C’est un véritable déluge qui s’est abattu sur le terrain rouennais, quelques secondes après le dernier retrait de la demi-finale. Comme si le ciel normand, déjà très capricieux depuis quelques jours, voulait noyer la peine des Huskies, battus par une brillante et opiniâtre équipe de Montpellier. Après le challenge, voici la coupe d’Europe qui échappe aux rouennais. Deux objectifs annoncés en début de saison, deux échecs, la fenêtre de tir pour ne pas connaître une nouvelle année blanche commence à se réduire du côté des champions de France.

Rouen a perdu en raison une nouvelle fois d’errements dans les courses sur les sentiers, à l’image de Joris Bert qui tente d’étirer un double en triple et se fait retirer, ou, pire encore, en dernière manche, de MacKenzie retiré en souricière entre la 3 et le marbre. Dans des matches de ce niveau, chaque petit détail compte. Rouen n’a pas su transformer ces détails en réussite, au contraire des Barracudas.

Mais avant de revenir sur l’attaque de Montpellier, il faut saluer la performance d’Ozanich qui ne nous a pas semblé aussi dominant depuis longtemps. Peut-être que revenir sur le terrain de ses premiers succès, face à son ancienne équipe, lui a donné un boost d’adrénaline supplémentaire, en tout cas il a donné un clinic de pitching en prenant à la gorge l’attaque rouennaise et en ne la laissant pas respirer. La 5è manche fut à cet égard très révélatrice. Ozanich n’était pas à son meilleur dans cette manche. Il manquait un peu de contrôle, et monta à compte-plein sur les trois frappeurs qu’il affronta. Résultat, trois strike-outs. Il aurait pu craquer et mettre du monde sur les sentiers, il a serré les dents et fermé la porte. Une performance de haut niveau. Il laissa sa place à Quinonez en 8è manche, après avoir atteint le premier frappeur. Le releveur des Barracudas fut lui aussi dominant, en dépit d’une petite frayeur en 9è manche quand MacKenzie parvenait à devancer le relai de Flores et être sauf en 1ère base, puis se rendait en 2 sur un amorti sacrifice et en 3 sur un vol de base particulièrement risqué. Mais sans autre dommage, et le grand lanceur de Montpellier pouvait laisse exploser sa joie, et, semble-t-il, chambrer le public rouennais qui poussait fort derrière son équipe. On peut apprécier ou pas, mais laisser parler l’émotion, cela peut aussi parfois se comprendre.

L’attaque de Montpellier a donné deux points à ses lanceurs, et cela leur a suffi. Deux points qui ont été marqués à des moments clés, avec beaucoup d’opportunisme. Alors que Rouen venait de prendre les devants en 3è manche, Montpellier a aussitôt répliqué. Après deux retraits rapides, Flores frappait un double sur le 1er lancer et Bouniol, à compte plein, propulsait la balle au champ-centre pour créer l’égalité. Une réaction d’orgueil qui montrait bien que Montpellier n’allait pas s’en laisser compter. Le même Bouniol se retrouvait au cœur de l’action décisive en 7è manche, quand ça compte, quand il faut faire la différence. Il frappait un simple pour commencer et filait en 2 sur un amorti. Et ce que Rouen n’est pas parvenu à faire, Montpellier le réussissait : un simple de Doat donnait les devants aux Barracudas. Et la place en finale.
Les joueurs de Montpellier ont vraiment exulté à l’issue de ce combat passionnant et d’une excellente facture. Espérons simplement qu’ils n’ont pas déjà joué leur finale, et qu’ils seront se remobiliser. Parce que ce ne sera pas simple de faire tomber des Marlins qui n’ont connu aucune difficulté pour repousser les assauts des belges de Deurne. C’est un gros défi qui attend Montpellier, qui devra sans doute encore monter d’un cran ou deux son niveau de jeu. Après avoir démontré que, pour l’instant, ils dominent le baseball français, les Barracudas doivent devenir les maîtres en Europe. Ils ont les armes pour réussir l’exploit. Tout le baseball français n’attend que cela.
François Colombier

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