Savigny rugit à nouveau : 20 ans après, les Lions décrochent le Challenge de France
C’est un rugissement qu’on n’avait plus entendu depuis deux décennies. En mai 2025, les Lions de Savigny ont enfin mis un terme à 20 ans de disette en s’emparant du titre de champions du Challenge de France, au terme d’un parcours aussi impressionnant qu’inattendu.

4 matchs, 4 victoires. Deux par mercy rule dès les phases éliminatoires, une demi-finale marquée par un no-hitter historique, et une finale remportée avec sang-froid en profitant du moment clé et de la moindre faille adverse. Cette campagne victorieuse a été un modèle d’efficacité dans le format court des rencontres en sept manches, un format qui a incontestablement joué en faveur de Savigny cette année. Car dans des matchs en neuf manches, l’issue aurait peut-être été tout autre.

L’équipe, lanterne rouge du championnat de Division 1, s’est pourtant transformée en machine à gagner durant ce tournoi. Des outsiders métamorphosés en patrons. À la manœuvre : Evertz Orozco, MVP à l’unanimité, qui s’est offert un no-hitter magistral pour son septième printemps en D1. Une performance qui vient récompenser une carrière exemplaire et qui, au passage, offre aux Lions un trophée bien mérité.

Un titre, un signal fort aussi pour les dirigeants du club, qui espèrent que ce sacre donnera enfin le poids nécessaire à leur projet de nouveau terrain, réclamé depuis bientôt dix ans. Un tel succès ne peut qu’interpeller les décideurs locaux : il est temps de donner aux Lions un écrin à la hauteur de leurs ambitions.
Que c’est dur pour Metz !
Du côté de Metz, la pilule est plus dure à avaler. Finalistes pour la deuxième année consécutive, les Cometz espéraient transformer l’essai après une défaite acceptable en 2024. Cette fois, l’amertume est bien présente d’autant qu’ils jouaient à domicile devant leur public. Le tournant du match ? Une 5e manche décisive où Edward Paredès de Metz montre des signes de fatigue. Son coach Yeixon Ruiz monte sur le monticule, mais décide de le laisser affronter Yvan Acuna, coach adverse… et slugger redouté, incontestablement l’un des meilleurs frappeurs de la division 1 depuis plusieurs saisons. Résultat ? L’instant clutch échappe aux Cometz. Certains referont le match, se diront qu’un changement de lanceur ou un but sur balles intentionnel auraient pu changer le cours du jeu… Mais le baseball n’aime pas les regrets.

Le triple d’Ivan Acuna
Les autres équipes : des ténors en berne, un Petit Poucet en feu
Toutes les lumières sont braquées sur Savigny, champion surprise de cette édition 2025 du Challenge de France. Mais derrière cette belle histoire, d’autres récits se sont écrits — souvent en demi-teinte, parfois en coulisses, et pour certains, dans un silence assourdissant.

Toulouse et La Rochelle ? Fidèles à une triste habitude. Une fois de plus, les deux équipes sont passées à côté de la compétition. Le Challenge ne semble décidément pas leur terrain de jeu. Manque d’intensité, absence de révolte, et une élimination sans éclat.
Rouen, lui, inquiète. Éliminé dès les phases de poules pour la deuxième année consécutive, le club le plus titré de France quitte une nouvelle fois la scène par la petite porte, sans bruit et sans panache. Le poids du palmarès ne fait plus illusion quand les résultats ne suivent plus. Une remise en question semble inévitable.
Sénart, de son côté, est tombé les armes à la main. Battus d’un souffle par Montpellier, champion 2024, les Templiers ne sont pas passés loin. Mais en sport, la gloire ne se mesure pas à la distance du but manqué, et l’élimination reste une élimination. Rageante, mais réelle.

Montpellier, justement, n’a pas su hausser le ton. Là où l’an dernier les Barracudas avaient su se transcender, ils sont cette fois restés trop sages, incapables de faire la différence face à des adversaires mieux préparés et plus affamés.
Mais si certains mastodontes se sont écroulés, un vent de fraîcheur a soufflé du côté de Béziers. Les Pirates, pour leur première participation au Challenge, ont renversé les pronostics et déjoué la hiérarchie. Une qualification en demi-finale acquise en sortant tout simplement le club le plus emblématique du baseball français. Une épopée inattendue, un scénario de conte : Béziers s’offre un vrai baptême de feu et une place au soleil dans une compétition où peu les attendaient.
Le contraste est saisissant : les géants tanguent, le petit pousse. Et c’est peut-être là que réside le vrai charme de ce Challenge 2025.
Une organisation saluée à l’unisson

Au-delà de la performance sportive, l’organisation méticuleuse du tournoi à Metz a marqué les esprits. Bénévoles, officiels, élus locaux : tous ont été salués pour leur engagement. L’image de la haie d’honneur formée par les bénévoles pour saluer les joueurs messins à la sortie du terrain restera gravée dans les mémoires. Le président David Ten Eyck peut être fier : sur le terrain comme en coulisses, son leadership a été exemplaire.
Les remerciements
Mention spéciale aussi aux arbitres, aux scoreurs, aux responsables techniques, et — il faut désormais y penser sérieusement — aux professionnels de la photo et de la vidéo. Car si le streaming devient le premier vecteur de visibilité pour ces compétitions, il va falloir hisser le niveau. La retransmission, bien que poussive en début de tournoi, s’est améliorée avec les jours. Mais pour rivaliser avec les standards européens, il faudra respecter les priorités et dans l’ordre : réseau solide, commentaires pédagogiques, cadrages efficaces.
Savigny en route vers l’Europe
Grâce à ce sacre, les Lions décrochent leur ticket pour la Coupe d’Europe 2026. Et si Montpellier ou Rouen brillent lors de l’édition 2025 en juin, ils pourraient même ouvrir la voie à un nouveau cycle européen pour Savigny. Les Lions, enfin, retrouvent leur fierté et peuvent viser plus grand.
Crédits Photos : Clubs Savigny et Metz

