Ce fut encore une journée extrêmement agitée, passionnante, avec des rebondissements, des surprises, des walk-offs, bref du baseball qui fait plaisir à suivre. Et un classement qui commence à se décanter quelque peu, même si le jeu des confrontations (les 4 premiers se rencontrent entre eux, les 4 derniers aussi, pour finir la saison) peut encore offrir bien du suspens.

Le grand vainqueur de la journée, la seule équipe à avoir remporté ses deux matches, c’est La Rochelle. Les Boucaniers ont été sans pitié pour des Templiers qui sont au ralenti et viennent de perdre 7 de leurs 8 derniers matches et 9 de leurs 12 derniers. Ils n’ont frappé que 6 hits et commis 11 erreurs, ce qui suffit à montrer que rien ne va plus du côté de Sénart. Les Boucaniers n’ont tremblé qu’une manche, la première du premier match, où ils ont encaissé quatre points. Mais la relève très efficace de Perrois a permis de fermer la porte et l’attaque s’est mise en marche, avec comme toujours un Pena très efficace (4 en 7) et en guise de feu d’artifice le grand chelem de Mattéo Pierre dans la 1ère manche du match 2. Et voilà les Boucaniers revenus à une seule victoire des Lions dans la course pour la 4è place. Avec quatre matches à jouer contre Metz et Béziers, La Rochelle pourrait tout à fait coiffer sur le fil Savigny qui devra se coltiner Toulouse et Rouen (même si les Lions ont un TQB favorable en cas d’égalité). Quel retournement de situation se serait pour des Boucaniers qui étaient en perdition il y a quelque temps avec cette vilaine série de 7 défaites consécutives !

Le grand slam de Mathéo Pierre
Il y a eu un grand gagnant, il y a aussi quelques perdants. C’est un peu dur de mettre Savigny dans cette catégorie, car les Lions ont encore une fois fait le spectacle. Personne ne s’attendait qu’une rencontre mettant aux prises les deux meilleurs lanceurs du championnat, Vera et Pena, se transforme en fête des frappeurs, avec 22 points marqués et 27 hits frappés. Personne, ou presque, ne s’attendait non plus à voir Montpellier perdre alors que les Barracudas avaient pris une solide avance de 3-0 après leur premier passage à la frappe. Mais Savigny a été exceptionnel de résilience, emmené par le duo Nunez – Acuna (9 en 20 et 5 RBI sur le week-end), mais aussi avec d’autres héros comme Lilian Amoros a son circuit de deux points qui coupa net la remontée des Barracudas, lesquels venaient d’égaliser à 10-10 en 6è manche. On pense aussi à ce triple de Désir avec deux retraits en première manche, qui faisait passer les Lions devant au score. Si on parle toutefois de perdant, c’est que Savigny pourra regretter de ne pas avoir su tenir le match 2, alors qu’ils avaient encore une fois réussi à revenir de l’arrière avec une poussée de 3 points en 4è manche. Mais les Lions ont leur destin en main, et ils ne sont jamais aussi forts que dans ces circonstances. Et s’ils se qualifient en série, il ne fera bon croiser leur chemin.

Autre perdant, Metz, qui est pourtant allé chercher avec les dents, au courage, en extra inning, sa 6è victoire de la saison. Mais cela ne lui laisse qu’un infime espoir. Celui de battre Montpellier en match en retard le week-end prochain avant de faire carton plein contre Sénart et La Rochelle, en espérant que les Templiers perdent aussi deux fois contre Béziers. On ne dit pas que c’est impossible, mais le pourcentage de probabilité est extrêmement faible, et il a fort à parier que les Cometz vont dire au-revoir à la D1, à moins bien sûr que le champion de D2 ne désire pas monter.
Béziers peut aussi être considéré comme perdant, au moins dans la course aux séries, parce qu’après tout, le premier objectif des Pirates était le maintien, et il est pratiquement assuré. Mais Béziers avait les moyens de viser plus haut et de se retrouver dans le top-4. Cette défaite en 11è manche contre Metz risque de peser lourd dans la balance au moment de faire les comptes. Mais tout reste possible là aussi, et en remportant leurs 4 derniers matches, les Pirates peuvent encore espérer se retrouver au milieu des gros bras du championnat, ce qui serait une performance de tout premier ordre, couronnant une saison qui, quoiqu’il arrive, aura été une vraie réussite.

Montpellier, de son côté, n’est ni gagnant, ni perdant. Les Barracudas vont très probablement terminer premiers de la saison régulière, et la double confrontation contre Savigny est à la fois inquiétante et rassurante. Inquiétante, parce que cela fait deux fois en trois matches que Vera se fait sortir tôt d’un match, et que la relève a flanché. Inquiétante aussi cette propension à commettre beaucoup d’erreurs, encore 5 dans le match 1. Mais Montpellier a montré aussi qu’il était prêt à la bagarre, car ce n’est pas simple de se remettre d’un score passant de 3-0 à 3-9. Les Barracudas sont forts dans leur tête, ils l’ont prouvé en renversant le match 2 qui aurait tout aussi bien pu leur échapper. Et le danger peut venir de partout : Bouniol et Monks (7 en 9) dans le match 1, Brossier et Flores (7 en 8) dans le match 2. Les Barracudas restent les favoris pour le titre, c’est incontestable.

Dans le rang des gagnants, on peut éventuellement glisser les Huskies, qui ont assuré leur place en play-offs, mais qui font preuve des mêmes difficultés à produire des points, à conserver une avance et à ne pas craquer dans les moments difficiles. En effet, les quatre dernières défaites de Rouen se sont toutes produites sur un walk-off, après que les Huskies aient pris l’avantage en cours de rencontre. Le 18 mai à Montpellier, Rouen menait 5-4 avant de prendre deux points en 9è manche sur 4 hits et un BB. Le 21 juin à La Rochelle, le score était 4-4 en 9è avant qu’une erreur et deux simples fassent la différence. Le lendemain au même endroit, c’était 5-3 pour Rouen avant un effondrement défensif, 4 erreurs dont la dernière sur un strike-out relâché et un lancer mal capté en première base. Et enfin samedi à Toulouse, c’était 2-2 avant que Delogu sorte la balle loin au champ droit avec Soriano et Mendoza sur les sentiers. Les Huskies ont su tenir se relever de cette nouvelle défaite difficile en s’imposant le lendemain, mais ils ne présentent pas toutes les caractéristiques d’une équipe en grande confiance.

Toulouse s’est lui aussi bien rapproché des séries avec cette belle victoire dans le match 1, où Saumande a encore excellé au monticule. Les prestations inattendues du jeune champ-extérieur au pitching auront joué un rôle très important dans la probable 3è qualification consécutive du Stade en demi-finales. Il reste certes à affronter Savigny et Montpellier, ce qui n’est pas reposant, mais Toulouse est largement capable d’aller chercher sa place dans le top-4. Deux victoires l’assureront, une seule pourrait suffire. Le Stade peut contenter sur ses vétérans frappeurs, qui ont encore répondu présent, mais on n’oublie pas le triple de Feliu contre Bellina, qui montre que tout le monde peut participer.
Les deux prochaines journées vont offrir très probablement un grand spectacle pour la qualification en play-offs. Le concepteur du calendrier 2025 mérite un coup de chapeau.
Francois Colombier
Credits Photos : Julien BARRIO
IG: Jujub_64 – Rs Clubs

