoir cette promotion à Kannapolis en juillet 2025.

BTVF : 2025 a été une saison charnière pour toi. Quelles ont été les performances dont tu es le plus fier et qu’est-ce qui a changé dans ton jeu cette année-là ?
2025 était une saison très importante, il me fallait montrer que je pouvais lancer et être en forme sur la saison et laisser mes blessures dans le passé. Je me suis concentré sur le développement de ma cutter et fastball et j’ai aussi beaucoup travaillé sur ma splitter avec laquelle j’avais du mal à lancer des strikes.
BTVF : Quand on plonge dans tes stats à Kannapolis — ERA à 3,04, WHIP à 1,11 — qu’est-ce que ça raconte vraiment de ta saison ? Tu y vois une confirmation, un déclic, ou encore une marge de progression ?
Je suis content de moi cette saison j’ai atteint mes objectifs et j’ai bien lancé en étant dominant. Cette saison je ne me suis pas beaucoup fait frapper, peu de contacts fort et extra base hit. Le seul point noir étant le manque de contrôle sur la fin de la saison. Pour moi c’est une étape logique de mon développement, en revenant de blessure il fallait frapper un grand coup et montrer que je suis un lanceur dominant. J’ai heureusement encore beaucoup de choses à améliorer et une bonne marge de progression au niveau du contrôle de mes effets et de mes séquences de lances ( quel effet lancer à quel moment de chaque at-bat).

BTVF : Nouvelle saison, nouveaux objectifs. 2026, tu la joues comment ? Priorité à quoi : régularité, puissance, leadership, montée de niveau ?
Cette année va être ma première saison sans limite de lances. J’espère lancer proche de 100 manches. Je vais me focus sur le contrôle, éviter les BB au maximum, attaquer chaque frappeur rapidement pour prendre l’avantage à chaque at-bat. Je pense que la puissance va venir sans me focus dessus parce que j’ai vraiment travaillé dur cet hiver pour me renforcer. En minor league c’est un peu chacun pour soi donc le leadership on peut oublier. Et ensuite la montée de niveau dépend de mes performances certes mais la décision vient d’au dessus donc je vais me concentrer sur mes performances et ce que je peux contrôler.
BTVF : Au-delà du travail physique, comment tu construis ton mental ? Comment tu apprivoises la pression des matchs serrés et les moments où tout peut basculer ?
Je travaille avec un préparateur mental qui m’aide à me préparer mentalement et me mobiliser pour les moments importants. J’ai des clefs mentales pour me concentrer et être prêt. Ensuite je dirai que j’ai toujours été meilleur dans les moments important avec beaucoup de stress, j’arrive bien à transformer le stress en concentration et rage de vaincre.

BTVF : Tout semble aligné pour que tu franchisses un nouveau palier. Quelle est ta méthode pour continuer à progresser — techniquement, physiquement, mentalement — sans jamais te reposer sur tes acquis ?
Je travail énormément sur le physique pour être plus fort et tenir la longueur de la saison parce qu’avoir un bon match c’est facile mais tenir toute la saison au plus haut niveau c’est la réelle difficulté. Et franchement de voir la draft chaque année, 20/30 nouveaux joueurs qui signent ça motive. On voit aussi beaucoup de joueurs se faire cut pendant la saison parce qu’ils ne sont pas au niveau ou autres raison et ça nous permet de rester sur nos gardes et motivés.
BTVF : Tu es un Français dans un univers très américain. Comment tu vis cette immersion au quotidien ? Est-ce que le contexte actuel a eu un impact, de près ou de loin, sur ton expérience là-bas ?
Ça crée toujours des moments drôle de part mon accent ou ma culture mais c’est toujours bienveillant je suis content d’être ici les gens sont plus intrigués qu’autre chose. Sur la situation actuelle, ça ne m’intéresse pas plus que ça, j’ai déjà pas mal de choses à penser dans ma carrière je ne préfère pas perdre de temps et d’énergie à écouter la politique.
